‹ Les précurseurs de la réforme et de la liberté de conscience dans les pays latins du XIIe au XVe siècleChapitre 33 sur 92 · Voir E. Gebhart, l'Ilalie mystique, p. 108 el suiv · texte numérisé non relu

Voir E. Gebhart, l'Ilalie mystique, p. 108 el suiv

que l'exemple d’une réelle pauvreté et la prédication gratuite de l'Évangile au peuple, dans sa langue, étaient les seuls moyens efficaces pour régénérer l'Église, corrompue par les richesses et par le pouvoir temporel des séculiers.

En quoi diffèrent-ils donc ? C’est d’abord, que François d'Assise fut un mystique, tandis que Pierre Valdo est un bibliciste. Le premier s’appuyait sur des visions, sur des révélations de la Vierge ou Jésus-Christ, pour justifier ses actes, ses rénovations. Le second se fondait sur le texte des Évangiles, sur l'exemple des Apôtres et des Pères de l’Église. Saint François imposait à ses compagnons des vœux perpétuels. Quant à l'observation des trois articles de la Règle monastique, Valdo n’admet que des vœux révocables, il réservait la liberté de l’avenir. Mais la différence capitale, c’est que saint François reconnaissait la dignité du prêtre, l'autorité des évêques quand même, tout en gardant une certaine indépendance vis-à-vis de l’organisation. Pierre Valdo, au contraire, bien que plein de déférence pour la hiérarchie, revendiquait le droit de la libre prédication au nom d’un commandement de Dieu, supérieur à l'autorité des évêques. Ses disciples, mais seulement après sa mort et après qu'ils eurent été excommuniés, nièrent la validité des sacrements administrés par des prêtres de mauvaise vie et pensèrent que, dans ce cas, il valait mieux s'adresser à de pieux laïques (leurs barbes). C’est sur ce point seul qu'ils firent schisme.

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