‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-basChapitre 142 sur 182 · SES HARDIESSES CONTRE LES MOINES ET LES THÉOLOGIENS · texte numérisé non relu

SES HARDIESSES CONTRE LES MOINES ET LES THÉOLOGIENS

lui une rétractation prompte et formelle. Agrippa refusa énergiquement d'obéir, offrit de se justifier devant le grand conseil de Malines des accusations formulées contre lui par les docteurs de Louvain, et déclara en appeler de l'empereur mal informé à l'empereur mieux instruit. Les accusations rédigées par articles, qu'il eut toute la peine du monde à se procurer, étaient très mal écrites (*) et se terminaient ainsi : « Puisque l'auteur a dit lui-même qu'il avait été changé en chien, son livre doit être déclaré coutumélieux et infamé (^. »

Dans sa réponse. Agrippa disait : « En supposant que j'aie erré, suis-je plus coupable que les Jérôme, les Augustin, les Tertullien, les Lactance, les Thomas, les Scot, les Ockam et tant d'autres lumières de l'école, auxquelles on peut reprocher tant de choses dangereuses et même hérétiques? L'inquisiteur Hoogstraeten n'a-t-il pas soutenu qu'il y avait de l'hérésie à s'appuyer sur l'Écriture au sujet de l'invocation des saints? Combien de fois les docteurs et même laSorbonne ont-ils condamné des écrits qu'ils ont ensuite adoptés et pris sous leur protection? Dites-moi, magistri nostri de Louvain et de Cologne, quel honneur vous avez recueilli de vos querelles avec Reuchlin, Érasme et tant d'autres? Vos jours sont comptés! C'en est fait de votre domination, vos écoles sont réduites au silence. Trop longtemps le monde a supporté votre ignorance et vos sottises ; votre nom est devenu synonyme d'outrage, parce qu'on a remarqué que vous ne pouviez attaquer personne sans anéantir la vérité, la vertu et le mérite...

«Vous me faites un crime de ce que j'ai appelé Luther un hérétique invincible; mais l'avez-vous donc vaincu? Les universités de Paris, de Louvain et de Cologne, en faisant condamner au feu les écrits de ce réformateur, ont-elles éteint par cela le feu de la rébellion par lui allumé? Vous et les

(<) Meiners, p. 345 et 346.

(*) Af/ri^tpce 0pp. ^ t. II, p. 274.

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