Paradis, chant XXIX, v
bassesse (la vita), et ce péché, il le signale chez certains pontifes.
Rome enseignait que pour être sauvé il fallait croire à tous les dogmes, recevoir les sacrements, faire maigre et observer les jeûnes, accomplir toutes les œuvres pies prescrites par les prètres. Mais, aux yeux de Dante, ce ne sont pas ceux qui s’en vont criant : « O Christ! à Christ!» qui, au jour du jugement, seront admis aux places les plus proches du Seigneur, mais ceux qui, comme l’eunuque d'Éthiopie, ont cru en Jui et ont fait sa volonté, sans l'avoir connu.
Le fond de sa pensée c’est que aies ces pratiques son £ excessives et que l’essentiel, comme avait dit saint Paul, c’est la foi, l'espérance et l'amour. Écoutez plutôt Béatrix priant saint Pierre d'examiner le poète sur sa croyance : ’
0 lumière éternelle (l'âme) du grand homme, À qui notre Seigneur a laissé les clefs
De la joie infinie, qu'il porta ici-bas,
Tu n'ignores pas, toi qui as le regard fixé Sur le for intérieur, où toute chose se voit, S'il aime bien, s’il espère et s'il croit?
Or ce royaume recrute ses citoyens
Parmi ceux qui ont la foi véritable {.
Rome enseignait que tous les payens et les Juifs rebelles sont damnés ; elle faisait subir l'épreuve du purgatoire à la multitude des âmes de vertu moyenne et réservait le Paradis aux justes, aux martyrs, aux docteurs de l'Église. Dante, élargissant la pensée exprimée par l’article de la descente de Jésus aux enfers, dans le Symbole dit Apostolique, ajoute à l'enfer un portique extérieur, qu'il appelle le paradis terrestre, et il y place les ombres des sages de l'antiquité : Socrate, Platon, Averroës. Il fait de Caton d'Utique, qui, d'après la dis-