‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-Bas (volume 4)Chapitre 41 sur 72 · JEAN >VESSEL · texte numérisé non relu

JEAN >VESSEL

noiTC. Celte doclrinc y était pi'osciilc comme moins utile et moins propre que le réalisme à l'édidcation de l'Kglise et de la foi chrétienne, ainsi qu'à l'éducation de la jeunesse ('). Le célèbre historien de l'université de Paris nous apprend que la dignité de cet établissement avait été fortement compromise par les philosophes et les théologiens condjattant pour l'un ou l'autre système. Pour la rétablir, le Normand Jean Bochardf), auparavant confesseur du roi Chai les VIÏ, depuis évèque d'Avranches f ) et le principal conseiller de Louis XI dans l'affaire de l'édit, eut recours au talent et à l'habileté de Wessel (^). Il paraît que, dans cette circonstance, il fut nonnué recteur de l'université, dont il devint le restaurateur. Bochard n'aurait pu faire un meilleur choix : pour une mission aussi élevée, il fallait un homme tel que Wessel, qui, tout en se ralliant au nominalisme, n'avait pas abdiqué son individualité, son indépendance, et pouvait fiicilement prendre une position conciliatrice entre les deux partis, auxquels il pouvait hardiment faire entendre le langage de la vérité, parce qu'il planait au-dessus d'eux f). Au surplus, quand la paix fut rétablie, l'édit fut révoqué (1481), et l'entière liberté philosophique rendue à la France f).

Quels étaient maintenant les motifs qui avaient conduit Wessel en Italie? C'étaient probablement la renaissance de l'antiquité classique, et particulièrement l'étude de la littérature grecque, qui florissait alors dans ce pays. Wessel désirait lire « l'Aristote grec en Grèce ». Nous avons, du reste, peu de renseignements sur le séjour qu'il fit en Italie : nous savons seulement qu'à un dîner chez Henri Dalman, camérier du pape Paul II, auquel assistaient Guillaume de Phalis, Jean de Bruxelles et Jean le Picard, Wessel fut amené à

(") BULAEUS, l. c, f. 708.

(^) Ip., ibid., f. 886. .

(3) Mort en 1485.

(«) BuLAEUS, f. 918.

{^) Fkiedrich, p. 103 et 104.

Ullmann, p. 336, d'après Bul^eus, t. V, f. 739-741 et 918.

LES FUKRES DE LA VIE COMMUNE

exposer ses ide'es sur les indulgences, et que le chambellan répondit : Cela n'est pas nouveau, et plus d'un membre de la cour de Rome s'exprima de même {^).

Cela se comprend, rien n'était plus incertain et plus obscur, au xv^ siècle, que les questions relatives aux indulgences, lesquelles ne furent fixées comme dogme que dans la 25' session du concile de Trente. Jamais, du reste, à part quelques excentricités de paroles, Wessel n'a différé fondamentalement, principiellement, de l'Église, tandis que, de très bonne heure, il en fut différemment chez Luther f).

Wessel visita aussi Florence, oii l'attirait sans doute l'étude de la philosophie platonicienne, mais où il apprit à connaître aussi le caractère italien sous un aspect moins avantageux. Il fait l'éloge des compatriotes de Zwoll, gens simples et bons, qui, heureusement pour leur caractère et leur moralité, ne savent pas calculer comme les rusés Florentins f). A Venise, il fut témoin d'un acte du procès de canonisation au sujet de la vie et d-es miracles du patriarche d'Aquilée. Il pensait que, malgré les incertitudes qui y régnaient, une telle canonisation serait encore préférable à celle qu'on abandonnerait à l'opinion flottante du peuple {*).

On a parlé des voyages de Wessel en Grèce et en Égypte, mais sans aucune espèce de fondement. Il avait eu l'occasion d'étudier « le grec en Grèce», chez les savants Hellènes réfugiés en Italie. Après son second séjour à Paris, il arriva, vers 1474, à Bàle, où il retrouva Reuchlin, et il y donna des leçons privées sur la théologie et les langues grecque et latine f).

Vers 1475 ou 1476, Wessel est de retour dans sa patrie. On parle, il est vrai, d'un nouvel appel qui lui avait été fait par l'université de Heidelberg, où il aurait enseigné la phi-

(') Wesselii 0pp., p. 886 et 887. — Friedrich, p. 104 et 105.

(■^) Voir les preuves apiul Friedrich, p. 238 et siiiv.

ri 0pp., f. 212.

(^) IbicL, f. 58.3. — Um.mann, p. 357.

C*) Friedrich, p. 105 et 106. — Ullmanx, p. 357 et 358.

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