De nugis curialium, composé vers
des actes du II Concile de Latran, dirigé contre les Cathares, Patarins et autres hérétiques ne fait aucune mention des pauvres de Lyon ou Vaudois f.
D'ailleurs Alexandre III ne pouvait que louer la renonciation de Valdo à ses richesses, en faveur des pauvres ; sans doute, il approuva ou toléra lés versions des Écritures en langue vulgaire, car elles avaient été faites par deux prêtres. La seule chose qu'il lui refusa, c'est la liberté absolue de prècher, car elle était contraire à la discipline de l'Église, qui réservait aux évêques et à leurs délégués l’officede prédication. Ce n’est que plustard, après la fondation des ordres mendiants, que les Papes exempterent certaines congrégations de la juridiction de l’ordinaire et octroyèrent aux supérieurs d'Ordre le droit de prècher et faire prèêcher des moines. Il faut donc reléguer dans le domaine de la légende la tradition, d’après laquelle le Pape aurait donné à Valdo l'autorisation de prêcher, moyennant la condition d'observer la doctrine des Pères, dont il avait traduit les maximes.
En revenant de Rome par la Lombardie, Valdo et ses associés purent rencontrer des disciples d’Arnauld de Brescia et des Humiliates, avec lesquels il avait en commun plusieurs principes. Rentré à Lyon vers 1180, Valdo se conforma un peu de temps à l'ordre du Pape et garda le silence ; mais sa vocation l’emportait, il entendait souvent la voix intérieure qui lui criait: « Malheur à toil si tu n'évangélises ! » et il se remit à annoncer l'Évangile en langue romane.
L'archevèque de Lyon le mandade nouveau devant lui et luiinterdit de prêcher, et, sur son refus, l'expulsa lui et ses adhérents. Ils étaient alors, dit-on, au nombre de 8.000? Ce second exode eut lieu quatre ou cinq ans après le premier, en 4181 où 1182, et eut un certain retentissement. dans l'Église, car, tandis que dans les canons du IIT° Con-
4. Hefeie, Histoire des Conciles, t. VIT, p. 810. 2. Ughelli, {{alia sacra, t. AV, p. 105.