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CHAPITRE PREMIER

Fondement de lastrologie scientifique, | science naturelle d'observation.

e Le principe de sa méthode. Critiques portées contre elle.

L’astrologie à pour objet les « correspondances » réelles (directes ou indirectes) qui peuvent exister entre les astres et nous ou ce qui nous entoure.

… Telle est la définition qu’on a toujours et partout donnée à l’astrologie au cours des siècles. Et il n’y en a pas d’autre à lui trouver dans un sens général, en tant qu’astro- logie véritable. Plus spécialement on a désigné par le mot « astrologie » tout court l’étude des correspondances entre l’ homme (pris en général ou en particulier) et l'aspect du ciel sous lequel 1l naît. Ce fut là, à proprement parler, … l'astrologie généthliaque et judiciaire des anciens. C’est la seule dont je m'occupe, et c’est en réalité celle qui a se été. le nœud de toutes les controverses sur ce terrain Ë depuis l'antiquité. Ï1 s’agit ni plus ni moins de savoir si “ ie ciel de naissance a une valeur distinoipe pour les carac-

Mais le principe et la méthode qui m'ont servi à étudier cette astrologie restent les mêmes pour toutes les astro-

die Pa

pondances réelles et objectives entre les astres et les événements terrestres envisagés.

Dans tous les cas, si l’on veut traiter la question scientifiquement, il faut la reprendre ab ovo, à cause de toutes les considérations arbitraires et confuses qui l’ont faussée au cours des siècles. C’est pourquoi une définition inattaquable, comme celle qui précède, m’a toujours paru la première chose à poser.

Je ne puis ici rééditer tous les détails de l'exposé concernant les « correspondances naturelles » quelles qu’elles soient — et la correspondance astrale en particulier (1).

Je veux néanmoins en donner, une fois encore, la défimtion s'appliquant à toute connexion causale ou concomitante sur le terrain des faits : « il y a correspondance entre tel aspect astral et telle faculté humaine — ou événement humain — quand les hommes qui présentent cette faculté — ou cet événement — ont, dans leur ciel de nais-

sance, l’aspect astral en question plus fréquemment que

les autres hommes ». Îl ne saurait donc être question ici « d’analogie » vague ou de donnée arbitraire, puisque cette définition équivaut à elle seule à un mode de vérification expérimentale. À bien considérer la chose, toute connexion naturelle entre signe et chose signifiée en est là et se ramène, comme critère, à une différence de fréquences expérimentales — ou pourcentages — que les statistiques valables permettent seules de mesurer impartialement. On peut donc dire, dans un sens général : « Si l’on envisage une catégorie quelconque d’êtres dont plusieurs présentent

(1) La loi de relation; L'éducation psychologique; Les probabilités en science d'observation ; Introduction à la psychologie comparée ; L'influence astrale et les probabilités ; Essai de psychologie astrale ; Le calcul des probabilités appliqué à l'astrologie.

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certains signes particuliers, pour savoir si le signe est bien réellement l'indice d’une prétendue chose signifiée (et par suite en relation positive avec elle), il n’y a qu’un moyen : c’est de s’assurer que les êtres qui offrent cette prétendue chose signifiée possèdent le signe en question plus fréquemment que les autres êtres, Point n’est besoin qu'ils le présentent toujours, car 1l n’y a pas de loi sans exceptions ». Exemple : Jupiter au Milieu du Ciel (c’est-àdire dans le méridien supérieur) est un des signes de prédisposition à devenir célèbre, parce que les gens célèbres (1) présentent ce signe environ deux fois plus souvent que les gens quelconques (les fréquences étant établies d’après des statistiques valables). Et il est bien évident que si aucune « correspondance » n’existait entre l'aptitude à la célébrité et l’aspect de Jupiter, il n’y aurait pas de motif pour constater ici deux fréquences distinctes. J’ai pris une fois de plus cet exemple parce qu'il est un des plus simples à exposer ; mais il y en a beaucoup d’autres plus démonstratifs en tant que précision scientifique. Ainsi le passage de Mars sur la position zodiacale du Solerl

(1) Je ne reviens pas ici en détail sur l’objection qu’on m'a souvent faite à propos du « choix des célébrités » : j'envisage ici tous ceux qui sont arrivés à une notoriété justifiée par leurs œuvres. Peu importe qu'on veuille subdiviser ensuite cette statistique en plusieurs autres, celle des politiciens, des artistes, des savants, etc. Le problème restera toujours le même. En outre, l’objection du caractère « trop général » ou « trop dissemblable » des èas retenus pour les célébrités ne saurait disqualifier d'avance une statistique. Si la statistique est vaine, elle se disqualifie d'elle-même par l'absence d'écart probant cherché dans les fréquences ; et si cet écart est trouvé réel, c’est la preuve (et la seule preuve impersonnelle) que l’ensemble du choix des cas retenus n’était pas vain. Cette question a été traitée depuis 190% à plusieurs reprises dans nos divers travaux, et définitivement mise au point dans La Méthode statistique et le bon sens en astrologie {ouvrage en préparation).

no

de la naissance se trouve environ deux ou trois fois plus fréquemment à la mort qu'aux autres moments. Autrement dit, la fréquence astronomique normale de cette rencontre qui est de 5,5 pour 100 a été constatée égale environ à 10 à 15 pour 100 pour les cas de mort.

Peu importe ici qu’on cherche quelles notes mortifères pouvaient avoir les 85 individus restés pour compte, en dehors des 15 qui comportaient le passage de Mars sur le Soleil. Ces 85 individus n’en sont pas moins « morts » pour cela ; mais ils sont morts pour d'autres causes. La mort, en effet, en tant que chose concrète, diffère avec chacun de nous et dérive de causes très diverses (astrales ou non). Je n’ai donc pas plus à savoir comment « sont morts » ces 85 individus que je n’ai, dans le cas précédent, à savoir comment « sont devenus célèbres » ceux qui, soumis à la statistique, n’avaient pas, à leur naissance, Jupiter au Milieu du Ciel. Quoi qu'il en soit, j'ai le droit de dire (les statistiques étant valables, cela va de soi), que le passage de Mars sur la position solaire de la naissance est un des indices de mort, au même titre que j'ai le droit de dire que Jupiter au Milieu du Ciel de naissance est un des indices de la célébrité. Parce que si l’influence astrale était chimérique, aucun écart manifeste de fréquences ne serait ici à constater. Une même prédisposiion innée, aussi bien qu’un même événement humain, peut ainsi comporter un assez grand nombre d'indices concordants. Pour chacun de ces indices, j'aurai à répéter l'expérience et le raisonnement qui précèdent. Voilà pour la théorie basée sur les faits (1). |

Quant à l'application aux ciels interprétés, c’est affaire

(1) Essai de psychologie astrale, chap. rv et v (Alcan, édit., Paris).

de convergence d'indices — ou résultante — qui fournit alors toute une échelle de précisions dans les conjectures à faire — en admettant qu’on travaille sur des données exactes et une naissance normale, choses assez souvent incertaines.

Mais les « erreurs de données », je l’ai montré, n’empêchent pas d'établir la loi, justement à cause des statistiques valables qui sont faites pour les éliminer — les erreurs, dans ce cas-là, ne faisant qu’amoindrir un peu l'écart probant des fréquences (écart souvent révélé malgré ces erreurs). [Il en est exactement de même pour les erreurs d'appréciation dans le choix des cas retenus en statistique. C’est là un des principes es$entiels de la méthode des statistiques comparées qu’il ne faut jamais perdre de vue. Ceux qui ne sont pas au courant des statistiques tendront toujours à répliquer « qu’on fait dire aux statistiques tout ce qu’on veut», — ce qui est vrai quand on élude leurs conditions fondamentales de validité. — Mais il suffit de bonne foi et d'attention pour « faire dire aux statistiques » des choses justes. Et point n’est besoin pour cela d’être un mathématicien.

Vous affirmez, dira-t-on, qu'une fréquence calculée par vous est égale à 5 pour 100 pour tel facteur astral. Or, peut-être un autre statisticien en trouvera-t-il une toute différente. Et peut-être vous-même, en procédant différemment, obtiendrez-vous des chiffres discordants, — ainsiqu’on me l’aobjecté à propos demes misesau point successives fondées sur des procédés divers de dénombrement qui étaient à perfectionner (1). — C’est là, en effet, toute

(1) Voir, entre autres questions, celle du dénombrement des fréquences de similitudes en Hérédité astrale; ici mes fréquences du début

la question, et il ne faudrait pas avancer l’objection avant de savoir comment on y a répondu, et s’obstiner à rester dans le vague quand il est facile de voir clair et de préciser. Si je prends comme exemple le facteur astral correspondant à la conjonction de Jupiter avec le Milieu du Gel (à 100 près), la théorie astronomique montre qu’on a pour la fréquence normale de sa rencontre 5,5 pour 100 dans un ciel quelconque. Et la pratique concorde absolument. Autrement dit, le pourcentage de la conjonction (dans les ciels de naissances quelconques) donne expérimentalement la même fréquence, et point n’est besoin d’opérer sur des mulliers de cas pour le constater — sans quoi il faudrait renoncer à toute recherche de loi utihsable en science d'observation. Le « grand nombre », en statistique suffisamment homogène, stabilise évidemment la fréquence ; mais, pour les facteurs très mobiles comme le précédent (dont le cycle est d’une journée), quelques centaines de cas seulement suffisent pour arriver à une fréquence voisine de 5 à 6 pour 100. Cette constatation est impersonnelle et peut se répéter autant qu’on veut. Il ne faut donc pas dire que la fréquence obtenue est « arbitraire », pas plus que celle de 9 à 10 pour 100 que j'ai constatée par le même moyen en opérant sur des gens ayant acquis une « célébrité justifiée par leurs œuvres » (d’après un millier de cas environ), au lieu de prendre des gens quelconques (qui m'ont donné sur 200 cas 5 pour 100).

À bien examiner la chose, la définition expérimentale et à sens contrôlable donnée pour la «correspondance astrale »

qui étaient trop fortes ont été rectifiées en 1922 d’après un procédé de dénombrement aussi impartial que possible (L’astrologie et la logique, chap. 1x ; et L'influence astrale et les probabilités).

it

est celle de n'importe quelle connexion naturelle ayant une « valeur en soi ». Comme je l’ai déjà exposé, elle montre un caractère commun à toute loi naturelle, car une loi expérimentale se fonde toujours sur les fréquences comparées. Sa condition nécessaire et suffisante — son critérium par conséquent — se réduit à un écart probant de fréquences ; écart qui peut varier entre 0 et 100 suivant l’espèce de loi, les circonstances, et toutes les causes parasites susceptibles de l’atteindre et de la modifier vis-à-vis de nos

observations, On pourra discuter à perte de vue sur la

variété des lois et la difficulté de les contrôler d’après cette définition.

Mais cette « définition-là », c’est du granit et nul n’a pu l’attaquer encore. Et, ce qui est le plus étonnant, c’est que personne — ou presque personne — n’en ait fait encore état dans les discussions astrologiques modernes, peut-être parce qu’elle est trop simple et nouvelle et qu’elle se prête difficilement aux discussions vagues qui offrent facilement des portes de sortie; — mais notons bien qu’il n’y a de «simple », en science, que ce qui a été « simplifié ». Et ce qui fait la valeur de la définition précédente, c’est

qu'une fois qu’on l’a saisie, 1l n’est plus possible d’en conce-

voir d’autre pour la «correspondance astrale ». La méthode de recherches s’ensuit alors naturellement.

Malgrétout, la «conspiration du silence» vaut quelquefois autant qu'une critique officielle, quand elle résulte d’une hostilité sourde qui est incapable de se justifier, et quand

elle a trait en même temps à une vérité que tout le monde

peut contrôler, et qu’une foule de chercheurs contrôlent sans cesse depuis de longues années. C’est le cas ou Jamais de dire ici que « la vérité sait attendre »,

Quant aux statisticiens modernes de l'astrologie, ils

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marchent déjà sur cette voie comme en terrain conquis ; ainsi qu'il était à prévoir, ils laissent dans l’ombre l’origine et la mise au point de la question, comme si c’était là une « évidence » connue de tout temps et indigne de discussion. Et cela, sans paraître se douter le moins du monde des longues années d’étude et de réflexion qu'il a fallu pour sortir l'astrologie du chaos des sciences occultes et y introduire les statistiques et probabilités — c’est-àdire le bon sens expérimental! — Mais il y a inconvénient à introduire ainsi la statistique en astrologie sans muse au point philosophique; car c’est laisser croire aux adversaires antiscientifiques que la statistique n’est qu’une « méthode à part » — ce qui équivaut dans le fond à une absurdité. — J’ai montré ailleurs (1) comment la définition précédente — ou plutôt le principe — de la connexion est à la base de toute loi naturelle, ce qui fait rentrer l'astrologie dans les sciences naturelles d’observation.

Le « fait astrologique », dès lors, ne sera pas la « réussite d’une prédiction » — où la part entre l'intuition du juge et la valeur soi-disant de son appui est à peu près impossible à démêler. Le « fait astrologique » — et il faut un « fait spécial » à toute science autonome — sera l’écart probant de fréquences d’un même facteur astrologique entre deux catégories distinctes d'individus.

Il est clair, en effet, que si l’astrologie n'’offrait que des symboles illusoires, un facteur comme la conjonction de Jupiter avec le Milieu du Ciel, qui se présente environ o fois sur 100 dans les ciels de naissances quelconques, devrait toujours donner un pourcentage sensiblement le

(1) Les probabilités en science d'observation ; Introduction à la psychologie comparée (Alcan, édit., Paris).

| . même pour n'importe quelle catégorie d'individus (groupés - d’une façon homogène ou non au point de vue psychole-

gique). C’est justement — ainsi qu'il est facile de le cons-

… iater — parce qu’il ne le donne pas, que l'influence astrale

est réelle et l’astrologie justifiée.

Et c’est aussi à cause de la valeur démonstrative,

claire et péremptoire de l’argument, que celui-ci a été

invariablement éludé jusqu'à présent par la critique hos-

tile qui redoute tant la précision. Celle-ci se dérobera,

sans doute avec un « pourquoi » relatif au fait précédent

sans soupçonner la vanité de tous les « pourquoi » sur le

terrain positif (1). Car avant de songer à expliquer un fait, il est obligatoire de savoir le définir et le prouver.

Considérée sous ce jour, — ce qui ne fait que préciser la conception ancienne, — l'astrologie est bien une «science», car elle est faite de relations naiurelles et démontrables. Elle est « autonome » aussi, car le fait astrologique (variable à l'infini), sur lequel elle repose, possède tou-

jours le caractère spécial de correspondance astrale avec

nous ou ce qui nous entoure. Ce fait n’est réductible à aucun autre, si ce n’est au fait général de toute connexion scientifique sur le terrain expérimental. Et, en réalité, il a le caractère de tous les faits observables scientifiquement dont le critérium de réalité est toujours un contraste d'ordre sensoriel, géométrique ou numérique qui

frappe notre entendement (Ici contraste de nombres

exprimant deux fréquences). De là résulte cette tendance, si répandue aujourd’hui, à transposer en courbes figuratives les résultats de nos observations scientifiques, parce que rien ne frappe, en tant que « contraste », comme

(1) Veir Les objections contre l'astrologie, chap. vir.

les continuités et discontinuités graphiques faites pour nous révéler une loi.

Mais il faut se garder d’un écueil dans cette voie : c’est

que la transposition graphique des données de l'expérience. . — en statistique, par exemple, — evagère parfois um

contraste qui n’a rien d’évident dans la réalité. Aussi, lorsqu’on perd de vue la mise au point philosophique d’une question et son fondement direct sur le bon sens, on arrive vite à se noyer dans les formules mathématiques et les graphiques, ce qui peut conduire à donner un vêtement scientifique aux choses les plus insignifiantes sinon à des

erreurs. Nous en avons aujourd’hui des exemples nom- .

breux chez les « constructeurs de courbes » qui se croient dispensés de toute mise au point philosophique dès

qu'ils ont imaginé un schéma qui frappe les veux, —

ce qui ne veut d’ailleurs pas dire que toute construction

de courbe est inutile. — Ce «schéma», souvent basé sur les

statistiques les plus vaines, ils arrivent parfois à le consi-

dérer comme la découverte d’une véritable « loi ». En déclarant que l'astrologie est une « science », Je sais aussi bien qu’un autre l’abus qu’on a fait du mot

«science » dans les divers domaines de nos connaissances ;.

maïs je demande à ceux qui nient que l’astrologie est entrée dans sa « phase scientifique » de dire exactement ce qu'il lui faudrait de plus pour pouvoir progresser, et être une «science » au même titre que la médecine par exemple? — Seraït-ce parce qu'elle n’a pas encore une bonne presse ? — À moins d’en faire une question de mode et de publicité, je ne vois pas du tout comment ils s’y pren-

dront, et j'attends leur critique. Mais jeiles prie de ne pas

éluder les arguments fournis, comme l’a fait, par exemple,

Ch. Richet dans la Revue métaphsychique (n° de janvier

Ÿ 2% x ue î 1 | 1928), où l’auteur se débat au milieu d’objections péri- -mées (1). La science médicale n’a pas d’autre critère que l'astrologie, en tant que loi, car, en définitive, elle se ramène à l’étude des correspondances entre telle maladie et telle mesure prise pour la guérir.

Or, il est bien évident que si telle « mesure » est jugée meilleure qu’une autre (ou meilleure que l’absence de mesure), c’est que, toutes proportions gardées, les malades traités guérissent nueux et plus fréquemment d’après elle qu'autrement. Sans quoi, quelle valeur aurait la « mesure prise ? )

Le critère d’un «bon traitement médical » ne peut donc résider que dans un « écart de fréquences » encore. Et, quand le principe en question n’a pas l’air d'intervenir directement, c’est que nous faisons appel à d’autres lois déjà enregistrées d’après ce principe.

. Point nest besoin d’ailleurs que « l’écart de fréquences » — c’est-à-dire de « pourcentages » — critère de la loi, soit égal à 100 ou voisin de 100, Il suffit qu'il soit réel pour que la loi existe ; ce qui fait rentrer toutes les lois réelles (variables, fixes, ou sensiblement fixes) dans la catégorie générale des lois naturelles d'observation qui, au fond, sont toutes plus ou moins « variables » pour nous, et cela, non seulement d’après des interférences pouvant les annuler à nos yeux ou d’après des causes parasites capables de les obscurcir, mais en raison de l’imperfection de nos mesures. Ajoutons aussi notre ignorance sur l'inconnu qui peut intervenir vis-à-vis des conditions requises pour que la manifestation de la loi ait bien lieu.

Ainsi quand on prétend qu’ « une maladie est hérédi-

{1} Voir pour les réponses : Les objections contre l’astrologie.

taire », on n’a Jamais entendu par là que 100 pour 100 des enfants de parents atteints de cette maladie en sont atteints eux-mêmes (puisque la plus simple observation peut prouver le contraire, du moins pour certaines maladies): on veut dire que, «toutes proportions gardées, les enfants présentent plus fréquemment cette maladie s'ils sont issus de parents qui en sont atteints, que de parents qui ne le sont pas ». Aucune loi, en hérédité, ne pourrait d’ailleurs être prouvée autrement. Il ne s’agit pas là de «vue personnelle », comme quelques-uns certainement se plairont à l’objecter pour se dérober. Il s’agit d’un principe essentiel sur lequel nous nous basons tous — le plus souvent à notre insu — pour juger n'importe quoi ; 1l importe donc de le préciser clairement afin de savoir s’en servir. Or, ce sont les probabilités (fondées sur les fréquences expérimentales provenant de statistiques valables) (1). qui en permettent seules, ici, une application juste et précise. Et toute discussion désormais qui éludera ce principe se réduira à une bataille de mots dans le vide.

En résumé, l’astrologie est fondée d’après le principe même de toute loi scientifique d'observation, parce qu’on constate que certains d’aspects d’astres, à la naissance, sont manifestement plus fréquents chez certaines catégories que chez d’autres. Elle a donc droit de cité scientifique en tant que science d'observation, parce qu’elle se fonde sur des relations positives, et reproductibles autant qu’on veut sous forme impersonnelle, — relations mul-

(1) Les conditions de validité d’une statistique en astrologie ont été traitées longuement ailleurs : Les probabilités en science d’observalion, chap. 1, 1v, v; Le calcul des probabilités appliqué à l’astrelogie, chap. 111; L'influence astrale et les probabilités, chap. iv et vit; Essai de psychologie astrale, livre 1, chap. v, etc.

2e Et res

tiples dont il est impossible de fixer la limite & priori.

Quant à ses applications aux diagnostics et pronostics, c'est là une question différente à traiter, et qui ne peut se fonder que sur les convergences de probabilités concernant les lois de relations qui justifient auparavant la science astrologique. |

Dans tous les cas l’astrologie n’a pas plus à être définie « l’art de prédire l'avenir » que la chimie à être définie « l’art de prédire les combinaisons des corps entre eux ».

De même que ces combinaisons chimiques ne peuvent être établies que par l’expérience, de même les présages astrologiques — si présages possibles 1l y a — ne peuvent se fonder que sur des relations astrales étudiées dans le passé. Le reste est affaire d’intuition plus ou moins mystérieuse pouvant s’adapter à l’astrologie comme à toute chose.

Quelques-uns, atteints de la maladie du néologisme en même temps qu'inquiets du ridicule attaché au mot « astrologie » par les ignorants, auraient voulu remplacer ce mot-là par un autre. Une enquête fut même faite en 1927 sur l'opportunité d’un « vocable nouveau pour l'astrologie (1) ». Je ne reviens pas sur le détail des objections qu’elle a soulevées et que j'avais d’ailleurs analysées déjà en partie en 1924 (2).

Qu'il me suffise de dire ici que le terme d’ « astrologie » a été employé depuis l'antiquité, bien que certains auteurs anciens se soient servis, à la place, des mots « astronomie, mathématique, art des Chaldéens », etc., tout cela étant d’ailleurs subtilité de philologue ou d’érudit.

(1) Voile d’Isis (numéro de janvier 1928).

(2) L'influence astrale et les probabilités, chap. xr.

Saint Augustin, Saint Thomas d'Aquin, tout le Moyen âge et l’époque moderne ont vécu sur le mot « astrologie » pour désigner les correspondances entre les astres et nous, en ce qui concerne surtout l'étude de l'inégalité originelle des hommes entre eux, d’après le ciel de naissance.

Dès qu'il s’agit d’astrologie, on ne peut donc pas plus éviter de prononcer son nom qu’on ne peut s’abstenmir de parler de son histoire. Ce nom doit donc être conservé parce qu’il est juste en tant qu’étymologie, et parce qu’il a été employé par les meilleurs astrologues. Il doit être en outre maintenu pour éviter les équivoques (qui tendent à prendre corps) faites pour oublier qué la science officielle a été, sur ce point, induite en erreur. Un changement de nom ici ne serait donc qu’une concession faite aux ironistes et aux ignorants qui en ont caricaturé le sens. El ne pourrait donc qu'amener des malentendus nouveaux.

En vérité, il semble plus intéressant de chercher à l’astrologie des définitions précises, des preuves et des lois, ainsi qu'une méthode propre à les révéler, que de chercher un vocable nouveau pour elle ; car ce n’est pas en changeant les mots qu’on peut prouver une science ou la réfuter.

Il vaut mieux la regarder en face avec l’aide de notre outillage scientifique moderne, en restant sur les positions de la critique rationnelle et du bon sens.

La vraie science n’est pas faite d’ « attitudes ». Elle doit toujours jouer franc jeu et être indépendante des modes et des milieux — et aussi de l'intuition de ceux qui s’en servent (ce qui est un autre sujet traité ailleurs (1).

L’astrologie véritable ne s’apprend pas d’une façon

1) Voir Les rapports entre l'astrologie et la métapsychique.

; Lvresque, mais par V Gbécrr ation approfondie de la one Toutefois, l'astrologie naturelle et scientifique comporte “une assez longue liste de précurseurs, depuis l'antiquité, qu'il n’est pas permis de passer sous silence. Les plus Fe dignes d’être retenus parmi les écrivains sont Ptolémée, es Saint Thomas d'Aquin, Képler, Gauric et Morin de Villefranche. Leurs œuvres, certes, renferment des erreurs en tant que méthode comme en tant que faits, mais leurs préceptes généraux ont une justesse on peut dire immuable en tant que relation naturelle entre les astres et nous. C’est à la science moderne, avec le perfectionnement de es procédés, d'apprécier et de rectifier les détails de ces __ œuvres; dans le fond, il n’y a pas d’antinomie à créer entre elles et les nôtres, ainsi que nous le constaterons plus loin. | Mais il se passera sans doute encore du temps avant que la science officielle revise les jugements qu’elle a formulés contre les grands savants astrologues des temps passés, jugements qui sont aussi indignes d’elle que d’eux. W,. James se plaisait à faire cette remarque qui reste toujours vraie pour les découvertes de la science, et qui s’applique également à la renaissance d'idées anciennes :

Toute doctrine nouvelle traverse trois états. On l'attaque Len la déclarant absurde ; puis on admet qu’elle est vraie et évidente mais insignifiant. On reconnaît enfin sa véritable importance et ses adversaires réclament l’honneur de l'avoir découverte.

Pour lastrologie scientifique, ï est hors de doute, À chez ceux qui suivent la question, que « l’état d’absurdité » : tend à MÉPRRUEs et que, dans un avenir peut-être rapproché, il n’y aura plus « d’absurdes », à ce propos, que les négations de parti pris ; en tout cas le deuxième «état» commence déjà à se substituer au premier, comme plu-

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sieurs articles récents le prouvent, à propos des faits que J'ai avancés.

Pour certaines critiques, du moment qu’on n’envisage pas le « déterminisme absolu » comme conséquence de l’astrologie, on n’est plus d’accord avec la « tradition ». Mais que font-ils alors de l’opinion unanime de tous les astrologues anciens — Ptolémée, saint Thomas et Képler entre autres — qui ont mis en garde contre cette accusas tion fausse portée contre l'astrologie?

Un critique du genre sérieux qui signe M. M. G. dans la Revue des sciences philosophiques et théologiques (1), — d’ailleurs respectueux pour l'astrologie — écrivait récemment à propos de mon livre Les objections contre l'astrologie:

La correspondance que P. Choisnard établit entre le ciel et la destinée individuelle est toute relative. Ainsi disparaissent toutes les objections qui en réalité ne s’adressaient qu’à l'astrologie de déterminisme universel: pourquoi. les enfants nés le même jour qu'Homère, sous le même ciel, ne furent-ils pas tous des Homère? ete.

Il suffit de connaître les précurseurs de l’astrologie scientifique pour s’apercevoir à cé propos que la plupart des critiques anciens ou modernes ont bataillé contre des chimères, puisque aucun astrologue n’a admis le « déterminisme absolu ». Un article d’un autre genre, à propos d’une de mes dernières études (2), demande :

À quoi peut servir une science qui consiste à savoir si ceux qui sont nés sous des ciels analogues se ressemblent plus que ceux qui sont nés sous des ciels différents (3) ?

(1) Numéro de janvier 1929.

* (2) Les preuves de l'influence astrale sur l'homme (Alcan, édit., aris).

(3) Robert Lesage, dans Livres et revues du 12 janvier 1928.

À quoi peut servir une science qui prouve ce fait et qui en part? Mais autant de demander à quoi peut servir une science qui prouve que le ciel de naissance à une valeur distinctive pour nous — ce qui est précisément le centre des débats sur l'astrologie depuis l’antiquité.

Quant à la portée du «fait » astrologique en question, j'en ai déjà écrit assez long pour n’accepter qu’une discussion bien posée qui consente à tenir compte, sans fauxfuyant, des arguments avancés. Les critiques qui ont quelque chose à nous apprendre à ce sujet n’ont d’ailleurs qu'à accepter l’enquête que j'ai proposée dans mon livre des Objections contre l'astrologie, et qui reste toujours ouverte à n'importe quel adversaire de bonne foi qui consentira à exposer nettement son opinion.

L'article précédemment cité mentionne ensuite le fait d’ « hérédité astrale », en vertu duquel les ciels de parents offrent des similitudes astrales plus fréquentes que ceux des gens sans parenté. Puis, 1l conclut avec une assurance détachée : « À supposer même que les statistiques de M. Choisnard aient prouvé ces deux observations (valeur distinctive pour l’homme de son ciel de naissance, et loi d’hérédité astrale) nous ne voyons pas pourquoi sous forme de conclusion 1l ose affirmer, sans en donner la moindre preuve, que l’impression manifestée par les astres s’exerce sur nous... » « Sans en donner la moindre preuve ? ».. Mais quelle « preuve » alors peut-on envisager pour ou contre l’influence astrale spécialisée sur chaque homme ?

Le critique a-t-1l d’abord une définition meilleure que la mienne à donner pour l'influence ou « correspondance astrale », base de l’astrologie ? Or, comment admettre — mes statistiques étant supposées valables — qu'aucune « preuve » de cette correspondance n’en résulte, si tout le

monde peut constater manifestement que « tel aspect astral est plus fréquent chez telle catégorie d'individus que chez telle autre », que « les ciels de parents ont des similitudes plus fréquentes que les non-parents », ou encore que « le passage de Mars sur la position solaire de naissance est plus fréquent à la mort qu'aux autres moments? »

N'y a-t-1l pas contradiction flagrante à dire que « les statistiques avancées ici peuvent être justes sans que l’influence astrale soit réelle ? » — En disant que « l'influence astrale s’exerce sur nous à la naissance et au cours de la vie », je ne fais aucune hypothèse : j’exprime simplement en langage philosophique les faits d'expérience constatés, Parlons franchement comme il convient en science :

l'écart probant des fréquences (que fournissent les statis-

tiques valables) est ou n’est pas. Si cet écart est réel, c’est que l'influence astrale est réelle aussi, et s’il n’est réel en aucun cas, c'est que l'influence astrale est illusoire. Je ne reviens pas sur le détail de l’exposé (1). Le bien-fondé de l’astrologie s’en déduit.

La contradiction qui précède vaut celle de Jacques Brieu (2) qui niait et affirmait maloré lui, dans la même page, la loi d'hérédité astrale en disant « qu’il n’était pas étonnant qu'on trouvât plus de similitudes astrales de naissances entre parents qu'entre étrangers, puisque les parents se ressemblent en général par quelque côté», et qui affirmait, quelques lignes plus loin, le caractère illusoire de l’hérédité astrale, en prétendant que « des fréquences de similitudes astrales pareilles et aussi nombreuses pouvaient être constatées entre gens sans

(1} Voir Les objections contre l'astrologie, chap. xur (2) Ancien rédacteur au Mercure de France.

d Le a ue : profession. Tout ue montre l'incohérence à laquelle on arrive quand on se refuse à. discuter posément en partant de définitions claires et de faits précis sans éluder la logique qui les relie, — choses que l «attitude » et les « bons mots » ne peuvent remplacer de attitude en science ne sera Jamais un argument, — surtout l'attitude qui consiste à représenter la « logique » comme étant vieux jeu ou une simple qualité littéraire çà part D; car la « logique » ne peut être traitée ainsi que | par ceux qu’elle condamne.

Un article du même genre que le précédent — quoique moins malveillant — prétendait récemment que « la science astrologique paraît d’une utilité pratique assez médiocre... et qu’elle devrait se laisser guider comme une : parente pauvre par la biologie (2) ».

À l’époque où Galvani découvrait les lois électriques et s ’attirait le surnom de « maître de danse des grenouilles », on aurait pu tout aussi bien dire que la science de l’électricité était d’un médiocre intérêt pratique, et qu’elle était ainsi une « parente pauvre de la biologie », malgré ses effets curieux sur les nerfs des grenouilles mortes... Si quelqu’ un avait alors parlé de es à ce propos, il eût passé’ pour fou.

H ya loujous lis Ne, sinon ae à vouloir

son début, Ponte l’histoire d sciences le prouve. î Mais nous n’en avons pas fini, certainement, à voir la critique s "ingénier à diminuer le fait astrologique désor-

1) Voir L’Influence astrale et les DrObah iles chap. x. (2) Article signé F. H. dans l’Jllustration du 18 février 1928,

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mais prouvé! Et mieux il sera prouvé aux yeux de tous, plus la critique hostile et sourde s’épanouira au milieu des contradictions où elle se noiera — comme je l'ai signalé depuis longtemps. — Au lieu de peser les raisons, les négateurs se contenteront de prendre des airs avantageux pour mettre en doute les faits qui ne sont pas de leur goût, quelque irréfutables qu’ils puissent être. |

Le « deuxième état », — celui de | «insignifiance » — indiqué par W. James est donc loin d’être dissipé, d’autant plus qu'il se superposera longtemps encore au premier — celui de | «absurdité ». — Cela tient à ce que l'astrologie scientifique n’est pas seulement une question nouvelle à traiter, mais une mise au point logique pour une vérité très ancienne qu'on s’était plu à ridiculiser — chose qui augmente beaucoup la difficulté de la faire. admettre. | | |

Quant au « troisième état », — celui de | «importance . reconnue », — il n’est pas près d’arriver encore, du moins pour le grand public et le monde officiel — ce qui d’ailleurs n’empêchera pas l'astrologie scientifique d'avancer et d’intéresser de plus en plus les esprits lucides et indépendants. — Et pourtant, aucun esprit réfléchi ne saurait nier, dans son for intérieur, l’ «importance » de la vérité astrologique, en face de l’histoire autant qu’en face de la science et de la philosophie. Aussi allons-nous certainement assister, de ce côté-là, à l’une des phases les plus curieuses de l’évolution des connaissances humaines et de la revision de leur histoire.

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