EDMOND DE D\^TER
lude le travail qu'il avait entrepris sur l'histoire du Brabant^ il se retirait chez les chanoines réguliers de Corsendonck^ près de Turnhout (^),
De Dynter eut le bonheur, bien rare alors, de puiser les matériaux de sa Chronique des ducs de Bràbant dans les dépôts les plus authentiques.
Tous les actes publics qui concernent les trois derniers siècles, à partir de l'époque de l'empereur Henri V et de Godefroid le Barbu, duc de Lothier et de Brabant vers l'an HOO, sont tirés des archives des princes au service desquels il avait été attaché, ou des collections de chartes des provinces et des communautés religieuses, qui ne pouvaient que favoriser les recherches du secrétaire ducal, excité à ce travail par Philippe le Bon.
De Dynter nous a transmis ces actes dans toute leur intégrité. Arrivé, dans son sixième livre, à l'année 1400, dès le règne de son premier maître, le duc Antoine, le chroniqueur participe en personne à plusieurs événements de l'époque, et se trouve placé fort avantageusement pour les connaître et les apprécier. Ce sixième livre s'arrête vers Tannée 1442 et est resté inachevé à cause de la mort de l'auteur (17 février 1448) 0-
Ses premiers livres n'ont pas le même mérite, il y reproduit souvent des récits fabuleux. L'auteur ne devient réellement maître de son sujet que dans le quatrième, parce que les documents authentiques abondent pour lui.
Ce fut en 1447 que de Dynter présenta sa chronique à Philippe le Bon. Le nombre considérable de copies faites pendant trois siècles du manuscrit de de Dynter atteste suffisamment le prix qu'on y a toujours attaché. Ce qui prouve d'ailleurs combien son ouvrage était estimé non seu-
(*) De Ram, p. xxv-xxviii.
(') Nkli8, Beifficarum r^um Prodromus, Antv., 1790, p. 33 et 34. — De Rbif- FBNBER6, fftstotre des troubles des Pays-Bas, par Van der Vynckt. Brux., 1822, t. l, p. XX. — De Ram, p. xxviii et xxix.
lement (]«iiis les provinces belges, mais aussi en Allemagne, c'est que, depuis trois siècles, les historiens n'ont pas cru pouvoir puiser à une meilleure source {^).
La chronique de de Dynter a été traduite par Jean Waoquelin, Montois f) ou Picard, calligraphe, traducteur, historien, littérateur et secrétaire particulier de Philippe le Bon. Wauquelin était de l'école de Froissart, dont il avait étudié et transcrit les œuvres. Son style même rappelle quelquefois la gracieuse simplicité du vieux langage de rimmortel historien valenciennois. A ce titre, le traducteur de de Dynter mérite une place distinguée parmi les écrivains qui, au xvi* siècle, florissaient à la cour des ducs de Bourgogne.
Wauquelin a, d'ailleurs, traduit encore d'autres ouvrages, et il paraît même qu'il fut un excellent rimeur f).
Ceux qui aiment à surprendre le génie des peuples et le caractère des siècles dans les lois des diverses époques consulteront avec fruit le recueil (^ de Pierre à Thymo ou Van der Heyden f), chanoine et trésorier de l'église de Sainte-Gudule en même temps que syndic ou conseiller-pensionnaire de la ville de Bruxelles.
Ce recueil, ou plutôt celte histoire diplomatique du Brabant est une des plus étendues et des plus exactes qui aient paru sur nos annales.
On y trouve encore çà et là, surtout au commencement, quelques traits apocryphes qu'il faut moins imputer à l'auteur qu'au siècle où il vivait, et qu'il a cru, dans un autre manuscrit, devoir corriger ou supprimer; ce qui fait à la fois l'éloge de son exactitude et de son discernement f).
(*) Voy. les preuves apud Nklis, p. 33-37. — Conf. Dh Ram, p. xcv.
(*} Ce qui est certain, c'est qu'il demeurait à Mons et qu'il y mourut en 1453.
(') Dr Ram, p. xcix-cxii.
(*) Publié par do Reiffenberg sous ce titre : Pétri à Thymo, HistotHa Brabmiiùc diplomatica, Bruxelles, 1830.
(*) Né en 1393, à Gierle, dans la province d'Anvers, arrondissement de Tumhout. mort à Bruxelles, le 26 février 1473.
(0} Dk Nklis, p. 45.