‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-basChapitre 69 sur 182 · PERSÉCUTIONS. — JEAN LE VITRIER · texte numérisé non relu

PERSÉCUTIONS. — JEAN LE VITRIER

leur plaît sans distinction de mets et qu'ils doivent se marier s'ils n'ont point le don de la continence. Connecte fut incarcéré, mis à la torture et brûlé (^), sans se rétracter (1454). Les historiens de l'époque rapportent qu'un grand nombre de personnes accusées d'hérésie et de magie furent condamnées, à Arras, au supplice du feu.

Cet horrible châtiment n'empêcha pas un franciscain, Jean le Vitrier, de recommencer l'opposition contre l'Église à Tournai et à Paris : « Il vaudrait mieux, s'écriait-il, couper la gorge à son enfant que de l'élever en religion non réformée! Quiconque entend la messe d'un prêtre tenant une femme dans sa maison commet un péché mortel ; car l'homicide est un moindre mal que la fornication. Si voire curé ou tout autre prêtre tient femme dans sa maison, vous devez y entrer et la mettre dehors par la force. Le plain-chant que l'on chante a Notre-Dame de Paris n'est que paillardise et provocation à paillardise. On ne doit point donner d'argent aux églises pour les indulgences qui ne s'accordent point pour les mauvais lieux. Il ne faut pas prier les saints. Il y en a qui récitent certaines prières de Marie, afin qu'à l'heure de la mort ils puissent voir la Vierge. Ils verront le diable, et non pas la Vierge f). »

Censuré par la Faculté de théologie de Paris et sommé de se rétracter, Jean le Vitrier obéit (1498).

Vingt-deux ans auparavant, un récollet, Jean Angeli, avait prêché avec beaucoup de succès à Tournai. Il entremêlait ses sermons de plusieurs propositions qui attirèrent l'attention de la Faculté de Paris. Il soutenait, entre autres choses, que le pape peut détruire tout le droit canon et en faire un autre, que quelques saints sont des enragés, que les

(*) lïkviGzyi^t, Histoire de Bretagne, Paris, 1588, liv. X,chap. 381. — Baptista Mantuanus, De tita beata {Oinrra, Antv. 1576, t. IV;. — Monstrklkt (Buchon), t. V, p. 197; liv. II, c. 127; t. VI, p. 62. — G. Paradin, Annales de Bourgogne, Lyon, 1566, liv. III, p. 699. — Spondani, Annales, etc., ad anii. 1431, u*' 6, 1. 1. — De Potteb, t. VII, p. 77-78.

(*) D'ÂRGiCNTRÉ, Collectio judicioi*mn de nomsmoribus, t. I, 2, p. 340.

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âmes dans le purgatoire relèvent de la juridiction du pape et que, s'il veut, il peut le vider (^).

Ces propositions eurent le même sort que celles de Jean le Vitrier, qu'il ne faut pas confondre avec Jacques Vitrier, cordelier et ami d'Ërasme. Ce dernier s'était appliqué à la théologie scolasliquo, et celle des scotistes ne lui avait pas déplu; mais dès qu'il eut commencé à lire saint Ambroise, saint Cyprien et saint Jérôme, il ne conçut que du mépris pour toutes les questions épineuses de la théologie ordinaire. Origène était celui des Pères qu'il admirait le plus. Il savait par cœur les épitres de saint Paul, ainsi que les principaux passages de saint Amhroise. Il prêchait sans autre préparation que de lire saint Paul. Ses sermons n'étaient que des homélies. Il ne pouvait y souffrir les citations des théologiens scolastiques et des philosophes, si en usage dans ce temps-là. Il avait entrepris, dans l'Artois, la conversion d'un monastère de religieuses, ({ui ressemblait plutôt à un lieu de débauche qu'à une maison de piété; huit impénitentes de ce couvent l'attendirent dans un lieu écarté, et, se jetant sur lui, elles l'auraient étranglé, sans le secours de quelques passants qui le tirèrent des mains de ces furies f).

A ce nom nous rattacherons les suivants (^, qui se sont distingués dans les lettres à tîti'es divers : Henri de Zoemeren, savant théologien du x\'*' siècle, na(}uit vers 1420, dans une petite ville du Brabant (mairie de Bois-le-Duc), dont il prit le nom, suivant l'usage des savants de cette époque. Ayant achevé ses études à l'université de Paris, il y reçut le grade de docteur en théologie. Le cardinal Bossarion, légat du saint-siège à Vienne (1 458-00), l'appela près de lui et le chargea d'abréger la première partie des dialogues d'Ockam. En 1 4G0, Zoemeren

{*) HOVKRLANT. b. c. t. XIX, p. 128-129.

(«) De Burignt, Vie iV Érastne, Paris, 1757, t. I. p. 88-90.

(') Paquot, Fasti academici Lacanienscs (manuscrit de la bibliothèque de Bourgogne n** 17567), t. ï, f. 22. — Molanus, Hisioriœ Lotaniensiumj libri XIV, t. I, p. 306 (éd. De Ram). — Biographie unitersclU^ art. Zoemeren.

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