‹ Les précurseurs de l'astrologie scientifique et la tradition (Ptolémée, Saint Thomas d'Aquin et Képler)Chapitre 7 sur 14 · AS RETE PE RE · texte numérisé non relu

AS RETE PE RE

FP expérience. | Saint Thomas lui-même avait déclaré « qu’en philo- 1 Boohie l'argument d'autorité est le plus infime de tous (1). S'il en est ainsi en philosophie, il en est de même à fortiori dans la science. | On ne saurait donc se borner (au nom du thomisme luimême) à invoquer Saint Thomas pour avoir raison sur tous les points, ni même pour légitimer « en droit » l’existence d’une « science astrologique ».

__ Une science ne saurait se fonder sur des vraisemblances ou sur des possibilités : elle doit partir de définitions nettes et de certitudes — soit du domaine mathématique, soit du domaine de l’observation des phénomènes.

ourrait être « légitime en droit », sans être « légitime en fait », et cela en laissant supposer que la philosophie peut rester étrangère à ce débat qui ne la regarderait pas. Aucune attitude, il me semble, ne pourrait être plus en désaccord que celle-là avec la logique de saint Thomas.

I n’est donc pas possible, au point de vue de la philo- | sophie comme à celui de la science, d’opposer une fin de

Il n’y a donc pas, en réalité à envisager une science qu

A côté des thomistes insuffisamment renseignés sur l’astrologie — et c’est la majorité — quelques-uns au courant de l'astrologie scientifique ont approuvé sans réserve mes remarques et conclusions sur Saint Thomas. Voici ce que m’écrivait en 1926 un théologien (père rédemptoriste), après la lecture de Saint Thomas et l'influence des astres ; 1l fait de l'astrologie scientifique depuis 25 ans :

J’ai particulièrement étudié dans Saint Thomas l’influence astrale.…. Je connais la méthode vraiment scientifique avec laquelle vous avez abordé et résolu les questions astrologiques... Si vous avez étudié les passages où Saint Thomas traite de l’astrologie dans la Somme théologique, dans la Somme contre les gentils et dans ses Opuscules, il ne vous reste rien à découvrir sur la pensée du docteur angélique... Saint Thomas

a été mon maître pour la philosophie de l astrologie. RE F4 astro-.

logie véritable est une science qui permet de se bien connaître et d’orienter judicieusement ses facultés natives.. C’est une œuvre d’apologie thomistique que vous faites par vos savantes publications, en démontrant le bien-fondé de la science astrale. Vous avez bien dégagé la pensée de Saint Thomas sur l’astrologie et vos conclusions s’imposeront aux esprits réfléchis. Il y en a encore.

Chez les thomistes ignorant l’astrologie on a généralement voulu affaiblir la portée des opinions astrologiques de Saint Thomas, en déclarant que « le rôle de la théorie astrologique de Saint Thomas n’est point du tout aussi capital que j'ai voulu le montrer (1) », et cela sans la moindre démonstration.

Il faut ou ignorer tout de l’astrologie, ou bien ignorer la métaphysique de Saint Thomas pour penser que celui-ci a attribué à linfluence astrale un « rôle secondaire ».

(1) Revue thomiste de Saint-Maximin (numéro du 1€ août 1926, article anonyme).

ef

PA dd

Car pourquoi aurait-il parlé avec tant d’insistance (sans crainte de se répéter maintes fois) du «rôle de l’influence

des corps célestes ? » Et cela précisément sur les points essentiels de sa métaphysique : à propos, par exemple, la « matière informée », de la notion scolastique de la « forme », de la façon d’envisager les êtres de la nature comme des « instruments des corps célestes » (chose qu’il ne se lasse de répéter), de la « nécessité » et du « libre arbitre », de la « divination » et de la « science des conjectures rationnelles », etc., etc. Je prie ceux qui en douteraent de relhre attentivement les extraits que j'ai donnés (1), en y joignant l’Opuscule XXX de Saint Thomas (sur « les opérations occultes de la nature »).

Non, il ne peut être exact de présenter la doctrine astrologique de Saint Thomas comme « secondaire » et «indépendante de sa doctrine métaphysique». Il faut donc se résoudre à étudier l’astrologie, si l’on veut en parler et être capable de bien poser la question. Tous ceux qui, à ma connaissance, ont étudié l'astrologie et Saint Thomas l'ont compris et sont tombés d’accord là-dessus.

Je ne crois pas devoir insister iei sur une objection de « latuuste » qui m’a été adressée de plusieurs côtés : à savoir que la traduction de Lachat, sur laquelle je m'étais en principe basé, est défectueuse en plusieurs points — ce que J'avais d’ailleurs constaté moi-même en y remédiant de mon mieux. — Maïs aucun latiniste — seule chose qui importe ici — n’a pu encore montrer, dans la traduction que j'ai adoptée, une erreur capable de modifier en quot que ce soit la thèse soutenue.

Et cela s’explique aisément : pour les quelques centaines

(1) Voir Saint Thomas d'Aquin et l'influence des astres (Alcan, édit.)

Page 1