‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-basChapitre 91 sur 182 · KUASMK II I.KS IIOMMKS DE SON TEMPS · texte numérisé non relu

KUASMK II I.KS IIOMMKS DE SON TEMPS

auditoire <M)llioiisi:isleo( distinguo^ Mosollan forma des élèves qui ont lirillé d'un <<:ran<l <VIat dans le monde scîentiCque. Ayant envoyé son discours inaugural h Érasme, il reçut de rillustre philosophe h*s Tdoges les plus flatteui*s, tandis qu'il irrita à Leipzig le parti de la réaction religieuse et littéraire. Ses attaques contre la scolastique, ses excitations à une étude plus libre et plus indé|)endante de la Rihle, ses critiques de l'ignorance des frèivs prêcheurs, qui ne cessaient d*anathématiser Krasme et Taccusaient de faire de l'Évangile un conte de la Mère TOie (M, toutes les tendances réformatrices de son discours déplurent aux conservateurs de Leipzig et rendirent l'auteur suspecl (*).

Mosellan avait rencontré un adversaire décidé en Jacques Latomus, docteur de Louvain, qui publia contre ce discours un long «lialogiie f), où il s'efforçait de prouver la dangereuse inlliKMice de l'élude des classiques sur les croyances scolast impies de l'Kglise. Krasme, qu'on accusait d'avoir inlhu'ncé Mosellan dans la rédaction de son discours, entra en lice pour confondre la pitoyable argumentation du théologien ih* L(»iivain et pour plaider la cause de l'antiquité outraiîée (^).

Quoique Mosellan iïil lié avec les grands réformateurs de l'Allemagne, quoiqu'il partageât leurs pensées réformistes, il n'iMi mourut pas moins dans le sein de l'Église catholique (1525), parce que, non plus qu'Krasme, il ne voulait avec elle une rupture irréparable. Il y était porté par la douceur extrême de son caractère, sa répugnance pour les luttes ardentes, les idées pacifiques qu'il avait du christianisme, et enfin par ses études classiciues, ([ui le poussaient à se moquer

(*) Parce qu'il avait traduit par confahidari le mot grec ïvUxIowvtij de saint Matthieu, chap. XVII, v. 3.

(') ScHMIDT, PrJn'.s Mnsn'Jianiis, p. 1-32.

(*) Sous co titre : Dr. Triwn liHguarum et stuclii Theologici ratione diaiogits,

(*y £rasmi\ i?. Dialogus rcfcllens suspicto/ies quormxdam dictitantixtm dicUcgum Jacobi Lalomi : de Irifms lingiùsomi et ratione studii Thcologici conscription fuisse adversus i/tsiim, — Schmidt, p. 32-34,

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