‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-basChapitre 164 sur 182 · I L IMPRIMERIE AUX PAYS-BAS · texte numérisé non relu

I L IMPRIMERIE AUX PAYS-BAS

[ On dit avec raison que le lien qui tenait étroitement unis r les trois grands botanistes du xvi* siècle, Dodonée, de l'Escluse

et de Lobel, était Christophe Plantin. Cet illustre imprimeur

avait, en 1550, adopté la Belgique pour patrie, et jamais il ne ; consentit à la quitter, malgré les invitations du roi de France . à venir se mettre à la tête de son imprimerie de Paris, et

malgré les troubles même qui désolèrent la ville où il avait !" établi le principal siège de son industrie et le forcèrent plus

d'une fois à suspendre ses publications les plus importantes (^). i Christophe Plantin était né en ISli, à Mont-Louis, près f de Tours. On s'accorde à dire que son habileté et son extrême

diligence ne tardèrent pas à lui faire une grande réputation i et à lui procurer une belle fortune.

/ Sa maison était l'asile de tous les savants, attirés chez lui ' par les facilités qu'il leur procurait pour l'impression de : leurs ouvrages, faisant de fortes avances à ceux dont il )- n'achetait pas immédiatement les productions; leur donnant 'r accès à une des plus belles et des plus riches bibliothèques ■ que pût posséder un particulier ; assurant des traitements

honorables à plusieurs d'entre eux pour les retenir chez eux ; et les occuper à la correction des textes qu'il imprimait; I ayant toujours à sa table quelques-uns des hommes de lettres

les plus distingués de cette époque si fertile en grands talents. ; Pour se faire une idée du mérite des hommes qu'il employait

comme correcteurs, il suffit de mentionner ceux dont

(«) Van Hulst, Christophe Plantin, p. 7 et 8.

ào4 l'imprimerie AIX PAYS-BAS.

MinvHSH rappelé les noms : Viclor Giselin (^), ëgaleraenl lingue coiiiine niéJechi cl conime litléraleur; Théodore ï in:ui^ sur lequel je reviendrai; Corneille Kilian, de Du auteur de rexcellenli7i/mo/(>//îrMm teutonicœ linguœ et qui duisil en flamand les Mémoires de Commines et la Descrii des Pays-Bas de Guichardin ; François Van Kavelinghen en ir>5!), le grand orientaliste, «pii étant venu dWngleter Anvers pour acheter des livres chez Plant in, y fut re quelques jours par sa charmante hospitalité et devint ui ses correcteurs et bientôt son gendre f).

En IfUM), parut chez Plantin un joli volume imprime petit romain et comparable aux plus beaux elzévirs ouvrait toute une série de livres classiques, d'une forme] tative, collationnés sur manuscrits, enrichis de notes ma nales, revus et corrigés par des hommes instruits, et i tout par Théodore Poelman. C'est ce que nous appelleri aujourd'hui une bibliothèque de poche. Poelman [^ fuannus) f), que ses rudes travaux de foulon n'empêcha pas de s'occuper de l'étude des belles-lettres, étant con teur chez Plantin, lui avait suggéré l'idée de cette col tion. C'est lui qui, le premier en Belgique, se livra à la tique paléogniphique des auteurs latins. Il publia ainsi, Y après l'autre, des éditions soigneusement annotées de Virg Prudence, Lucain, Juvénal, Perse, Horace, Âusone, Claud Aviène, Suétone, Boèce, Térence, Catulle, Ovide et autre!

En 1555, Plantin avait conçu le projet de composeï dictionnaire flamand, mais il y renonça quand il apprit

('; Né près d'Ostendo le 23 mars 15-13 et mort À Berg-Saint-Winoc en 1591.

{*) A. Thiele, dans le Bihliophile behjt de 1869. p. 141 et 142. Van H

I». 10-12, et la Biographie du royaume des Pays-Bas, par Dklvexnb. Poui* plétor l'excellente notice de M. Van Hulst sur Plantin, je renvoie à un artic M. Vincent, dans le Bulletin du Bibliopliile belge, t. VI, 2, p. 157 etsuiv. : Annales de Vimprimerie planiiniennCf publiées jwir MM. Do Backer et R'i dans le même bulletin, t. V, 2, et suiv.; enfin, à une notice de Reiffenber"*, VAnnuaire de la Bibliothèque n*yale de Belgique, 1845, p. 219-225.

(') Nô vers 1530, A Cranenbourg, au pays de Clèves.

(*) RuELhXS L't De Backer, Annales plantiniennes, première partie, p. 32.

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