Letlere, &. IV, p
à Pise et à Rome, et ne ménagea-t-elle pas ses démarches et ses voyages pour réconcilier les frères ennemis. Elle voulait que toute leur conduite füt fondée sur la « pierre vivante », le doux Jésus-Christ.
C’est surtout, lorsque la guerre eut éclaté entre Florence, alliée de Sienne, et le Pape, qu'elle fait des efforts surhumains pour les réconcilier. Aux seigneurs de Florence, elle écrit : « Qui désobéit au christianisme n'aura « point part au sang du Fils de Dieu. Vous avez déclaré « la guerre à Dieu. Quand même les prêtres et le Pape « seraient des diables incarnés, il vous siérait d’être obéis- « sants, car Dieu est toujours un bon père. Il ne laissera « pas impunies les offenses faites à son Épouse! » — Et à Grégoire XI, elle présente le modèle de Celui qu’il représente, le bon Berger qui va chercher la brebis perdue.
« Le trésor de l'Église, lui écrit-elle, c’est le sang du « Christ, donné pour racheter des âmes; ce prix n’a pas « été payé pour acquérir le pouvoir temporel, mais pour « le salut du genre humain. Accordez la paix à vos sujets « rebelles, car de deux maux vous devez choisir le « moindre. Or c’est un moindre mal d’avoir perdu quelques « villes de vos États que de laisser périr tant d'âmes qui « tombent dans la révolte contre votre pouvoir spirituel! »
Ce dernier passage, qui renferme une allusion discrète aux conséquences funestes que le souci des affaires temporelles chez le Souverain Pontife avait pour le bien spirituel de l'Église, montre que notre sainte avait la vue claire des deux grands fléaux qui désolaient alors la chrétienté : les mauvais prêtres, l'absence du Pape loin du vrai centre de la catholicité.
Aussi, elle, simple laïque, ne craint-elle pas de prècher hardiment une sorte de croisade contre les prélats indignes et les prêtres corrompus.
« Les prélats et les pasteurs de la sainte Église