Id., ibid
3. Sur la Guirlande de Julie, voy. V. Cousin, la Société française au dix-septième siècle, t. Il, p. 37-39, et Ch.-L. Livet, Précieux et Précieuses, où elle est réimprimée avec une Notice, p. 383 et suiv. Dans son édition des Précieuses ridicules (p. xxiii), M. Livbt nous apprend le premier que cette fameuse Guirlande avait été composée à l'imitation d'une autre guirlande, célèbre en Italie, dont il cite le titre : la Ghirlanda délia contessa Angela Bianca Beccaria, contesta di madrigali di diversi autori, raccolti e dichiarati dal sig. Stefano Guazzi, etc. Gênes, 1595, in-40.
4. Sur son rôle dans la société précieuse, voy. A. EouRGOiy, Va* lentin Conrart, chap. viii.
l'importance que la société des Samedis donnait à ces puérilités et le sérieux qu'elle y apportait. Singulier contraste avec les énormes romans, ces métaphores en dix volumes, que la présidente du cercle publie à partir de 1649, dont les travestissements antiques nous semblent aujourd'hui si ridicules, et où les comersations de l'hôtel de Rambouillet, qu'ils prétendent reproduire, sont certainement gâtées par la diffusion, la subtiHté, le romanesque fade, la manie de dogmatiser, dont le nom de Mlle de Scudéry est devenu synonyme.
' Avec les sociétés secondaires de Paris et de la province, on tombe véritablement dans la niaiserie et le grotesque. L'art de la conversation, qui ne saurait exister sans variété et sans liberté, se perd dans les dissertations, tantôt puériles, tantôt prétentieuses. Rœderer résume ainsi ce que l'abbé de Pure nous apprend à ce sujet : « On examine à qui, des sciences ou de la poésie, appartient la prééminence. On agite la question de savoir si l'histoire doit être préférée aux romans, ou les romans à l'histoire. On demande quelle est la liberté dont les femmes jouissent, et ont droit de jouir dans la société et dans la vie conjugale : la liberté préconisée à cette occasion est plus près de la domination que de l'mdépendance... Une Précieuse fait l'éloge de Corneille, une autre lui préfère Benserade, poète plus galant et homme de cour. Une troisièm^e prend le parti de Chapelain. Chez les Scudéry, on disserte sur Quinault; et l'on est partagé sur son mérite : il est, selon les uns, un bon auteur, selon les autres un mauvais. 11 arrive une autre fois qu'une Précieuse pleure un ami, et se met tout à coup à disserter sur la douleur; elle prétend que la douleur doit avoir pour objet de faire revivre le plaisir qu'on a goûté avec le défunt. Une antagoniste s'élève contre ce système, dans le(îuel elle ne trouve que de la barbarie. Les questions sur la langue sont innombrables; elles viennent à- tout propos. Je ne sais qui de Somaize ou de de Pure cite une belle Précieuse qui ne permet pas de dire J'aime le melon , parce que c'est prostituer le mot j'aime, et qui n'autorise pas au delà du mot j'estime pou»* cet usage i. »
Le faux goût devient alors une dangereuse maladie d'esprit • conlagieuse comme toutes les modes, qui se répand de plus en plus. La préciosité est une sorte de culte, avec ses tem