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saient au monde sous le masque de la religion et qui séduisaient le peuple f).
Cependant, on a trouvé quelque différence entre les béghards et les béguins, et voici les opinions qu'on attribue à ces derniei s : « Il est contre la perfection évangélique de posséder quelque chose en commun; le pape, conséquemment, ne peut pas donner dispense aux religieux ayant fait vœu de pauvreté de garder du froment et du vin dans leurs monastères pour l'usage commun ; l'état des frères mineurs est plus pai'fait que celui des évêques; il n'est pas permis au pape de dispenser d'un vœu fait absolument, quand même ce serait pour le bien de la paix et pour la conversion de quelque peuple à la foi chrétienne f). » Mais il importe de ne pas confondre les béguines et les béghards belges avec ceux de la France, de l'Italie, de l'Allemagne, de la Pologne et du pays de Liège, qui, après avoir été anathématisés par les évêques, les papes et les conciles, furent totalement exterminés f).
Il est vrai qu'au commencement du xiv^ siècle, quelques « Hypocrites », sous le nom de lollards, se répandirent dans le Hainaut et dans le Brabant et parvinrent à convertir des femmes de la noblesse; mais, je le répète, c'était là, chez nous, un fait exceptionnel {*).
Dans Anvers et Louvain, nos béghards, qui avaient d'abord fait le métier de tisserands, enseignaient le grec, le latin et les belles-lettres f). A Maestricht, leur couvent devait son origine à une association de drapiers qui s'étaient réunis pour vivre et pour travailler en commun. On croit qu'elle
(') De Beausobri:, apnd Lenkant, t. II. p. 342 ot 343 et ibid. les sources.
('2) Lenfant, p. 31.
FoppENS, Histoire ec clési astique des Pays-Bas (Manuscrits de la bibliothèque de Bourgogne, n° 10441;. — Diiïrcx.^ens, t. II, p. 154 et suiv. — Papebroch, Annales Antvcrpienses, Antv. 1845. t. I, p. 74, 75, 90-93.
(■*) Chapeauville, Gestor. jjontif. Leod. scriptoreSyt. Il, p. 350. — Gieseler, t. II, p. 219.
(") HoYNCK VAN T'apendrecht, aiiuh'cta bcJgica. Hageborn, 1743, t. I, 1, p. 66. — GiESEi.ER, t. II, 2, p. 367-370.