L \NATOMIE ET LA BOTANIQUE
susdits cainlidals devraient être jugés dignes de leur g après un rigoureux examen. Ce document est daté Bruxelles, le 2 mai 155G, et porte la signatui-e dWnl Perrenot de Granvelle.
Après la mort de l'empereur, Van Baersdorp se hàt rentrer dans sa patrie ; il fut nommé échevin de sa natale en loOI. et bourgmestre en 1562 et 15G5. Il mo deux ans après (25 novembre loGo).
L'histoire de la médecine belge avant Vésale est peu con mais si l'on croyait que la Belgique n'a possédé ai médecin remarquable avant le créateur de Tanatomie serait dans une grande erreur. La Flandre, qui, au xiv* su marchait à la tète de la civilisation, qui possédait la franc des counnunes dès le xn* siècle, a produit beaucoup de m cins dont les ouvrages mériteraient l'attention des sava Plus tard, l'université de Louvain jeta assez d'éclat j prouver que les sciences médicales étaient cultivées a bien en Belgique qu'à l'étranger. Mais celui qui don la médecine belge avant Yésale est Jean Ypemian, chij gien du xiv* siècle, dont on vient d'arracher les écrits à oubli immérité (^).
Le XN-^ siècle vit Jacques Desparts (en latin De Partibus) Tournai, commencer ses études en médecine à l'uni ver de Montpellier et recevoir le bonnet de docteur à Paris (1 i Ses talents, ses vertus et ses brillants succès rélevèrent emplois les plus honorables. Il devint successivement < noine et trésorier de l'église de Tournai, chanoine de c de Paris, premier médecin de Charles VU, roi de France de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Desparts voulut les richesses qu'il avait amassées servissent à faciliter l'él de la médecine : il donna trois cents écus d'or, deux mi d'argent, une partie de ses meubles et de ses manuscrits
(*) Broeckx, Annales de FAcadétnie d* archéologie de Belgique. Anvers, 1 t. XX, p. 128 et 129. — M. Littré a parlé avec éloge de Jean de Saint-Ani inédcdu bo\\50 du xiu" siècle. (Histoire littà'airc de France, t. XX, p. 254-266
BtSEN, DE DRIVERE, VAN LOM. 241
Faculté de Paris qui put ainsi faire élever, dans la rue de la Bûcherie, les écoles de médecine qui existaient encore au moment de la révolution Ç).
Parmi les contemporains de Vésale qui se distinguèrent comme médecins ou anatomistes, je citerai les suivants : Antoine Busennius (Busen), natif de Breda, qui enseigna pendant quelque temps l'art de guérir à Louvain et fut appelé, en 1550, à Anvers, où les magistrats lui avaient accordé la place de médecin pensionnaire. On ignore à quelle époque il mourut. Versé dans la littérature antique, il s'efforça de ramener les esprits à la médecine hippocratique et de les détourner des théories arabes. Tel fut le but de son livre, intitulé : Commentarius in Galenum, de inœquali temperie (Anvers, 1555). — Jérémie De Drivere,dont on a latinisé le nom en celui de Driverius et quelquefois Triverius. Né en 1504, au village de Broeckel, dans la Flandre orientale, il fut docteur et professeur à l'université de Louvain. Doué d'un esprit vaste et pénétrant, pendant qu'il enseignait la philosophie, il étudiait l'art de guérir, et, devenu docteur, il ouvrit des cours publics de médecine, dans lesquels il fit preuve de beaucoup de savoir et d'élocution. 11 n'était pas encore professeur, mais, deux chaires de médecine étant devenues vacantes, elles furent réunies en une seule, qu'on lui confia. Il justifia ce choix par toutes les qualités qui distinguent les hommes d'un ordre supérieur. Mais, sa passion pour l'étude grandissant incessamment, il mourut de consomption en décembre 1554. Malgré le temps qu'il consacrait à l'enseignement. De Driverc a beaucoup écrit; chaque année voyait éclore une de ses productions f). — Josse Van Lom ou Lommius, né à Buren, province de Gueldre, vers 1500. Il exerça sa profession principalement à Tournai et à Bruxelles et mourut vers l'an 1562. On prétend qu'aucun médecin de son siècle n'a fait mieux
(*) Il mourut dans un âge avancé, le 3 janvier 1457, et a laissé plusieurs ouvrages. '{biographie xmiterselle.)
(') MoLANUS, t. I, p. 566. — Biographie universelle, article Drivkrk.
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m LAKATOMIE ET LA DOTAMQLE.
connaiti-e les maladies ni pratiqué son art plus judicieuse ment et plus sûrement. Ses observations sont sages et solides Tous ses ouvrages ont été imprimes à Amsterdam en 1745 e 1761 ('). — Lemmens (Liévin), plus connu sous le nom d Lemnius (*), après s'être appliqué, dans l'université de Lou vain, à l'étude de la médecine et de la théologie, retourn à Zierickzée (1327) et y pratiqua l'art de guérir avec tant d succès que sa réputation ne tarda pas à se répandre e Europe. Cependant, il ne suivit pas cette carrière jusqu'à I fin de ses jours, car, après le décès de sa femme, il se f! prêtre et fut pourvu d'un canonicat. La mort l'enleva I 1" juillet 1568. Son fils, Guillaume, étudia, comme lui, I médecine et s'y distingua tellement que le roi de Suèdt Eric XIV, l'appela h sa cour, lui donna sa conGani^e et I combla de bontés. Cette faveur devint fatale à Lemmem qui fut jeté en prison et étranglé (1568) lorsque son protei leur lui-même fut renversé du trône par Jean III. Noi n'avons de lui qu'un opuscule tendant à prouver que l'édi cation a plus d'influence que le climat sur le développemei des facultés intellectuelles. Les ouvrages de son père, remai quables par un style qui ne manque ni de force, ni d'éléganct ont joui d'une grande vogue.
Henri Smet, d'Alost (^, embrassa la carrière de la méd< cine, après avoir étudié à Louvain et pris le grade de do« teur à Bologne (1561). A sou i-etour en Belgique, il sVtabl à Anvers; mais la religion calviniste, qu'il professait, le mi dans la nécessité de se réfugier en Allemagne, où il fi successivement attaché au service du comte de Lippe et celui de l'électeur palatin. Il se rendit ensuite à Ncustadi où il tint, pendant sept ans, une chaire de médecine, enQ à Heidelberg, où il fut professeur de médecine pratiqu jusqu'à sa mort (15 août 1614). Smet fut un des ennemis le
(') Biographie wniverselU, article Lom.
(•) Né le 20 mai 1505 à Zierickiée.
(') Né le 29 juin 1537.
SMET, COITER. 243
plus déclarés de Paracelse, dont il dévoila le charlatanisme et les mensonges (^).
Comme anatomiste, nous avons à mentionner Volcart Coi ter ou Coyterf). Jaloux de se perfectionner dans la science qu'il cultivait, il parcourut les universités les plus célèbres de la France et de l'Italie. A Montpellier, il se lia d'une étroite amitié avec le célèbre Bondelet. Les magistrats de Nuremberg lui offrirent, en 1569, la place de médecin pensionné de cette ville, qu'il accepta; mais un peu après, il abandonna ces fonctions pour aller remplir celles de médecin de l'armée française. 11 mourut en 1576. Il fut un observateur judicieux. Personne, avant lui, ne s'était occupé de l'ostéologie du fœtus et de l'ostéogénie, dont il étudia les principaux phénomènes avec soin. 11 reconnut toute l'importance de lanatomie pathologique, dont il proclama l'utilité pour le médecin. On remarque qu'il se plaint déjà de ce qu'on néglige presque toujours d'examiner la moelle épinière des cadavres. L'anatomie comparée lui doit aussi quelques progrès. Enfin, l'anatomie proprement dite lui est redevable de plusieurs observations minutieuses et de quelques découvertes qui ont contribué puissamment à la perfectionner f). J'ai hâte d'arriver à Dodonée.
En parcourant les écrits des anciens chroniqueurs, on trouve que la Frise possédait, vers la fin du xv* siècle, une famille dont sortit plus tard l'homme illustre qui devait l'immortaliser. Cette famille ne commence à être bien connue qu'à dater de l'époque où florissait Jarick Joenckema ou Joenkens, né à Staveren, ville jadis puissante, riche, populeuse, mais successivement amoindrie par des causes physiques et commerciales (^). Jarick, qui devint bourgmestre de Leeuwaarden, fut le bisaïeul de Dodonée.
(•) Biographie universelle, article Smet.
(*) Né à Groningiie en 1534.
(*) Biographie universelle, article Coitbm.
{*) GUICHARDIN, f. 277.