‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-Bas (volume 4)Chapitre 39 sur 72 · I.KS l UKRES DE L.V VIK COM.ML.NE · texte numérisé non relu

I.KS l UKRES DE L.V VIK COM.ML.NE

bonorum pueroriim), sous la direction de quelques chanoines; mais elle était devenue un réceptacle de femmes publiques {piiblicarum mulierum rcccptaculum). Réformée par un frère de Deventor, sous l'épiscopat de Jean de Heinsberg (1424-1428), elle prospéra quelque temps, puis retomba dans la plus scandaleuse inmioralité. L'évèque la changea en un couvent de Windesheim.

En 1495, il s'établit à Liège une maison d'Hiéronymîtes, sur le modèle de celle de Bois-le-Duc, là même où est aujourd'hui l'université. En 1521, cet institut comptait 1,000 élèves, des rangs desquels sortit Jean le Plaisant, de Saint-Trond, auteur d'un poème en vers sur les aventures d'un moine gras : Pngiia porcorum. En 1581, les Jésuites s'emparèrent de l'établissement et de ses revenus (').

Dans leur école de Liège, les frères essayaient, au moyen de l'étude des anciens et de l'introduction de £2;rammaires plus rationnelles que celles du moyen âge, de débarrasser la langue latine des barbarismes dont elle était alors encombrée. Ils donnèrent à leurs écoles une organisation très remarquable pour cette époque de tâtonnements et de recherches; ils furent les premiers peut-être en Europe à dresser le plan d'un enseignement divisé en stades progressifs, reliés entre eux par l'unité du but. Quoiqu'elle fût incomplète et imparfaite sous plusieurs rapports, cette organisation valait cependant mieux que l'absence de plan et le morcellement des forces; elle reposait sur des principes vrais : l'unité de la méthode et la marche progressive d'une instruction formant un ensemble j égulier. L'école des frères, qui, conformément à l'esprit du temps, mettait en première ligne l'enseignement du latin, était divisée en huit classes : dans la première, alors la plus basse, les élèves apprenaient à lire et à écrire, à décliner et à conjuguer; dans les trois suivantes, on leur enseignait les différentes parties de la

C^) Delpkat, p. 170-173.

l';C()Li:S DES l'RKUES KN REI.Ciiyi I,

graniniairc latine, ou y joigiiaiil l'explication de qucl(|ues ailleurs et des exercices de style; en quatrième, on leur donnait les éléments du grec. La graunnaire grecque était achevée en cinquième; dans cette même classe, conunençaient les leçons de rhétorique et de dialectique, qui étaient continuées en cinquième et'complétëes par l'indication de la rolio i)nitaudi, c'est-à-dire des règles à suivre dans l'imitation des auteurs classiques. En septième, ou expliquait VOrganon d'Aristote et quelques traités de Platon; on donnait d'après Euclide des notions de mathématiques, et l'on y ajoutait les éléments du droit. Dans la huitième, enfin, on y préparait les élèves à l'étude de la théologie. Des exercices de composition, de déclamation et discussion remplissaient une grande partie des leçons des deux classes supérieures. Dans celles-ci, les différentes matières étaient confiées à des professeurs spéciaux, tandis que les six autres classes n'avaient chacune qu'un maître. Le recteur, chargé de veiller à l'unité de la méthode et à la progression de l'enseignement, était placé sous l'autorité du chef de la maison des frères f).

En Li55, les frères de Deventer fondèrent une maison à Louvain : elle prospéra, mais sans avoir l'importance de celles de Hollande f).

Gand avait déjà vu, en 1429, s'établir dans ses murs un couvent d'Hiéronymites, dont l'enseignement attira de nombreux élèves, au nombre desquels figure le célèbre enlumineur Josse Bade, d'Assche, l'ami d'Érasme. Mais, lors de l'établissement des nouveaux évêchés sous Philippe II, les revenus de cette institution furent consacrés à l'entretien de l'évêque, et, en 1578, son local devint une maison de fous f).

Le 15 mai 1422, Philippe, fils naturel de Philippe Von den Heetvelde, d'une ancienne famille noble, fonda à

(') ScHMiDT, La vie et les travaux de Jean Sturm, p. 3 et 4. C^) Dei.prat, p. 173-175.

Id., p. 175-177.

Li:S FlliJVKS 1)K LA VI K COMMI WK.

Bruxelles, rue de la Putlerie, uu couvent de frères de la vie comnuiiio qu'il avait fait venir de Zvvoll pour leur confier rinstruclion de la jeunesse et la copie des manuscrits. En liSO, Hugues, fils de Philippe, les installa dans une maison près de l'église de Saint-Géry, qui, dans la suite des lemps, fut déuiolie. Ils y élevèrent une chapelle dont le gi and autel fut consacré, le 1:2 juin 1481, en l'honneur de la Ti inité, de la Vierge et des saints. Le nouvel et l'ancien élahlissement étaient connus sous le nom de Nazareth. Ce fut à cette coninnniaulé que Biuxelles dut ses premières impressions typographiques (1470). Lorsqu'elle voulut ouvrir une école, elle rencontra des obstacles qui ne furent levés que le 20 juillet lolo.

Le gouvernement autorisait les frères à enseigner la grammaire, la logique et la musique à leurs domestiques, à leurs commettants, aux pauvres demeurant dans leur maison, à soixante enfants de la ville et à tous les étJ'angers, pauvres ou riches, qui désireraient recevoir leurs leçons. Pour les indigents, l'instruction devait être gratuite. Les frères comptèrent bientôt environ deux cents élèves, dont quelques-uns appartenaient aux plus hautes classes de la société, et dont plusieurs, tel que Jean Le Mire, évèque d'Anvers, ont illustré leur patrie. Cette école avait trop de succès pour ne pas être exposée aux attaques de ceux qui voulaient faire de l'instruction un moyen de gouvernement. A la demande de Granvelle, qui lui avait fait représenter la nécessité d'établir à Bj uxelles un séminaire, le magistrat céda à cet effet le couvent de Nazareth et ses biens, en se réservant sur le nouvel établisseuient un droit de surveillance semblable à celui qu'il exerçait sur l'école ('). Dans les troubles du xvi" siècle, la maison fut destinée à l'éducation et à l'entretien de cent garçons nécessiteux professant le calvinisme (lo novembre 1580). Cinq ans après, elle fut rendue aux frères, preuve évidente

('] Résolution du 13 septembre 1569.

Gl'UAHl) Zi:i\llOLT UÉPA^D l'ÉTIDK DK I.A lîlItl.E.

que le séminaire n'avait pas récllenïent été institué. Les Urbanistes ou Riches-Claires, dont le nionaslèie, fondé en 1315, et longeant le lenipart de[)uis la porte de liai vers l'est, avait été démoli en 1578, obtinrent, dix ans après, cette même maison de Nazareth qui, dès lors, poi ta leur nom. Une rente viagère de 2i() llorins fut assignée au dei'uier recteur de l'institution, Henri Gheysels. La modeste demeure élevée en 1481 ne suffît pas longtemps aux Riches-Claires : le 1^' septend)re 1005 fut posée la première pierre d'un nouvel édifice, petit, mais régulier et d'un style peu commun, tel qu'il existe encore (').

Une maison d'iliéronymites, enseignant avec succès la langue latine à de nombreux élèves, était établie à Grammont, ville alors très florissante; mais elle disparut au milieu de la tourmente du xvf siècle f).

Un contemporain de Florent Radcwyns, Gérard Zerbolt, de Zutphen f), formé dans l'école de Deventer, donna une plus vive impulsion à la copie et à la conservation des manuscrits rares qui ornaient la bibliothèque de cette ville. 11 se distingua par son zèle dans la propagation de la Rible en langue vulgaire. Il écrivit à ce sujet un livre curieux ('), dans lequel il s'appliquait à démontrer que tous les laïques pouvaient s'instruire eux-mêmes dans l'Écriture sainte, dont la simplicité n'avait besoin ni d'érudition, ni d'arguties. « Et pourquoi, dit-il, les éloigner de cette lecture, alors qu'elle doit servir de cor] ectif aux lectures profanes de la Guerre de Troie, du Roland furieux, de la Belle Diane et autres histoires romanesques? Les plus illustres pères de l'Église, les Jérôme, les x\ugustin, les Grégoire, les Chrysoslome, n'ont-ils pas sans cesse excité les laïques à l'élude de la Rible? Certes, ils ne l'auraient pas fait s'ils y avaient vu quelque danger. La nature

(') Lambinet, p. 341-347. — Dklprat, p. 177-179. — Henné et Wauters, Histoire lie Bruxelles, t. III, p. 168-170. ("') DELPR.4T, p. 180.

(») Né en 13G7, mort en 1390.

('') De v.iilitale Icctionis sacraritm litterarum in linçjua vulrjari.

Li:s Fni:ni:s de i.\ vu: commune.

même des choses veut que les laïques lisent le livre sacré dans leur langue maternelle. Originairement, ce livi e était écrit tout entier dans la langue comprise de ceux à qui il était destiné. L'Ancien Testament en hébreu pour les juifs; le Nouveau Testament en grec, :i l'exception de l'évangile de saint Mathieu et de la lettre aux Hébreux, qui sont écrits en hébreu ('), et d'après quelques-uns la lettre aux Romains, qui était en latin. Or, s'il n'était pas permis de lire la Bible dans la langue courante, pourquoi les prophètes et les apôtres se seraient-ils servis de la leur? Pourquoi saint Paul et saint Mathieu n'auraient-ils pas employé, chez les juifs, le grec, le latin ou tout autre idiome non usité, et chez les Grecs la langue hébraïque? Bref, les juifs ont la Bible en hébreu, les Chaldéens en chaldéen, les Grecs en grec, les Arabes en arabe, les Syriens en syriaque, les Goths en gothique, les Égyptiens, les Indiens, les Russes, les Slaves, les Gaulois, tous les peuples la possèdent dans leurs langues respectives, pourquoi, nous autres Germains (Allemands, Flamands, Hollandais) ne l'aurions-nous pas en germanique? La lecture de la Bible considérée en elle-même ne saurait être mauvaise ; car elle est pour l'homme un élément principal du bien. Au surplus, elle n'est défendue ni en théologie ni en droit. Au lieu donc de détourner les Allemands et les Flamands de la lecture de ce livre, il est préférable de les y exciter f). »

Rien de plus remarquable que le jugement de Zerbolt sur les rapports de la Vitlgale avec le texte biblique : « En hébreu et en grec, dit-il, l'Écriture sainte est beaucoup plus authentique qu'en latin, car il faut toujours rectifier et corriger la traduction latine sur le texte hébraïque et le texte grec, s'il se rencontre des ambiguïtés dans la langue latine f) ».

Zerbolt recommande aussi les livres de prière écrits en langue vulgaire (^).

(') La critique moderne nie pour la lettre aux. Hébreux le texte hébraïque.

(^) Ricvius, Dcœmtria illi'strata, p. 41-55. — Ullm.^nn, t. II, p. 115-122.

(•') Rkvius, p. 53. — Ullm.vnn, p. 121 et 122.

(<J Rkvius, p. 55-58.

IMU':i)IC,\TI(>N DANS LES LANGI ES M I.(;.VinES.

Il est incontestable que les pi incipcs et les exemples des frères contribuèrent à rendre de plus en plus généi al l'usage de cette langue dans le domaine de la religion, et par là fi'ayèrent les voies à la Réforme du xvi" siècle et à l'émancipation des nationalités, en les détacbant de la langue et de la civilisation latines (').

Les prédications des frères dans la langue populaire y contribuèrent également : au commencement, ils se servirent littéralement des grands modèles de l'éloquence chrétienne, des Chrysostome, des Augustin, des Grégoire 1"% des Bernard de Clairvaux. Quelle impression devaient produire ces paroles du premier de ces orateurs : « Je vous dis donc : que les hommes prient en tout lieu, levant les mains pures, sans colère et sans contention (I, Tim., Il, 8). Partout nous pouvons lever les mains saintes, car toute la terre est devenue le sanctuaire de Dieu. Vous me demandez comment un ouvrier peut se rendre trois fois par jour à l'église pour pl ier ; je vous réponds : Rien de plus facile; si vous ne pouvez pas vous rendre à l'église, priez au milieu de vos occupations ; il ne s'agit pas autant de la voix que du cœur, pas autant de l'élévation des mains que de l'état de l'àme, pas autant de l'attitude que du sentiment. Nous ne vivons plus sous l'Ancien Testament. Partout oiî vous serez, vous aurez devant vous l'autel, le couteau du sacrifice, le sacrifice même, parce que vous êtes vous-même le prêtre et le sacrifice. Le temps et le lieu ne vous seront pas des obstacles f). »

Ils aimaient aussi à citer saint Jean Chrysostome et saint Jérôme recommandant la lecture de la Bible, et saint Augustin se prononçant contre les adorateurs des images f).

Les homélies de saint Grégoire P' ou le Grand, imprimées en 1497, étaient traduites et répandues partout. Élevé au pontificat en 590, ce pape a laissé à ses successeurs les plus

(') Ullmann, p. 123 et 124.

(-) MoNTYN, Geschicdenis der hervorminr/ in de Ncderlandcn ; Avnhem 1868, t. I, p. 82.

(■'j Id., ibid., p. 82.

LES FKÈUES 1)K L\ VIE COMMUNE

grands exemples de zèle et de vertu pastorale dans le gouvernement de l'Église. La charité ëvangclique le dirigeait principalement; les biens de l'Église, il se plaisait à les appeler le bien des pauvres. Il désapprouvait l'adoi ation des images des saints; il n'était pas mèuic pour la vénération du crucifix. Il disait que le souvenir du Clirist suffisait pour remplir le cœur d'amour pour lui ('). La Bible était à ses yeux la pierre de touche de la vérité chrétienne f).

Quant à saint Bernard, né en 1091, ses sermons furent imprimés en 1475. Il avait prédit que les abus de la i)apauté la conduiraient à sa ruine ; il avait demandé qu'elle renonçât à son pouvoir temporel pour ne gouverner que l'empire des âmes. Il plaçait la révélation du Nouveau Testament au-dessus de celle de l'Ancien; il reconnaissait non à l'Église, mais à Dieu le pouvoir de pardonner les péchés; pour lui, la vénération des saints consistait dans leur imitation, et le culte extérieur, sans la pitié du cœur, était de nul effet. Personne plus que lui ne réprouvait les persécutions des hérétiques de son temps (les Cathares). « Il faut, disait-il, les prendre non par les armes, mais par des raisons. Contentons-nous de les réfuter pour les ramener dans le giron de l'Église f). «

Un des élèves les plus célèbres sortis du fratcriiitis de Gouda fut Jean Standonck, nommé en 1483 principal du collège de Montaigu (à Paris), fondé, au xiv" siècle, par deux membres de la famille Montaigu , dont l'un était archevêque de Rouen. Les libéralités réunies de ces deux bienfaiteurs assuraient une somme annuelle de dix livres de rente pour l'entretien et la nourriture de chaque élève. Mais le désordre et la mauvaise administration du collège furent tels qu'en 1483 ce produit ne s'élevait qu'à onze sous de rente. Ce fut à cette époque qu'il passa entre les mains de Standonck, une des figures les plus originales que four-

(') MONTYN, p. 83.

(î) Id., ibid.

(3) Id., p. 86 et 87.

.IKAN STANDONCK UNIFORME LA PÈDAGOCIK.

nissc l'histoire de la pédagogie. C'était un hoiuiuc d'un caractère ardent, d'une force de volonté peu connnune et d'une opiniâtreté extrême. Il était fils d'un tailleur de Malines. Venu à Paris sans autre ressource qu'une lettre de reconnnandalion pour l'ahhaj'e de Sainte-Geneviève, il y fut admis à titre de charilé, payant toutefois l'hospitalité des moines par des ofiices domestiques qu'il rem[)lissait à leur service, et trouvant de cette manière le moyen de puiser aux écoles de Paris cette instruction, dont le goût décidé l'avait attiré au sein de la capitale. On raconte qu'à cette époque de sa vie, il montait, un livre à la main, dans le clocher, pendant les nuits claires, pour y étudier aux rayons gratuits de la lune. Devenu, en 1485, principal de Montaigu,il put y rétablir l'ordre, fonder douze bourses nouvelles et subvenir à toutes les dépenses. Mais il ne réalisa ces bienfaits qu'en imposant aux écoliers une discipline plus que Spartiate, et en leur léguant, pour ainsi dire héréditairement, la vie de labeurs et de tribulations que lui-même avait traversée. La règle de la maison était efTectivement des plus austères. Tâches ardues, jeunes fréquents, maigre pitance, discipline rigoureuse, telle était la condition, devenue proverbiale, des écoliers de Montaigu ; condition que résumait spirituellement leur devise traditionnelle : Mons acuhis, ingenium acutnm, dénies acuti f). Vêtus d'une cape de gros drap, ouverte par devant et surmontée d'une cagoule qui se fermait par derrière, le peuple les surnommait les pauvres capcllcs de Montaigu, et journellement on les voyait prendre part aux distributions de pains que les chartreux du voisinage faisaient aux indigents. Érasme, à l'âge de vingt-cinq ans, avait étudié à Montaigu sous l'autorité de ce même Standonck : il connut par expérience les rigueurs de cet asile. Dans un de ses ingénieux colloques, où l'idée philosophique circule sous l'enveloppe légère d'une forme frivole : le dialogue de la chair et

(') Vallet de ViRivii.LE, Histoire de V instruction publique en Europe ; Paris, 1852, p. 164.

LES l'RÈUES DE L.V VIE COMMUNE.

(lu poisson, il stiginalis.i en tenues piquants les traitements inluiniains, le gitc insalubre, la nourriture malsaine, par lesquels il vit lui-même sa santé compromise pour le reste de sa vie; et, passant de ce propos à des considérations plus élevées, il glisse, à l'adresse de l'éducation de son temps, les traits acérés d'une critique hardie (^). » Remarquons que le fameux Ignace de Loyola avait étudié la grammaire dans l'établissement de Standonck.

Louis XII, roi de France, ayant répudié Jeanne, sœur de Charles VIII, pour épouser Anne, duchesse de Bretagne, Standonck s'opposa catégoriquement à cette volonté du foi et soutint que ce mariage était contre la loi de Dieu. Ce fut pour cette résistance qu'il encourut la disgrâce du monarque et fut banni du royaume.

Le savant Brabançon rentra dans sa patrie, et passant par Cambrai et par Valenciennes, il s'y arrêta quelque temps, y visita les lieux où la jeunesse recevait l'instruction et conçut l'idée d'y apporter des améliorations (1495). De là, il partit pour Malines, où, se souvenant des misères de ses jeunes années, il fonda pour les enfants pauvres un fraterimis, en y appelant les frères de Deventer, de même qu'à Louvain et à Gand. Celle dernière ville fournit, bientôt après, des sujets qui s'établirent à Cambrai. Il leur procura aussi un établissement à Paris, au collège de Montaigu, et l'on prétend que les règlements qu'il y dressa fournirent à saint Ignace, le plan de sa célèbre compagnie f).

Ce fut pendant l'épiscopat de Jacques de Croy, en I30o, que cinq clercs de la vie commune venus de Gand commencèrent à enseigner publiquement au collège des bons enfants, tenu auparavant par des prêtres séculiers qui portaient le jioni de frères escoliers de Saint-Georcje. Ils s'établirent dans

(') Vallkt, p. 1G4 et 165.

Dklprat, p. 125, 126, 180 et 181. — Bul/eus, Historia imiversitatis Parisiensis, t. V, p. 900. — A. Dinaux, Mémoires de la Socicié d'émulation de Cambrai, 1823, p. 223.

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