SAVANTS, AMIS DE WESSEL. — VAN HALEN
leur en droit et doyen de Saint-Martin, à Utrecht; Bernard Van Meppen, chanoine régulier; frère Jean d'Amsterdam et maître Englebert de Leyde ; Rodolphe de Langen, de Munster ; Paul Pélantin, Jean Cauter, Lambert Freyling, de Groningue; Arnold de Hildesheim; le savant chevalier Onnon Van Ensum ; Renier Predinius, de Groningue ; Rodolphe Agricola; Alexandre Hegius et le famulus de Wessel, Goswin de Halen, sur la Moselle, recteur du fratcrliuis de Groningue (^).
Goswin Van Halen était né dans la seconde moitié du XV* siècle. Il vécut longtemps dans Tabbaye d'Adwaerd, en compagnie de son maître et du célèbre Rodolphe Agricola. Au commencement du xvi® siècle, il fut placé à la tête du fratcrliuis de Groningue et il devint plus tard prieur du couvent des Récollets de cette ville, où il se fit une belle réputation par Texcellence de son enseignement et où il jeta les semences de la Réforme dans l'esprit de deux hommes destinés à jouer un rôle au début du protestantisme : Régnier Redinius et Albert Hardenberg.
Van Halen mourut en 1530, grandement estimé d'Erasme et de Mélanchton pour sa science et pour ses vertus. Mais, quoiqu'il fût sincère partisan des idées nouvelles, il n'en était pas moins resté constamment attaché à l'Église.
Aux deux plus anciens élèves de Wessel et des plus distingués, Rodolphe Agricola et Jean Reuchlin, se rattachaient un grand nombre d'indigènes : Herman Torrentius (Van der Beeke), de Zwoll, professeur dans les écoles de Groningue et de Zwoll; Gérard Van Cloester; Rodolphe Hilbrand, surnommé Bolens; Jean Oostcndorp, chanoine de Saint-Liévin, àDeventer,et recteur de l'école de cette ville après Flégius f).
Goswin a décrit le cercle des études que l'on suivait, sous l'inspiration de Wessel, à Zwoll, à Adwaerd et dans d'autres écoles de ce temps : on lisait Ovide et les poètes du même genre ; mais on approfondissait Virgile, Horace et Térence,
(«J Id., p. 390.
Plutarque, Salluste, Thucydide, Hérodote, Justin, Aristote, Platon, Cicéron, la Bible, Jérôme, Ambroise, Chrysostome, Grégoire, Bernard, Hugues de Saint- Victor et l'histoire de rËglise. Dans ce programme, Tantiquité classique avait une place tout autrement considérable que dans celui de Groot, où la vie des saints et les écrits des Pères jouaient un plus grand rôle. Sans doute, les noms que je viens de citer étaient loin d'être tous des noms illustres dans les lettres ; mais ceux qui les portaient formaient des sortes de familles savantes qui exerçaient une action puissante sur leur siècle (^).
H y avait aussi des religieuses qui consultaient Wessel; de ce nombre fut sœur Gertrude Reyners, du couvent de la Sainte- Vierge à Rlooswater, dans la province de Gueldre, près de la petite ville de Hattem. Elle l'interrogea sur l'utilité de l'étude de la logique, et le philosophe-théologien lui répondit qu'il ne voyait pas quel intérêt pouvait avoir cette étude pour des nonnes, à qui la prière devait suffire. A une autre recluse, il enseigna la commémoration du dernier repas de Jésus au milieu de ses apôtres f).
Wessel avait l'esprit trop libre, trop élevé, pour ne pas rejeter un des plus funestes préjugés de son temps : la magie. H s'explique aussi avec beaucoup de raison sur les visions, les révélations et les apparitions de fantômes, et, sous ce rapport, il se distingua très avantageusement de Thomas a-Kempis et des anciens Frères de la vie commune, qui ne croyaient que trop à tous ces phénomènes d'une imagination exaltée. H ne voulait même pas les tolérer chez les femmes; il n'y voyait que des ruses de Satan. H les tolérait tout au plus lorsqu'ils tendaient à fortifier la piété, jamais comme appuis de la foi f).
Wessel mourut le 4 octobre 1489, à l'âge de 69 ou 70 ans. U fut enterré dans le couvent des nonnes, à Groningue, où
(') Friedrich, p. 111.