‹ Les précieuses ridicules; comédie. Nouv. éd., conforme à l'éd. originale, avec les variantes, une notice sur la pièce, le sommaire de Voltaire, un appendice et un commentaire historique, philologique et littéraireChapitre 44 sur 155 · Sur cette anecdote, vny, ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Sur cette anecdote, vny, ci-dessus, p

4. Voy., sur la recrudescence du précieux dès la fin du dixseptième siècle, ci-dessus, p. 47. — Au lieu de ces derniers mots, on lit dans la première édition de la Vie de Molière : a dans plusieurs auteurs célèbres ». Tout ce qui suit, jusqu'à : « Ce style a reparu... », manque dans la même édition. Cette suppression était une de ces mesures de çrudence dont les œuvres de Voltaire offrent tant d'exemples : son livre avait pour censeur Fontenelle, dont on va voir deux phrases critiquées.

5. Jacques de Tourreil, membre de l'Académie française, connu surtout par de médiocres traductions de Démosthène et d'Eschine.

L'autre ', écrivant à une maîtresse en l'air, lui dit: « Votre nom est écrit en grosses lettres sur mon cœur... Je veux vous faire peindre en Iroquoise, mangeant une demi-douzaine de cœurs par amusement.» Un troisième ^ appelle un cadran au soleil un greffier solaire ; une grosse rave, un-phénomène potager. Ce style a reparu sur le théâtre même où Molière l'avait si bien tourné en ridicule ^ Mais la nation entière a marqué son bon goût en méprisant cette affectation dans des auteurs que d'ailleurs * elle estimait.

La périphrase citée par Voltaire se trouve dans ses Essais de jurisprudence (1694, p. 46) : « Protagoras... met en campagne M. Loyal avec un compliment timbré. » Plus loin (p. 163), professant pour le style de la basoche le même dédain que Philaminte {Femmes savantes, V, 3), il appelait un notaire» un confident du public, un de ces hommes établis pour traduire nos volontés en jargon authentique ». Racine (lisait de lui : « Le bourreau! il fera tant qu'il donnera de l'esprit à Démosthène. » (Pellisson et d'Olivet, Hist. de l'Académie françn'tse, édit. Livet, t. II, p. 110.)

1. Fontenelle, dans ses Lettres galantes {Œuvres diverses, 1724, t. II, p. 362 et 367, Lettre à Mlle de I***) : « Il est écrit en grosses lettres sur mon cœur, comme sur la Pomme de Discorde : A la plu.3 aimable. » — Lettre à Mlle de V*** : « Il faut qu'on vous peigne en Iroquoise.-.il ne sera pas mal de mettre devant vous une douzaine ou deux de cœurs, dont vous mangerez quelqu'un par manière d'amusement. »

2. La Motte, dans la Montre et le Cadran solaire {Fables, III, 2) et dans ^a Rave (V, 19).

3. Allusion à Marivaux, que Voltaire n'aimait pas; il eut avec lui une querelle fort vive et l'appelait volontiers « le néologue ». Vov. notre ouvrage sur Marivaux, sa vie et ses œuvres, p. 87-90 et 299-300.

LES

PRËCTEIISES RIDICULES

PEEFACE

C'est une chose estrauge ', qu'on imprime les gens, malgré eux 2. Je ne vois rien de si injuste, et je pardonnerois ' toute autre violence, plustost * que celle-là.

Ce n'est pas que je veuille ^ faire icy' l'autheur'' mo-

1. Du latin extraneus, étranger {extra, hors, dehors), d'où Vs étymologique.

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