‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-Bas (volume 5)Chapitre 39 sur 102 · H2 RUYSBROECK ET LE MYSTICISME · texte numérisé non relu

H2 RUYSBROECK ET LE MYSTICISME

« Le dernier degré de la contemplation coïncide avec Tamour le plus parfait. L'un et l'autre, c'est-à-dire l'intelligence parfaite et l'amour identique avec elle, ne sont plus à l'état d'action, mais à celui de pur repos; l'un et l'autre sont au delà de toute action, quittes et libres de tout exercice, éprouvant l'amour divin qui dévore l'esprit de l'homme et le convertit en sa substance, de façon qu'il s'oublie lui-même et ne connaît plus rien, ni Dieu, ni soi-même, ni aucune créature et qu'il ne ressent que l'amour dont il jouit dans le simple repos (^). »

Rien de plus intéressant que la classification faite (^ par Ruysbroeck des hommes livrés à une fausse vie spirituelle et égarés par quatre tentations.

La première classe comprend ceux que l'on pourrait appeler les spirituels selon la chair, les épicuriens spirituels. « Ce sont, dit Ruysbroeck, tous ceux qui se permettent tous les plaisirs des sens, s'efforcent de se complaire mutuellement par des dons, des paroles et des lettres, recherchent la délicatesse dans le manger, le boire, les vêtements et dans tout ce dont on a l'habitude d'orner et de satisfaire ce misérable sac, destiné à être la proie des vei*s. Les tentations de toutes ces choses régnent dans les couvents, les cellules des ermites et tous les ordres de l'Église, depuis le premier jusqu'au dernier. Quoiqu'ils prient et chantent beaucoup, quoiqu'ils disent beaucoup de Pater, ils n'en vivent pas moins selon la chair f). »

La seconde classe est celle des stoïciens, des pharisiens, des visionnaires , qui font ostentation d'une grande sainteté et qui n'en ont point; qui veulent que Dieu leur envoie un ange pour leur apprendre à vivre, ou qu'il leur adresse une lettre écrite en caractères d'or, ou qu'il leur manifeste sa

C) Engelhardt, p 224-246 et suiv. — Ullmann, p. 47-49. (') Manuscrit de la bibliothèque de Bourgogne, n® 3420 : Dat boec dev vier bccortnghen. Et Werken van Jan vanRuusbrœck, t. IV, p. 267 et suiv. (») Manuscrit cité et Werken, p. 273.

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