‹ Les précurseurs de la réforme et de la liberté de conscience dans les pays latins du XIIe au XVe siècleChapitre 11 sur 92 · Sermo «de diversis, cap. v; comp. Sermo xxr · texte numérisé non relu

Sermo «de diversis, cap. v; comp. Sermo xxr

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« Elle prie, parce qu'elle connaît les vues miséricor- « dieuses de Celui qui rend le bien pour le mal. Que dit « l'Écriture? Ne les tuez pas (Psaume VIII, 12), et en- « core : Quand la masse des Gentils sera entrée, tout « Israël sera sauvé (Rom., xt, 25). Voilà ce que pro- « clame l'Écriture et toi, tu prétendr ais donner un « démenti aux prophètes et aux apôtres? » La parole de saint Bernard arrêta quelque temps le flot montant du fanatisme en Allemagne et, gràce à lui, aussi en France, la persécution fut limitée à trois localités. Les fils d'Israël ne se montrèrent pas ingrats, et voici le touchant témoignage qu'un Juif allemand, de treize ans, échappé au massacre, rendit au prédicateur de la deuxième croisade. « Le Seigneur Dieu se laissa fléchir par nos gémisse- « ne et suscita contre ce cruel Bélial (le moine Ro- « dolphe) un sage, Bernard de Clairvaux. Il dit aux foules: « Marchez sur Sion et défendez le sépulcre denotre Christ, « mais ne touchez pas aux Juifs etne leur parlez qu'avec « bienveillance, car ils sont la chair et les os du Messie « et si vous les molestez, vous risquez de blesser le Sei- « qgneur dans la prunelle de son œil », et Jeshoua ben Mëir ajoute naïvement. « Le prêtre Bernard n'avait pourtant reçu ni argent, ni rançon de la part des Juifs; c'était « son cœur qui le portait à les aimer et à les secourir!. »

Le chroniqueur avait raison; tandis que plusieurs seigneurs ne se laissèrent fléchir qu à prix d’or, saint Bernard n'eut qu'à obéir aux inspirations de son cœur, à se conformer à la voix des Écritures, pour faire miséricorde aux Israélites.

Mais l’esquisse que nous avons tracée du caractère de saint Bernard ne serait pas ressemblante, si nous n'avions mis en relief que son côté réformateur, mystique et humain. Il faut le considérer sous un autre aspect, dans son rôle de défenseur de la foi, d'homme d'autorité. Comme tel, il

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