WESSEL SE PLACE ENTRE GEHSON ET LITHER
îï avait passé la plus grande partie de la fin de sa vie; ses cendres furent déposées dans le chœur de l'église, non loin du maître-autel Q.
Wessel était, sans contredit, un très savant théologien ; ce qui lui manquait est ce qui manquait généralement à son siècle, c'est-à-rdire de solides connaissances historiques et une critique sagace. Ce défaut de théologie historique fut cause qu'il se fourvoya plus d'une fois. La méthode dialectique du moyen âge avait détruit les fondements historiques de la religion, de sorte qu'on eut de la peine à reconnaître l'état des choses du xv^ et du xvf siècle comme le développement légitime des premiers temps du christianisme. On rompit dès lors ayec le présent comme avec une mauvaise excroissance du passé, afin de recommencer tout à neuf. C'est dans ce sens surtout que Wessel, comme savant^ fut un précurseur de la réformation.
Pour apprécier ce théologien philosophe, il faut remarquer qu'il vécut à une époque de transition qui tient en quelque sorte le milieu entre Gerson et Luther, entre les grands théologiens français qui ne voulaient pas rompre avec la papauté et ne désespéraient pas de réformer l'Église sur le terrain de la hiérarchie, et les théologiens allemands qui se détachèrent de Rome pour fonder une Église chrétienne inconnue jusque-là. Quand Gerson mourut, Wessel était dans sa dixième année. A la mort de Wessel, Luther était un enfant de six ans, Zwingle de cinq et Mélanchton n'avait pas encore vu le jour. Ainsi Wessel n'était le contemporain d'aucun des grands docteurs de la fin du xv^ et du commencement du xvi° siècle. Aucun d'eux ne pouvant exercer une influence sur lui, ni être à la portée de la science, il se trouva isolé; mais, en revanche, il en eut d'autant plus d'indépendance et d'originalité. Il connaissait d'ailleurs parfaitement Fesprit de son siècle, aux besoins duquel il sut répondre dignement. Doué d'une plus grande force de caractère
f*) Ullmann, p. 415.
qu'Erasme, il agit comme réformateur; moins hardi et moins violent que Luther, il croyait que le calme et la douceur étaient indispensables à un disciple du Christ et, pour cela même, il répugnait aux éclats dangereux d'un schisme. A une révolution il préférait une transformation religieuse telle qu'elle convenait au caractère du peuple des Pays-Bas, mais dont ce peuple ne put recueillir les fruits, précisément à cause de l'invasion des idées étrangères, venues d'Allemagne et de Suisse.
DÉSAVŒU DE LUTHER PAR LES FRÈRES DE LA VIS COMMUNE. (Voir page 182, note 3.)
Na«, prior.8uperior,caetenque patres ac definitores genei^lis capitiili winde$emensî$, canoDicorum regularium ordinis S. Augustini, in actu et congregatione capitulari iû, Windesem congregati : notiim facimus tenore praesentiura quod, quum Spiritu Sancto invocato precibusque de more pi*aemissis ad reformationem disciplinas monasticae qnae nimiiim diu multis in locis coUapsa jacuit, totam curam cogitationemqne nostram converteremus : provocati inprirnis Domini Dei nostri suam Ecclesiam nunc tandem misericorditer respicicntis indicibili clementia ac pietate, extimulati etiam Regiae Majestatus propensissima in religionem Toluntate quam nobis bic congregatis illustnssimns dux Albanus plenius suae Excellentiae ad nos datis literis insinuavit. Volentes tantae exspectationi nostroque debiti muneris officio satisfacere, illud praecipue conandum efficiendumque nobis duximus ut indagatis et cognitis malorum fontibus, contariisquo remediis institntis quam rectissima et certissima Tia ad medicinam perveniamus.
Vigebat ab hinc annis ducentis quum primum ordo isti in gèrmania inferiori simul inceptus est institui et spargi in tam eximia disciplina tantaque probao converationis publica existimatione, ut vix ullura in regiis ditionibus sit oppidulum in quo non alterutrius scxus aliquod nostri ordinis collegium i*eperiatur; sed, proh dolorl exoriente in ipsis capituli nostri qicasi humeiHs hitherana haeresi^ eaque in dies latius serpente, sicut publice in urbibus et regionibus civilium ac legitimorum magistratuum conteroptus invaluit, ita passim in monasteriis superiorum aulborita vilescere cœpit, ita ut quum improbitas et licentia quotidire cresceret et superiores corrigere impi'obôs aut non possent aut non auderent, subsecutasit paupertatis abjectio, solitudinis et inclusionis infractio et castimoniae quoque non una species laesionis.
Quominus autem istis initiis principio obviam itum et vitia inde enata doinceps débita correctione oppressa extiterint praeter alias multas causas malicia ipsa temporum, quibus et impei*atores et reges cedere debuerunt, praecipua in causa fuit. Sed quum nunc singulari Oei omnipotentis beneficio, post tam longam catholicae doctrinae in bis regionibus, in spem pristinae libeitatis, et illa et nos repositi sumus, dabinus enixe operam ut temporum meliore occasione, sicut valde obstingimur, ita féliciter et libenter utamur. (4 mai 1569.)
(Archives du Royaume, Papiers d*tàat et de Vaudietice, liasse 284.)