Voy. ci-dessus, p. 13, n
dans Corneille, dans Racine', dans Molière lui-même. Le service rendu par Molière à la littérature française fut, comme on Ta vu 2, d'interrompre le développement d'un genre devenu détestable et dangereux, d'en restreindre l'influence jusqu'à n'être plus, au lieu de la règle, qu'une exception, d'ouvrir les yeux du plus grand nombre sur ses ridicules^, de balayer le terrain, suivant l'expression de Sainte-Beuve, et de faire la place nette pour la grande littérature. Mais le précieux subsistait; il ne pouvait disparaître tout à fait, puisqu'il tenait à l'essence même du génie national. Sous les coups de Molière, il se cache, comme Itonteux de lui-même, et aussi par crainte de la satire, se renferme dans des coteries étroites et fermées, et attend pour reparaître des temps
1. Voy., dans l'Étude préliui inaire de réditlon des Précieuses ridi' cilles de M. Livet (p. xxiv et suiv., xl et suiv.), de curieuses citations de ces trois écrivains, qui montrent bien, ainsi groupées et commentées, qu'eux aussi ont subi, dans une certaine mesure, l'influence bonne ou mauvaise de l'esprit précieux. Ajoutons cependant que nous ne saurions admettre toute entière la tbèse que soutient le savant éditeur et faire avec lui de Molière un auxiliaire des Précieux et des Précieuses de cour, adoptant et propageant leur langue ; voy., du reste, ci-après, p. 74).