‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-basChapitre 107 sur 182 · i»éI)a<;o<;lks et jrniscosi ltes · texte numérisé non relu

iȎI)a<;o<;lks et jrniscosi ltes

[)our héritier de tous ses biens, par reni[)ereur Charles-Quint. 11 coinmcnva alors ses éludes au collège du Château, à Louvain; mais le désir de s'instruiix» le conduisit bientôt en Italie, où il suivit les leçons d'éloquence d'un célèbre professeur de Venise; de là il se rendit à la fameuse école de droit de Bologne, puis à Pavie et à Paris. Rentré en Flandre, il vécut un moment très retiré auprès de son père, dans le château de Busbecq (^). Puis les connaissances profondes et variées qu'il avait acquises attirèrent sur lui l'attention de quelques amis de sa famille, qui étaient attachés à la cour et parmi lesquels il faut mettre au premier rang le Brabançon Van der Aa, secrétaire de Ferdinand, roi des Romains, et en très grande faveur auprès de ce prince. A peine âgé de trente-deux ans, Busbec<i fut adjoint comme secrétaire à l'andiassadeur du même Ferdinand, don Pedro Lasso, pour présenter les félicitations de ce roi à l'infant d'Espagne, Philippe II, à l'occasion de son mariage avec Marie d'Angleterre (25 juillet 1551).

Ayant donné, dans cette circonstance solennelle, des preuves de ses aptitudes pour la diplomatie, il reçut, à son retour en Belgique, les ordres de Ferdinand, qui, le 5 novembre, l'appelait de Lille à Vienne. 11 se mit aussitôt en route, s'arrêta, eu passant, à Busbecq pour embrasser son père et quelques amis, arriva ensuite à Bruxelles, où il trouva des chevaux tout frais, et, en peu de temps, il était à Vienne. Dans cette ville, il eut une audience de Ferdinand, et après y être resté douze jours, il se dirigea sur Bude pour traiter d'une délimitation territoriale avec le pacha de cette antique cité, qui, à l'exemple de presque toute la Hongrie^ gémissait sous la domination ottomane; il ne négligea pas d'aller trouver, chemin faisant, Jean-Marie Malvezzî, son prédécesseur, qui était mourant à Comorn et qui l'aida de ses conseils.

Busbecq était accompagné de son médecin, Guillaunoie

(') Aujourd'hui Boesbecq, dans le département du Nord (France).

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Quackelbeen, de Courtrai, qui avait été successivement professeur à Louvain et à Vienne. Ce médecin eut le bonheur de guérir le gouverneur de Bude d'une maladie grave, ce qui semblait devoir favoriser sa négociation. Mais, lorsque le pacha se trouva assez bien rétabli pour recevoir l'ambassadeur, celui-ci n'eut pas lieu d'être satisfait dé cette entrevue, car le gouverneur turc le renvoya au Sultan lui-même. Ce jour-là, 7 septembre, Busbecq s'embarqua pour Belgrade, où la première chose qui attira son attention fut une collection de médailles antiques et de pièces d'argent que les Romains avaient fait frapper pendant leurs quartiers d'hiver en Moesie. Il n'y resta que juste le temps nécessaire pour faire préparer ses équipages et, se dirigeant vers Constantinople, il arriva dans la jolie petite ville de Nysse, où il passa la nuit dans un caravansérail. « Ces auberges, dit-il à cette occasion, sont en grand nombre dans toute la Turquie ; tout le monde y est reçu, comme les pauvres dans nos hôpitaux ; elles s'appellent cans (caravansérails). Leurs bâtiments sont très vastes, plus longs que larges, et elles ont toutes de grandes cours dans lesquelles on met les chevaux, les chameaux, les carrosses, enfin tous les équipages. »

De Nysse, Busbecq alla à Sophie, en traversant les vallées de la Bulgarie; il donne des détails curieux sur l'origine et l'extension des populations bulgares. Il voit Philoppopolîs et Andrinople et parle avec enthousiasme de ces contrées délicieuses qu'embaume, au cœur de l'hiver, le parfum des hyacinthes et des narcisses et où il put admirer pour la première fois des tulipes en fleurs ; aussi en acheta-t-il quelques oignons, qu'il rapporta en Occident.

Busbecq fait remarquer à cette occasion le goût extrême des Turcs pour les fleurs; c'est pour eux, dit-il, une véritable passion; ils aiment surtout les roses, a Les Turcs imitent en cela les anciens païens; ceux-ci croyaient que cette fleur avait pris naissance dans le sang de Vénus, et ceux-là disent que c'est dans la sueur de Mahomet. »

24 pÉDAr.or.i'ES et jlrisconsultes.

Au moment de son arrivée à Constanliuople (^), Soliman II dirigeait sa troisième expédition contre les Perses et tenait ses quartiers d'hiver à Amasich. On lui expédia un courrier pour rinformer de la venue de l'ambassadeur. En attendant, Busbecq parcourt avec une avide curiosité la vieille capitale des Césai*s byzantins : « La situation de Constantinople est des plus belles, dit-il; il semble que la nature ait destiné le lieu où elle est bâtie pour commander au reste du monde : elle a devant elle l'Asie et l'Egypte; à sa droite, elle a l'Afrique, avec laquelle elle est, pour ainsi dire, contiguë par la facilité de la navigation sur la mer qui les sépare; à sa gauche, elle a le Pont-Euxin et les Palus Méotides... D'un côté, la mer de Marmara baigne ses murs, et de Tautre, le Pont-Euxin : entre les deux mers est son port, le plus beau du monde; enQn, elle a de si grands avantages que Strabon dit qu'autrefois on l'appelait la Corne d'or. »

Busbecq ne se montre pas moins ravi des splendeurs de la nature des rives du Bosphore : « Rien ne me paraît plus beau, dit-il, que les promenades du prince; ce sont des vallées charmantes que la nature a pris soin d'embellir bien plus que l'art; je fus si enchanté de ces lieux si agréables que je m'écriai : Oui, c'est là le séjour des dieux, la demeure des muses! C'est là cette terre heureuse qui ne devrait être que pour les hommes qui pensent, pour les vrais philosophes. Hélas! quel dommage qu'une si belle contrée ne soit pas habitée par des peuples civilisés! je le répète encore, elle semble en porter le deuil ; mais ce n'est pas seulement le Pont qui frémit sous la barbare domination des Turcs, c'est Constantinople elle-même, ou plutôt c'est toute la Grèce, ce pays autrefois si florissant, qui joignait, au plus beau climat qui soit sous le ciel, ces grands hommes dont la postérité doit à jamais vénérer la mémoire... La nature entière ne devrait-elle pas être sensible aux gémissements que ce pays

(*} 20 janvier 1555.

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semble pousser, et le délivrer de la férocité de ceux qui le tiennent captif? Mais c'est en vain qu'il fait entendre ses soupirs : les princes chrétiens qui seuls pourraient le secourir sont sourds à ses cris... » Et quelle élévation dans les paroles qui suivent: « Que nos pères pensaient différemment! Ce n'était pas l'amour du gain, la passion des richesses qui les faisait courir au loin, les armes à la main; ils laissaient ces sentiments aux âmes communes, aux marchands; c'était l'envie d'acquérir de la vertu, et partout où ils pouvaient donner des secours aux malheureux et exercer leur charité, ils y volaient; l'honneur était la seule récompense qu'ils cherchaient dans les entreprises les plus difficiles. En fut-il jamais un qui, après une campagne, retournât chez lui chargé d'or et d'agent? »

Ce que Busbecq raconte de la vénalité du clergé grec a été confirmé par les plus illustres voyageurs modernes : « Ils font argent de tout, dit-il, ils ont pour les différents péchés un tarif, etc. »

Déjà du temps [de Busbecq, les préceptes hygiéniques de Mahomet n'étaient plus scrupuleusement observés. Voici, à ce sujet, une anecdote drolatique racontée par notre illustre compatriote : «J'ai vu à Constantinople un jeune Turc tenant dans sa main une coupe pleine de vin et qui, avant de la boire, se mit à pousser des hurlements affreux. Je demandai à quelques-uns de ses amis ce qu'il voulait par là; ils me répondirent qu'il avertissait son âme du péché qu'il allait commettre, et, afin qu'elle n'en fût pas souillée, il la priait de se retirer dans la plus petite partie de son corps, ou de le quitter tout à fait pour un instant. » Cela n'a pas empêché Busbecq de vanter l'extrême sobriété des Turcs : « S'ils ont du sel, du pain, de l'ail ou un oignon avec un peu de lait aigre, ils ne demandent rien de plus. Je crois que, sans blesser la vérité, je peux assurer que la dépense journalière d'un Flamand suffirait pour faire vivre un Turc pendant douze jours. »

26 i»Ki)Ar.o<.rKs kt jikisconsiltes.

Le 7 iihirs, Itiishec<[ quitta Constanlinople pour se rendre h Aniasicli, auprès du Sultan ; il toucha d'abord à Soutari, située dans TAsie mineure, en face <le Byzance, puis il prit par GcMse, rancionne Lyhissa, célèbre par le tombeau d'Annibal. En passant à Niconiédie, il aperçut, parmi des mines et des colonnes, une longue umraille de marbre récemment découverte, qui appartenait vraisemblablement à la résidence (les anciens rois de Bithynie; puis il arriva, en franchissant TOlympe, couvert de neiges éternelles, jnsqu'à Kicée, où il s'installa dans le bâtiment où s'était tenu Tun des deux conciles généi'aux. Ce fut dans cette ville qu'il entendit pour la première fois le hurlement que les Turcs appellent ciacalcs. La description qu'il fait du chacal {Hyœna striatà) est si fidèlement tirée <le la nature, qu'aujourd'hui même on ne pourrait en donner une meilleure.

A Nicée, lîusbecq put voir des débris de bains romains, dont les Turcs employaient les j)ieri'es à bâtir leui'S maisons. Dans une vaste plaine appelée Cliianada, il vit les chèvres {Cervus hirnis angojrnsis) avec les poils desquelles on fait la laine turque, dont il api>rit à Ancyre le mode de préparation en camelot. 11 décrivit aussi le premier la brebis à queue grasse {Ovis steatopiira). Ces masses de graisvse étaient souvent si pes<intes ([u'on était obligé de les [da<^er sur une planche avec deux roues. Pendant j)lnsieurs jours d'un voyage pénible, notre and)assadeur eut l'occasion d'examiner des monceaux de colonnes et de vieilles pierres. Presque dans tous les villages ([u'il parcourut, il trouva des médailles frappées sous les derniers empereurs romains. Les Turcs s'en servaient pour faire des poids et des chaudrons. 11 arriva enfin à Ancyre (aujourd'hui Angora), capitale de la Galatie, qui avait atteint son apogée sous le règne d'xXuguste, comme centre de la grand'route commerciale de Byzance vers l'Orient. Là, une riche moisson s'ouvrit aux investigations de Busbecq. Outre une grande collection de monnaies, il découvrit parmi ]es nombreuses inscriptions romaines, malheureusement

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en partie indéchiffrables, une colonne d'airain sur laquelle étaient relatées les actions mémorables de ce prince.

Il fit transcrire soigneusement cette inscription et la communiqua plus tard à son ancien condisciple André Scliott et au savant Jean Gruter, qui la publièrent sous le nom de Monument cVAncyre. « J'ai fait écrire avec soin, dit-il, tout ce que nous avons pu en lire : les premières lignes sont tout entières et très lisibles, celles du milieu sont interrompues par des lacunes. Quant à celles du bas, il n'est pas possible d'y rien reconnaître, on y a donné des coups de hache et de pieu qui ont tellement mutilé les caractères qu'il ne paraît presque plus rien d'écrit. Quelle perte pour les belles-lettres!... Cette inscription est attachée à la porte d'un vieil édifice, qui était, à ce que je crois, le prétoire; ce bâtiment est entièrement ruiné et n'a plus de couverture; les murs en sont de marbre; il est partagé en deux moitiés avec tant d'égalité qu'en entrant on en trouve l'une à droite, l'autre à gauche. »

Suétone avait parlé de cette inscription : c'était un commentaire de tous les hauts faits d'Auguste, que ce prince ordonna, par son testament, de faire graver sur des tables d'airain pour être placées dans son mausolée.

Enfin, le 7 avril au soir, trente jours après son départ de Constantinople, notre ambassadeur fit son entrée soleimelle dans Amasich, capitale de la Cappadoce.

La première nuit qu'il y passa fut signalée par un vaste incendie que les janissaires, suivant leur louable habitude, n'éteignirent qu'après avoir pillé la maison où il s'était déclaré, ce qui entraîna la ruine des habitations voisines.

Quelques jours après, Busbecq était présenté à Soliman, « le grand, le magnifique, le conquérant, le législateur! » Mais il n'eut guère à se louer de la manière dont il fut reçu, car tout ce qu'il put obtenir du Sultan fut le prolongement de la trêve pour six mois. Il repartit en conséquence pour l'Allemagne au mois de juillet 1555.

En route, il rencontra des bandes de chrétiens, chargés de

28 ptDA(;o(;ii:s et jirisconsultes.

cliaînes, attacliés les uns aux autres, coninie des chevaux. Après bien des fatigues et exténué par la fièvre, il était de retour à Vienne le i" septembre. Mais Ferdinand le chaîna aussitôt d'une seconde mission en Turquie, pour obtenir du Sultan un traité définitif, et nous le retrouvons à Constantinople dans les premiei^s jours de janvier 1556.

Soliman revenait de Pei'se avec une armée innombrable; il était rayonnant de gloire et de puissance. Les pachas turcs conseillaient à notre ambassadeur de ne pas se présenter devant lui ; il risquerait, disaient-ils, d'être renvoyé le nez ou les oreilles coupés.

De sinistres pressentiments l'accablaient; Soliman, en effet, le traita fort mal et le retint prisonnier avec sa suite, dans rhotel qu'il habitait. 11 était là enfermé dans une vraie bastille, en société de mille belettes, couleuvres, lézards, scorpions, tous plus hideux les uns que les autres, et n'ayant pour toute récréation que la petite guerre de ces animaux entre eux.

Pour se distraire, il changea lui-même sa tour en ménagerie. Oui*s, chevreuils, cerfs, lynx, rats d'Inde, zibelines, porcs, aigles, corbeaux, chouettes, canards de Barbarie, grues de Majorque, animaux hurlants, bramants, sifflants, grognants, gazouillants, grignotants, grimpants, pépiants, piaulants, venaient tour à tour charmer ses ennuis! Sa prison ressemblait h l'arche de Noé. Ceux qui connaissent les curieux chapitres de Plutarque et de Montaigne sur Fintelligence des animaux liront avec intérêt ce que Busbecq dit de la rare sagacité des siens.

Trois ans de séjour sans résultat parmi les Turcs avaient fait perdre aux compagnons de Busbecq tout espoir d'arriver à une solution favorable. Après bien des pourparlers, ils obtinrent du Sultan de pouvoir retourner à Vienne. Ils partirent à la fin d'août 1557; mais, comme il importait aux intérêts de Ferdinand qu'il n'y eût point rupture complète, Busbecq se dévoua et resta en Turquie, tout en faisant sentir au divan qu'il prenait moins ce parti par ordre de son souve-

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rain que pour prouver au Sultan qu'il avait le sincère désir de ménager un arrangement définitif. Dans cette circonstance, l'habile diplomate déploya tant de finesse qu'il fit accroire aux vizirs que c'était uniquement pour céder à leurs désirs qu'il demeurait à Constantinople.

Ce système lui réussit, et il parvint à conclure une nouvelle trêve de sept mois.

Ayant obtenu plus de liberté, grâce à l'amitié qui lui était témoignée par le nouveau grand-vizir, le Dalmate Ali pacha, l'ambassadeur de Ferdinand en profita pour se livrer plus utilement à ses goûts scientifiques et littéraires. Or, il avait appris que, dans la Chersonèse taurique (Crimée), vivait une population qui parlait un idiome fort semblable à celui de sa patrie, le flamand. Cette tribu avait envoyé des ambassadeurs à Soliman. Busbecq saisit cette circonstance pour s'assurer de la vérité du fait : il les invita à sa table et en arriva à considérer ces peuples soit comme des descendants des anciens Saxons, qui avaient été disséminés en diflerentes contrées par Charlemagne, et dont les tribus les plus sauvages avaient peut-être été bannies jusque dans la Chersonèse, où elles avaient conservé longtemps leur nouvelle religion, soit comme des Goihs qui s'étaient établis entre les îles de Gothie et de Procope.

Avant de quitter Constantinople, Busbecq eut à déplorer une perte cruelle : Quackelbeen lui fut enlevé par la peste. Ce savant médecin avait entamé une correspondance avec Pierre-André Matthioli, de Sienne, professeur de médecine et de botanique à Prague, et lui avait envoyé une caisse de semences et de plantes jusque-là entièrement inconnues, parmi lesquelles il faut citer le Calamus aromaticxis^ que l'on rencontre maintenant partout à l'état sauvage dans les endroits marécageux. Ce Calamus fut d'abord répandu par une culture progressive au moyen d'un procédé analogue à celui qu'on emploie pour YErigeron canadense. Matthioli donna le premier la description et le dessin de la racine et

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<les fiMiilles du (.alamus dans sou célèbre Traité de Ipolanique. L'enip(?rcur Maxiuiilien II pril un soiu particulier de c^ile planle, tenue pour très efficace contre la [>este, et il la cultiva dans son propre jardin. Comme elle se multiplia cxlraordinairoment, rintendant du jardin impérial, Charles de FEscluse, la propagea dans celui de la reine Elisabeth d'Angleterre; elle arriva bientôt ainsi en Belgique, car FEscluse la communi({ua à tous ses amis qui s'occupaient de botanique.

Quackelboen était i>articulierement versé dans la numismatique. Busbec<| assure que celte science perdit par sa mort une grande quantité de notes précieuses qu'il se proposait de publier; il en avait envoyé plusieurs si Matthioli. Il avait aussi activement secondé son chef dans ses études d'histoire naturelle; et si Ton doit à Busl)ecqla tulipe, décrite pour la première fois en iooO par Conrad Gessner, le Pline de rAllemagne, les botanistes ont de l'obligation à Quackelbeen d'avoir expédié à Matthioli le beau platane d'Asie (jui fait l'ornement de nos jardins.

Ce fut dans les derniers jours du mois d août 1362 que Busbecq quitta la Turquie, enq)ortant avec lui une trêve dont la durée était fixée à huit ans et qui assurait a Ferdinand la possession de la Hongrie. Il avait obtenu de plus la liberté de milliers d'Espagnols qui avaient été battus et capturés par les Turcs dans une tentative de descente sur le col de Tripoli. Au mois de septembre, il était a Vienne, d'où il se rendit à Francfort, auprès de Ferdinand (devenu empereur en 1558), qui s'y trouvait pour faire couronner i*oi des Romains son fils Maximilien. Sa mission était accomplie; il ne désirait plus que de quitter la diplomatie et les grandeui*$ des cours pour se retirer dans ses terres flamandes.

Sept années passées au sein d'une population ennemie et redoutée de toute l'Europe avaient eu pour résultat d'arrêter pendant quelque temps la lutte entre l'Orient et l'Occident. Ce résultat inespéré, le monde en était redevable à son génie

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