Voy. ci-dessus, p
6. En dehors de la poésie, où il mérita pleinement le ridicule gue Boileau jeta sur lui. Chapelain était un homme d'un vrai mente. Très instruit, avec beaucoup de bon sens et un goût sûr, il fut pour Colbert, selon l'expression de Sainte-Beuve [Port-Royal, t. III, p. 558), un bon « Premier Commis de la littérature »; homme d'honneur, bienveillant et sûr, comme Boileau le reconnaissait volontiers [Sât. IX), il s'acquitta consciencieusement de la mission qu'il avait reçue de dresser la liste des pensions littéraires, et n'en exclut pas ceux qui l'avaient violemment attaqué.
7. Ceci est douteux ; la prose de Chapelain est ferme, nette et d'une très bonne langue. On peut en juger par ses Lettres, que publie M. Tamizey de Larroque, 1880, in-8.
8. « Nous ne trouvons rien de semblable dans les Mémoires de Retz, et nous ne voyons pas où il aurait pu le dire ailleurs. » (E. Despois.)
9. Ceci serait plus vrai du salon de Mlle de Scudéry; voy. cidessus, p. 25 et suiv.
La pièce est sans intrigue et toute de caractère. II y a très peu de défauts contre la langue, parce que, lorsqu'on écrit en prose, on est bien plus maître de son style, et parce que Molière, ayant à critiquer le langage des beaux esprits du temps, châtia le sien davantage *. Le grand succès de ce petit ouvrage lui attira des critiques que VEtourdi et le Dépit Amoureux n'avaient pas essuyées. Un certain Antoine Bodeau ^. fit les Véritables précieuses : on parodia la pièce de Molière. Mais toutes ces critiques et ces parodies sont tombées dans l'oubli qu'elles méritaient.
On sait qu'à une représentation des Précieuses ridicules un vieillard s'écria du milieu du parterre : « Courage, Molière I voilà la bonne comédie ^ » On eut honte de ce style affecté, contre lequel Molière et Despréaux se sont toujours élevés. On commença à ne plus estimer que le naturel, et c'est peut-être l'époque du bon goût en France.
L'envie de se distinguer a ramené depuis le style des précieuses: on le retrouve encore .dans plusieurs livres modernes *. L'un, en traitant sérieusement de nos lois ^, appelle un exploit un compliment timbré.
1. Il y eut à la fin du dix-septième siècle et au dix-huitième le plus injuste préjugé cantre la prose de Molière; on connaît les critiques beaucoup trop sévères de La Bruyère (Des ouvrages de Vesprit, 38), de FÉXELON {Lettre à l'Académie), de VauvenargueS {Réfl. crit., 4). On l'apprécie mieux aujourd'hui, tout en reconnaissant que la i-apidîté de l'exécution y a laissé forcément un assez grand nombre de négligences.
2. Antoine Bandeau, sieur de Somaize; voy. ci-dessus, p. 35-40.