‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-basChapitre 140 sur 182 · CB QUI MANQUAIT A AGRIPPA · texte numérisé non relu

CB QUI MANQUAIT A AGRIPPA

Il aurait rendu de grands services à la science s'il avait attaqué avec plus de calme et de dignité ces scolastiques qu'il dépeint comme les ennemis de l'Écriture ; s'il s'était abstenu de montrer la culture des lettres comme contraire au respect dû à la Bible et à toute vraie religiosité^ et de soutenir que, pour être religieux, il faut mépriser les sciences. Mais ce qu'il dit de l'état de la philosophie et de la théologie de son temps n'en est pas moins remarquable. Les pratiques extérieures du culte catholique, le droit canon, les moines et les scolastiques sont traités avec une telle hardiesse de pensée et de parole que l'on ne comprend pas comment il a pu échapper aux foudres de l'Église et aux coups de l'Inquisition (^).

ce On ne saurait exprimer dans quelle superstition, dans quelle idolâtrie le culte des images plonge et nourrit le peuple aveugle et grossier. Nos révérends pères et supérieurs en sont bien persuadés, mais ils n'en prennent pas moins part à l'abus et à la profanation. Je n'ai que faire de dire

pourquoi » Le sarcasme ne s'arrête pas que l'auteur

n'ait épuisé ce sujet de scandale avec une verve sans frein.

Il est à regretter aussi qu'Agrippa n'ait pu s'affranchir entièrement du mystère et du charlatanisme qui lui étaient restés de ses études d'astrologie et d'alchimie. Néanmoins, peu de livres ont autant contribué que les siens à stimuler les intelligences, à ranimer le goût des libres recherches et à détruire l'attachement servile aux opinions en vogue.

Peu de publications nous initient aussi profondément à l'esprit, aux mœurs et aux vices de la première moitié du XVI* siècle ; soit que l'auteilr flagelle ces historiens qui n'ont des éloges que pour les conquérants de la terre, soit qu'il signale à l'animadversion publique les danses obscènes, soit qu'il siffle comme un serpent contre la corruption de toutes les classes de la société, notamment contre les cours, « ces réceptacles de toutes les scélératesses »,et contre la noblesse,

(') Tennkmann, p. 199-204.

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