‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-Bas (volume 5)Chapitre 63 sur 102 · SAINT-ANDRÉ-LEZ-BRUGES · texte numérisé non relu

SAINT-ANDRÉ-LEZ-BRUGES

penchants : le monastère était transformé en cabaret, où Ton vendait à boire et à manger à tout venant; où les religieux, vrais pourceaux d'Épicure, ne vivaient plus que pour le vin, le jeu et la débauche (^). La pudeur défend de révéler tout ce qui se passait dans ce lieu de perdition, qui n'était plus un couvent, mais un antre de brigands, un lupanar, une sodome digne d'être engloutie sous la colère de Dieu. Saint-André ne fut réformé que de 1509 à 1519 (*). Un synode, convoqué le 4 juin 1366, à Tournai, avait publié des statuts fort intéressants pour la connaissance de l'esprit et des mœurs de ce diocèse, dont la métropole, quoiqu'elle fût placée, depuis 1187, sous le protectorat de la France, était essentiellement belge par ses idées, ses sympathies et ses intérêts f). Voici quelques-uns des chapitres de ces statuts :

« 1** Les fonts baptismaux doivent être couverts et sous clé, pour les préserver des immondices et des sortilèges;

« 2^ On ne peut donner la tonsure à celui qui n'a pas été confirmé;

a 3* Il est défendu d'entendre la confession après le coucher et avant le lever du soleil. Il est interdit aux prêtres d'ouïr celle des femmes avec lesquelles ils ont péché. Les curés enverront à Tévêque, chaque année, les noms des habitants qui ne se sont point confessés et qui n'ont pas reçu l'eucharistie, à moins qu'ils ne croient devoir s'en abstenir. Ceux qui se sont absentés des offices divins trois dimanches de suite, sans permission de leur curé ou sans motif légitime, seront interdits par leur pasteur, qui, cependant, pourra se contenter d'écrire à l'évêque. Ceux qui se seront abstenus pendant dix ans de la confession et de la communion, qui n'auront pas de certificat de maladie, seront cités au prochain synode, pour y être interrogés sur leur croyance.

(*) Chronique^ etc., p. 160.

(*) Chronica monasterii Sandi- Andréas, per Amoldum Goethaîs, efusdem mO' masterti monackiim, dans le Monasticus Flandriœ, p. 160-161.

^) Elle étendait d'ailleurs sa juridictian sur une partie de là Flandre.

Excommunication contre ceux qui font des sortilèges avec les hosties consacrées ou avec le saint sacrement. Les curés doivent purger leurs paroisses des sorciers, des femmes de mauvaise vie, des maisons de jeux de dés et des blasphémateurs, sous peine d'être châtiés sévèrement. Défense aux prêtres de dire deux messes, sauf urgente nécessité. Défense aux fidèles, sous peine d'excommunication, de louer des maisons à des femmes de mauvaise vie ou à ceux qui les soutiennent ;

« 5** Les curés ne peuvent recevoir, pour les mariages, que ce qu'on leur donne librement. Les juges qui traduisent les clercs devant les tribunaux laïques et les y condamnent à des peines corporelles ou pécuniaires, ou au bannissement, sont excommuniés, ainsi que leurs fauteurs et adhérents. Les lieux où un clerc sera détenu par la justice laïque seront interdits jusqu'à ce qu'il soit remis en liberté ;

« 10° Les ecclésiastiques doivent s'abstenir des jeux publics dont l'intempérance et la lascivité sont le principal ornement. Ils ne peuvent intervenir également comme acteurs dans la fête des fous, où l'on psalmodie indécemment devant les anges. Les clercs ne pourront porter des couteaux pointus, des serpents ferrés ou de bois, des bâtons ferrés à têtes, des arcs avec des flèches et des dards interdits auxlaïques.Mêmedéfensepourles jeuxdedés,le bal, la danse^ les spectacles, les petites maisons dans lesquelles les femmes donnent des rendez-vous, — ainsi que pour la profession d'avocat, sauf quand il s'agit des droits de l'Église ou des pauvres. Les prêtres ne peuvent fréquenter les cabarets, excepté lorsqu'ils voyagent, et alors seulement pour prendre leurs repas. Ils ne peuvent loger chez eux que des femmes de quarante ans. Les moines et les chanoines réguliers n'en peuvent loger dans leurs cloîtres ou dans leurs maisons de campagne. Excommunication, après une monition préalable, de tout clerc qui, se dépouillant de l'habit ecclésiastique, prend des vêtements laïques, porte des vestes galonnées oubro-

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