‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-Bas (volume 4)Chapitre 28 sur 72 · SA LUTTE CONTRE RLOEMAUDINE · texte numérisé non relu

SA LUTTE CONTRE RLOEMAUDINE

l'action sur ciix-nièiiios, c'est-à-dire en obtenant une conscience pure (')... »

Ruysbroeck ne s'était pas élevé seulement contre Bloeniardine, mais encore contre d'autres sectaires de son temps. Cependant, conune Bloemardine avait de nondjreux partisans, il s'attira leur haine et se vit tourner en ridicule par les chansons satiriques dont ils fiient résonner les rues de Bruxelles ("^.

Le duc Jean III de Brahant ayant accordé à l'un des trois ecclésiastiques la propriété de l'ermitage de Groenendael, du grand étang contigu et de quelques antres terrains, à condition d'y élever une habitation pour cinq religieux, dont deux au moins devaient être prêtres, le 17 mars 1544, l'évêque de Trébizonde consacra l'oratoire de la nouvelle communauté, qui, cinq ans après, adopta l'habit des chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin et élut Ruysbroeck son prieur. Elle s'était constituée sur le modèle de la congrégation de Richard de Saint-Victor a Paris.

Quant à Ruysbroeck, il était peu lettré et il acquit simplement par l'expérience la connaissance de cette théologie mystique où il excella ; ce qui fut une raison de plus pour qu'on le regardât comme un inspiré. Aussi attira-t-il dans son ermitage des personnages considérables, des docteurs et des professeurs distingués. Gérard Groot, le célèbre fondateur de l'institution des frères de la vie eommune, à Deventer, eut avec lui des entretiens dont il fut édifié et qui le convertirent à ses doctrines f).

L'action de Ruysbroeck fut puissante aussi sur l'Alsacien Jean Tauler, célèbre mystique allemand, surnommé le docteur sublime et illuminé, qui s'illustra par ses prédications populaires à Cologne et à Strasbourg, depuis surtout qu'en-

{'j ExGEi.HARDT, Tticharcl ton Sl-Victor und Johannes Rv.ysbroeck, Erlangen, lvS38, p. 224 et suiv. — Conf. Van Even, De Katholiek, t. XXV, p. 289 et suiv. (*) Henné et Wauters, Hist. de Bruxelles-, t. I, p. 535. ('j Id., ibid., p. 535.

RUYSIiUOECK ET LE MYSTICISME.

courage par Ruysbroeck, il eut renoncé à la scolastique pour se livrer tout entier à la mystique. Ses sermons, comme ses ouvrages d'éducation, se distinguent par la profondeur des pensées, par la sincérité de la foi, par un zèle ardent pour la morale, par des tours ingénieux et par beaucoup d'originalité dans le langage (').

Moins orthodoxe, toutefois, et plus hardi que Ruysbroeck, Tauler brava les foudres du Vatican, qu'il s'était attirées par la véhémence de ses paroles. On sait l'action immense qu'il eut sur la théologie allemande et sur un des principaux adeptes de cette théologie, Jean Staupitz, père intellectuel de Luther.

Au moyen âge, les sermons de Tauler étaient copiés et étudiés dans nos couvents f). L'influence de leur auteur se maintint chez nous jusqu'au xvif siècle, où il illumina le génie mystique de Yan Helmont (^.

Ruysbroeck avait l'habitude de mettre ses inspirations par écrit en se promenant dans la forêt de Soignes. « Un jour qu'un religieux le cherchait, étonné d'une absence qui s'était prolongée plus qu'à l'ordinaire, il le trouva assis sous un tilleul dont le feuillage lui paraissait entouré de rayons. Cet arbre, qui avait commencé à dépérir, reprit une nouvelle vigueur vers l'an 1600 (^). «

Entouré de vénération et comblé d'années, qualifié d'illuminé et de divin, Ruysbroeck s'éteignit le 2 décembre 1581. Suivant les légendes du couvent, sa mort fut, comme sa vie, accompagnée de prodiges.

Son corps fut enterré dans l'enceinte de la chapelle du monastère; mais, en 1386, Jean 't Serclaes, évêque de Cambrai, le transféra dans le chœur de la nouvelle église. Le 8 octo-

(') Ullmann, p. 35 et suiv., p. 223 et suiv. — Biographie universelle et Répertoire cité, art. Tauler.

(*) MoNTYN, Geschiedenis der hervormiiig in de Nederlanden , t. I, p. 87. (3) RoMMicLAi'RE, Étiidcs sur J.-B . Van Helmont, Mém.covir. Acad., 1868, p. 9. Henné et Wauters, Hist. de Bruxelles, p. 536.

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