‹ Les précieuses ridicules; comédie. Nouv. éd., conforme à l'éd. originale, avec les variantes, une notice sur la pièce, le sommaire de Voltaire, un appendice et un commentaire historique, philologique et littéraireChapitre 45 sur 155 · Voy. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, p

3. Telle fut jusqu'au milieu du dix-huitième siècle la forme des terminaisons verbales en ai. Elles se prononçaient oué ou ouè. Dès 1668, le grammairien Lesclache proposait sans succès de les écrire ai, pour conformer l'orthographe à la prononciation. En 1675, un avocat au Parlement, Bérain, n'était pas plus heureux. Grâce à son immense autorité littéraire, Voltaire réussit enfin à faire admettre ai par l'usage. Voy. A. Chassang, Gr. fr., par. 13 et 108.

4. Ancienne orthographe, de plus et de tost, celui-ci venant de lostus, « par assimilation avec la rapidité de la flamme». (Littré.)

5. Employé dans l'orthographe française depuis le seizième siècle, le tréma servait soit à marquer que Vu devait avoir une prononciation distincte (comme aujourd'hui dans ciguë), soit, comme ici, à distinguer Vu voyelle de Vu consonne ou v; ainsi on écrivait souvent vue, nûe, orgueil.

6. Depuis le milieu du treizième siècle jusqu'à la fin du dixseptième, l'y s'employait beaucoup plus fréquemment que de nos jours. On s'en seçvait non seulement, comme aujourd'hui, pour représenter deux i, mais on l'employait assez régulièrement pour l'i simple à la fin des mots, dans les groupes de voyelles, et au commencement et au milieu des mots pour rendre l'écriture plus lisible. Voyez A. Darmesteter et A. Hatzfeld , le Seizième Siècle en France, p. 205, par. 32. Selon La Mothe le Vayer [la Promenade, dial. I), cette substitution tiendrait aussi beaucoup au caprice des calligraphes et des imprimeurs : « L'i final, dit-il, étoit trop simple et mal propre à recevoir l'ornement des paraphes ou bravoures dont la queue de l'y est susceptible. »

7. L'/ï est ici faussement étymologique, le latin autorem (comme

deste, et mépriser par honneur* ma comédie 2. J'offenc8rois3 mal à propos tout Paris, si jei'accusois d'avoir pu* applaudir à une sottise : comme le public est k juge absolu de ces sortes d'ouvrages, il j auroit d( l'impertinence à moy, de le démentir, et quand j'au rois eu la plus mauvaise opinion du monde de mef Précieuses ridicules, avant leur représentation, je doij croire maintenant, qu'elles valent quelque chose, puis^ que tant de gens ensemble en ont dît du bien^ : mais

auctorem) n'en ayant pas. En général, au moyen âge, on suivait l'orthographe phonétique, c'est-à-dire qu'on écrivait les mots comme ils se prononçaient, en n'employant que le nombre de lettres strictement nécessaire pour exprimer les sons. Au contraire, lorsque les premiers grammairiens, du quatorzième au seizième siècle, surtout au seizième, voulurent fixer les règles de l'orthographe, ils s'efforcèrent de l'établir sur rétymologie, et, par erreur, ils multiplièrent les lettres outre mesure; ainsi, ils écrivaient sçavoi?', croyant le mot dérivé de sci7'e, tandis qu'il vient de sapere, recepvoir, dehvoir, etc., sans se douter que le p et le t) de recipere et de dehere étaient déjà représentés dans ces mots par le u, etc. Voy. Chassang, Gr. fr.. par. 434, notamment p. 497-498, et Darmesteter et Hatzfeld, le Seizième Siècle en France, p. 194-200.

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