‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-basChapitre 138 sur 182 · COUNKILLE AGRIPPA ET SES DISCIPLES · texte numérisé non relu

COUNKILLE AGRIPPA ET SES DISCIPLES

dédaigne la religion et ne se fie ([u'à la nature est exposé aux tromperies de méchants démons. Dieu a soin des gens pieux, et nous ne sommes en sûreté que sous sa protection ; c'est pourquoi nous devons nous sacrifier à Dieu et nous recommander à la religion divine; car lorsque nos sens, notre esprit sont calmes, nous pouvons attendre Tambroisie, louant et adorant ce Bacchus céleste, le plus grand des dieux, le dieu deux fois né, l'auteur de la renaissance (^). Si notre âme veut accomplir dans ce monde une œuvre merveilleuse, il faut qu'elle applique la pensée philosophique à son principe, pour être fortifiée, éclairée par lui et pour recevoir du premier auteur de toutes choses la force nécessaire à l'action (*). »

« Une force universelle anime le monde et s'y révèle; mais tout doit être ramené aux idées de Dieu, lesquelles sont unes en lui et multiples dans l'àme du monde; celle-ci les verse dans les choses inférieures par le moyen des astres; dans la matière, elles n'existent que comme des ombres. Elles sont aussi dans notre esprit, elles nous sont innées, comme l'enseigne Platon ; mais tout a été voilé en nous par la chute d'Adam. C'est pourquoi nous devons nous purifier pour rentrer en nous-mêmes et pour nous rappeler de nouveau les idées qui sommeillent en nous. Ce sera de cette manière que nous pourrons connaître la connexité de toutes les choses et agir en elle f).

Agrippa est convaincu qu'il y a partout des forces indépendantes de la matière. Il fait remarquer que les choses matérielles agissent les unes sur les autres, qu'elles ne sont jamais contentes d'elles-mêmes, qu'elles sortent constamment d'elles-mêmes, qu'elles influent sans cesse les unes sur les autres. « Cela ne peut pas être l'eflet de la matière, car la matière retient plutôt toute chose en elle-même.

(•) Deocc.phU., III, I.

(«) Ibid., II. 60. — RiTTER, p. 356 et 357. L (^ De occphiL, I, il. — Ritter, p. 339 et 340.

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