‹ Les précurseurs de la réforme et de la liberté de conscience dans les pays latins du XIIe au XVe siècleChapitre 15 sur 92 · Petri Venerabilis Epistolæ, lib. I, ép · texte numérisé non relu

Petri Venerabilis Epistolæ, lib. I, ép

entre les deux supérieurs; Pierre renvoya un jour à saint Bernard son propre neveu, Robert, qui s'était enfui de Clairvaux, à cause des rigueurs du régime.

Il n'était pas, d’ailleurs, moins soucieux que son collègue de la dignité de la vie monastique : « Que dire de « tous ces monastères qui n’en sont pas, s’écrie-t-il, mais « qui sont plutôt de vraies synagogues de Satan? Leurs « habitants n’ont rien du moine que le nom et l’habit!. »

Conséquent avec ses principes, il convoqua, en 1132, à Cluny, tous les prieurs des couvents clunistes de France, d'Angleterre et d'Italie, à un chapitre général, afin d’examiner les réformes à apporter à la discipline. Dans cette’ assemblée, très nombreuse?, Pierre fit adopter une règle plus sévère, qui fut approuvée, quelques années, après par le pape Innocent II. Si ce redoublement de rigueur fit beaucoup de mécontents chez les moines, il lui valut, en revanche, l’amitié de saint Bernard, car la règle nouvelle devait rapprocher Cluny de Citeaux. Ce que ces deux grands abbés désiraient, au fond, c'était l’union de tous les monastères bénédictins sous une règle sérieusement observée, tout en respectant la diversité des coutumes et des costumes.

Malheureusement, la cause de la démoralisation des couvents leur avait échappé, elle était plus profonde, elle consistait dans le principe même du collectivisme, qui les poussait fatalement à acquérir des biens temporels et,par ces richesses, entraînait l’oisiveté et tous les vices. qu'elle engendre. Aussi leurs réformes furent-elles précaires et cet insuccès explique et justifie l'initiative prise au siècle suivant par les fondateurs des Ordres mendiants.

Ainsi, Pierre le Vénérable futun réformateur de la vie monastique, comme saint Bernard, mais avec plus de modération. Un secondtrait distinctif, c’est son goût pour les idées nouvelles et sa haute culture littéraire. Sans doute,

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