Œuvres de Molière, t. II, p
3. « C'est évidemment une faute d'impression de dire : Mademoi" selle de Rambouillet y était; lisez Madame. En lfi59, il n'y avait plus de mademoiselle de Rambouillet. Des cinq filles de ^ime de Rambouillet, trois étaient religieuses, la quatrième était Mme de Montausier, la cinquième et la plus jeune était mariée depuis un an au comte de Grignan. » (Rœdicrer, p. 165-66, note.)
4. C'était une sœur de Julie d'Angennes , et une Précieuse renforcée. Elle était allée passer quelque temps chez son beau-frère M. de Montausier, en Angoumois : « Il y eut bien des gentilshommes mal satisfaits d'elle. Une fois elle dit tout haut à quelqu'un qui venoit de la Cour : « Je vous assure qu'on a grand besoin de quelque > rafraîchissement, car sans cela on mburroit bientôt ici. » Il y eut un gentilhomme qui dit hautement qu'il n'iroit point voir M. de Montausier tandis que Mlle de Rambouillet y seroit, et qu'elle s'évanouissoit quand elle entendoit un méchant mot. Un autre, en parlant il elle, hésita longtemps sur le mot d'avoine, avoine, aveine, avene. « Avoine, avoine, » dit-il, «c de par tous les diables! on ne sait com- » ment parler céans. » (Tallemant, t. II, p. 531.) Elle avait épousé en 1658 le comte de Gn^nan et mourut en 1664; le comte de Grip:nan, veuf une seconde fois, épousa en troisièmes noces Mlle de Sévigné. Tallemant prétend (t. VII, p. 227) qu'elle fut «. un des originaux des Précieuses >. Il se peut que son souvenir se soit présenté u la mémoire de Molière écrivant sa pièce, mais, certainement, il ne songeait pas à une application directe.
» vis, il nous faudra brûler ce que nous avons adoré, et ado- » rer ce que nous avons brûlé. > Cela arriva comme je l'avois prédit, et l'on revint du galimatias et du style forcé dès cette première représentation ^ » Cette conversion peut paraître un peu brusque; Ménage resta précieux et pédant longtemps encore après la pièce, assez pour que Molière le mît directement en scène, douze ans plus tard, sous les traits de Vadius, dans les Femmes savantes. 11 se peut, cependant, qu'il ait tenu en substance le propos dont il se fait honneur, et qu'il arrangea sans doute plus tard, lorsque l'auteur des Précieuses fut devenu le comique de génie reconnu par tous les contemporains et que lui-même se fut résolument déclaré son admirateur. C'est, du reste, chez lui un trait de caractère que la facilité avec laquelle, si promptement irritable et « sottisier » qu'il pût être, il oubhait, dès que le prétexte d'une réconciliation s'offrait à lui, aussi bien les injures qu'il avait reçues que celles qu'il avait lancées. Mais, ce- qui est hors de doute, c'est la faveur avec laquelle Mme de Rambouillet et ses amis accueillirent la mordante satire dirigée contre les maladroites imitatrices qui les compromettaient en prétendant les continuer 2. Elles avaient vu certainement avec mauvaise humeur ces contrefaçons vulgaires de leurs passe-temps favoris. Elles surent gré au poète de couper court, par la vigueur même de son attaque, à toute confusion.
Ce qui n'est i)as moins certain 3, c'est que Molière visait nettement Mlle de Scudéry et son cercle. Les allusions contre ses romans, la satire de ses ridicules ou de ceux de ses amis reviennent à chaque instant dans les Précieuses; le Cyrus et ses héros y sont nommés par leur nom, la carte de Tendre* y fait l'objet de toute une tirade; c'est à elle qu'est empruntée la théorie de Magdelon sur « l'incongruité > d'une trop prompte demande en mariage^, etc. Tout dans les Précieuses dément cette surprenante affirmation, défendue par Cousin avec une chaleur et une abondance d'arguments dignes d'une meilleure cause, que, « loin d'attaquer Mlle de