II. — LES ESPAGNOLS
Pedro Lopez de Ayala (1332-1407), contemporain de Pétrarque, fut son émule en poésie, ainsi que dans la satire des vices du clergé. Il exerça les fonctions de grand-chancelier du royaume de Castille et composa, pendant sa captivité en Angleterre un poème intitulé Rimado de palacia. Cet ouvrage renferme une dissertation sur le Décalogue, la description des sept péchés capitaux et une confession personnelle. Voici l'opinion qu'il avait de l'Église romaine :
La barque de saint Pierre court de grands dangers,
À cause de nos péchés et par notre faute,
Mais nos prélats n’en prennent souci.
Ils rançonnent leurs vassaux sans mesure,
Ils oublient la conscience et la sainte Ecriture!
Ils s'inquiètent peu de mettre de l'ordre dans l'Église,
Mais se préoccupent surtout de s'enrichir.
Si ce sont là des ministres, ce sont des ministres de Satan !
Vers la même époque, Vincent et Boniface Ferrier, deux frères Catalans, tentèrent de réformer l'Église par la voie des Conciles et de réveiller la piété languissante par une correction radicale des mœurs et par la méditation de la sainte Écriture.
Vincent, l’ainé, né en 1350 à Valence, après avoir fait de bonnes études à Barcelone et à Lerida, où il obtint le bonnet de docteur en théologie, vint étudier à l’université de Paris, où il composa ses premiers livres (1391-1396). Celui de la Science de la vie spirituelle, presque contemporain des traités des mystiques flamands : Gérard de