‹ Les précurseurs de la réforme et de la liberté de conscience dans les pays latins du XIIe au XVe siècleChapitre 61 sur 92 · III. — LES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

III. — LES FRANÇAIS

La France ne restait pas étrangère à ce mouvement, et nous allons voir entrer en scène les chefs de l'Église gallicane, lumières de la Sorbonne.

Pierre d'Aïlly (4350-1420)? fait pendant à Ximénès : tous deux furent les chefs de l'Église de leur pays et s’efforcèrent de la régénérer par une discipline morale sévère, imposée au clergé, et par l'étude des Saintes Écritures; mais le premier, tout austère qu'il fut, ne poussa pas comme l'Espagnol jusqu'à l'ascétisme monacal. Pierre naquit à Ailly, en 1350, d'humbles parents. Il entra comme boursier au collège de Navarre (Université de Paris), où il fit sa philosophie et adopta la doctrine nominaliste. Puis il étudia Le droit canon et, surtout préoccupé des rapports de l'Église avec l’État, il lut avec soin les traités sur la matière qui étaient devenus classiques en France : le Dialoque de Guillaume d'Occam, le Songe du Vergier et le Defensor pacis, de Jean de Jandun et Mar-

4. Voir Guardia, Revue des deux mondes, 1860, t. XX VIII, p. 464 et ici p. 201.

2, Voir Peter von Ailli, par Paul Tschakert, Gotha, 1817.

3. Aujourd'hui Aïlly-le-Haut-Clocher, à 15 kilomètres d’Abbeville (Somme).

sile de Padoue. C’est à ces ouvrages qu’il emprunta les trois maximes, qui furent la règle de sa politique ecclésiastique : la régénération morale de l'Église, le maintien de l'indépendance du pouvoir civil vis-à-vis du Saint-Siège et la suprématie du Concile général sur le Pape.

Sa tendance réformatrice est déjà nettement accusée dans les sermons latins qu'il prêcha, n'étant encore que sous-diacre, devant des synodes diocésains à Amiens et à Paris (1376). LR

Quatre ans après, il exposa publiquement ses idées sur l'Église dans les thèses, qu'il présenta à la Sorbonne, pour le grade de docteur en théologie et qui sont ainsi formulées : I. Recommandatio Scripturæ sacræ; I. Utrum Petri ecclesia lege requletur? TT. Utrum Petri ecclesia Rege quhernetur, lege requletur, fide confirmetur, jure dominetur?

Le rocher sur lequel est fondée l'Église, d'après le jeune docteur d’Aïlly, ce n’est ni saint Paul, ni même saint Pierre; comment, en effet, assimiler à un roc un homme vacillant comme l'Apôtre, qui à renié son maître ou ses successeurs, dont tant ont été sujets à des défauts et des variations? L'Église est fondée sur la parole de Jésus-Christ, qui a dit lui-même : Les cieux et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.

Cette réflexion l'amène à cette conclusion! : «Le Christ « a fondé son Église sur sa propre personne, comme le « fondement le plus solide à l'encontre de l’Église du « Diable. Or l'Église est la société des fidèles disciples « du Christ, fondée sur la Sainte Écriture.

D’après cette définition, qui fait abstraction du Saint- Siège romain et quise rapproche étonnamment de celle de Jean Huss et de Luther, on pourrait croire que d’Aïlly va dégager les principes féconds qui y sont en germe: le salut par la foi et l’autorité suprême de la Bible. Mais il n'en est rien : d'Aïlly, héritier de la méthode exégétique des

Scolastiques, qui découvraient un sens quadruple dans les livres saints, fait, au moyen du sens allégorique, rentrer dans la Sainte Écriture tout le bagage du dogme catholique. Voilà la première inconséquence :

Et voici la seconde : «Cette Église, dit-il, est infaillible et hors d'elle il n'y a point de salut. »

Et pourtant d'Ailly avoue que l'Église catholique n'a pas d’organe infaillible, ce ne saurait être le Souverain Pontfe, car il y avait alors deux Papes ; ni le Concile général, car il se peut qu'il n’y ait pas unanimité. Dans ces cas-là, «il se peut que la véritable Église ne subsiste « que dans quelques femmes croyantes, comme chez la « seule Vierge Marie, au temps de la Passion, lorsque « tous les Apôtres s’enfuirent ».

D’Ailly se demande enfin quelle est la mission de l'Église? L'Église doit être non pas une domination temporelle, mais un service; non dominalio, sed ministerun.

Le grand Schisme d'Oécident, qui venait d’éclater par la nomination simultanée de Clément VIT et d'Urbain VI comme papes, fournit à Pierre d’Aïllv l'occasion d’appliquer ses principes. La majorité de l’université de Paris, sur les instances des cardinaux français réunis à Anagni et du roi Charles V, avait reconnu le premier pour vrai et légitime Pontife (mai 1379\. Cependant, la nation anglaise et la nation picarde, formant la minorité, penchaient en faveur du second. Bientôt Clément VII mit les Églises gallicanesen coupe réglée ; les revenus même des Universités furent en souffrance. Maîtres et étudiants désertaient l'Université.

Celle-ci, dans son assemblée solennelle (20 mai 1381) demanda à l'unanimité la convocation d'un Concile général pour remédier au schisme et aux abus que ce dernier engendrait. Dans ce désärroi général, d’Aïlly, qui avait d’abord songé à un Concile particulier, composé d’un nombre égal de prélats des deux obédiences, se rallia à

l'idée d'un Concile général et déclara son avis dans son discours public (fin juin ou juillet 1381).

Il y avait du courage à publier son opinion, car le duc d'Anjou, l'un des tuteurs du jeune roi Charles VI et régent du royaume, étant d'avis contraire, avait interdit, sous les peines les plus sévères, qu'on parlàt Concile, ni élection de Pape et avait ordonné de jeter en prison un délégué de l’Université qui avait osé le faire. D'Aïlly dut sans doute à sa jeunesse (trente et un ans) d'échapper à la colère du roi d'Anjou; il se retira à Noyon, où il avait une prébende de chanoine (14 septembre). C'est de là qu'il lança, contre les adversaires du Concilé, son Epistola Diaboli Leviathan et ses Invectives d'Exéchiel contre les pseudo-pasteurs. La Lettre du diable est un chef-d'œuvre d’ironie mordante, où il flagelle sans merci les vices du clergé. Il ne se contenta pas de censurer les mauvaises mœurs; mais encore rentré à Paris, il présenta aux clercs des modèles à imiter, dans deux sermons qu'il composa sur saint François d'Assise (avril 1382).

Alors s’ouvrit la deuxième phase de sa carrière (1384- 1397), pendant laquelle il fut régent du Collège de Navarre. Il noua des relations amicales avec des élèves, qui devaient bientôt devenir des maitres : Gilles Deschamps, Charles de Gerson, Nicolas de Clamengis. Après avoir rempli avec succès deux missions à la Cour d'Avignon, pour y défendre les intérêts ou les principes de Paris, il fut nommé chancelier de l’université et confesseur du roi.

Dès lors, sans renoncer à s'occuper du Schisme, d'Aïlly se tint plus sur la réserve et laissa agir ses lieutenants : Clamengis et Gerson.

Le premier, en qualité de recteur de l’université, avait adressé au roi une lettre, où il le suppliait, en termes pathétiques, de s'occuper de guérir le schisme. L'année suivante, d'Aïlly, en qualité de chancelier. obtint enfin du roi la permission de consulter l’université sur la question brûlante.

I y eut une sorte de plébiscite (mars-avril 1394) : un tronc fut placé à l’entrée du couvent des Mathurins pour y déposer leurs bulletins de vote. Là-devant, défilérent dix mille membres de l'université, en tête : le recteur, les doyens des facultés, procurateurs des nations, « docteurs-régents, bacheliers, escholiers et suppôts ». Jamais on n'avait vu telle affluence. Les suffrages se réparürent sur trois solutions : 1° abdication ou cession volontaire des deux pontifes; 2° compromis ou arbitrage; 3° concile général. Clamengis fut chargé par l'Université de rédiger un mémoire, où seraient consignés les résultats de vote, les conclusions de Paris, et qui serait présenté à Charles VI. |

Aussitôt après, forte de l'approbation des universités de Cologne et d'Oxford, université de Paris envoya à Clément VIT une lettre, accompagnant le mémoire et où elle lui rappelait, que son premier devoir était de procurer l'union de l'Église, même au prix d'un sacrifice personnel (juillet 139%).

Deux mois après, Clément VIF, « saisi de colère et d’inquiétude », dit Du Boulay, « mourait d’un coup d’apoplexie « à Avignon, pour le bien de la République chrétienne, « si seulement on ne lui avait pas donné de successeur ».

Malheureusement les cardinaux d'Avignon, intéressés à avoir un Pape sous la main, se hâterent d'élire un successeur, Pierre de Luna, sous le titre de Benoit XIII. Le nouveau Pape, originaire d'Aragon, était austère et lettré. Sondé par Pierre d’Aïlly, qui fut envoyé à cet éffet à A vignon, il s'était montré favorable à l'union. Rassurée par ces bonnes paroles, l’université reprit ses cours, mterrompus depuis le mois de juillet, et Charles VIT convoqua un concile national, à Paris, pour le mois de février 1395.

Le concile national se réunit, en février, à Paris, et se prononça pour la vote de cession des deux Papes, comme remède au schisme. D'Ailly fut chargé, en qualité de chancelier de l'université, de recommander ce moyen au Roi,

ce qu'il fit dans l'audience qui lui fut donnée au palais de Saint-Paul. On s’aperçut bientôt que ledéputé de l’université avait été dupe des belles paroles de l'Aragonais. En effet, quand le duc de Bourgogne se rendit à Avignon pour présenter à Benoit XIII le vœu de l'Église gallicane, celui-ci, non moins tenace que Clément VIT, lui répondit par un € non possumus ».

Quelques semaines après, d’Aïlly fut nommé évêque du Puy-en-Velay (2 avril 1395). Devenu suspect à l’université de Paris, depuis cetéchec, il donna sa démission de chancelier et accepta le poste. Deux ans après, il était appelé à l'évêché de Cambrai (mai 1397) et investi par l’empereur Wenceslas du comté attaché à ce siège. Comme, pendant quelques années, d'Aïlly ne se mit plus en avant pour la réduction du schisme, ses adversaires insinuèrent qu'il s'était laissé gagner par les faveurs du Pape d'Avignon‘.

Quoi qu'il en soit, Pierre d'Aïlly, tout en se montrant plein de déférence pour la personne de Benoit XIII, fit de nouvelles démarches auprès de lui et de son concurrent Boniface IX, successeur d'Urbain VI, afin de les décider à abdiquer tous deux, mais sans succès.

C'est seulement après ce double refus que le roi de France convoqua à Paris un second Concile national. Ce dernier se réunit au Palais (notre palais de justice actuel) dans la salle dite des Réformations, dont les fenêtres donnaient sur la Seine, et réunit une grande affluence: d'évèques, abbés et docteurs en théologie. L'assemblée, après peu de jours de délibérations, vota par 247 voix contre 53, la soustraction totale, c’est-à-dire au temporel comme au spirituel, de l'Église gallicane à l’obédience de Benoit XIII, et conclut à ce que ladite Église fût rétablie dans ses anciennes franchises et libertés. En consé-

1. Boniface Ferrier compare d'Ailly à un dragon, qui, après avoir jeté feu etflamme contre le Pape, devint muet, dès qu'on lui eut fourré dans la gueule quelques bons morceaux, c'est-à-dire des bénéfices lucratifs.

quence, le Concile députa à Avignon, un évêque, Pierre d’Ailly, escorté par le maréchal Boucicaut, pour signifier au Pape la décision (22 mai 1398).

D'Ailly essaya, par les arguments les plus forts, de persuader à Benoît XIII d’abdiquer, mais en vain. Voici, d’après Froissart, quel fut leur entretien. Le Pape : « J'ai « eu moult de peine et de travail pour l'Église, et par « bonne élection on m'a créé pape et, maintenant, on veut « que je renonche. Ce ne sera pas tant que je vive et vueil « bien que le roi de France sache, que pour ses ordon- « nances Je ne feroi rien, mais tiendroy mon nom et ma « papalité jusques au morir. » — D'Aiïlly : « Sire, je vous « tenoie à plus froit et prudent, saulve votre grâce et « révérence, que Je ne trouve. Demandés jour de conseil « à vos frères les cardinaux. » — Le Pape : « Pape, j'ai « été écrit et nommé et Pape je demourroi, tant comme « vivroi. Si dirés à notre fils de France, que jusques à « cy l'avons trouvé bon catholique. »

L'évèque de Cambray, ayant échoué par la douceur, prévint le maréchal Boucicaut, qui était resté à Lyon. Celui-ci, à la tète d’un corps de troupes marcha sur Avignon, qui fut pris sans coup férir ets’empara de Benoit XII, qui fut interné sous bonne garde. Pourtant, deux années après, le Pape d'Avignon réussit à s'échapper.

Cependant, à Paris, un troisième concile national convoqué par Charles VI, à Paris, reconnaissait l’obédience au pape d'Avignon. Notre évêque célébrait cette réconciliation entre l'Église gallicane et le Pape par un discours à Notre-Dame. Dans un quatrième concile national, réuni à Paris, d'Aïlly plaida les circonstances atténuantes pour Benoit XII. Sous son influence, le Concile vota la soustraction au temporel seulement et, à la requête du chancelier de luniversité, rendit un arrêté ordonnant de gouverner l'Église gallicane, comme en la première soustraction et priant le roi de s'entendre avec les autres princes de l'Europe pour convoquer un concile général des deux obédiences.

Benoit XIII, indigné, lança l’excommunication contre le roi de France (21 mai 1408).

Charles VI convoqua alors un cinquième et dernier concile national, pour résoudre ce schisme, qui s’éternisait. Cette assemblée, sur l'avis de l’université de Paris, déclara Benoit XIII « hérétique endurci, trouble-paix de l'Église et anathème » ; la bulle du Pape, découpée par les secrétaires du roi, fut remise au recteur de l’université, qui la mit en pièces. Aïnsi l'université de Paris, plus d’un siècle d'avance, préludait à l'acte de Luther à Wittenberg (31 octobre 1517). Puis Charles VI, ayant réussi à se mettre d'accord avec les cardinaux des deux obédiences, obtint de ceux-ci la convocation désirée d'un Concile général à Pise pour le 25 mars 1409.

L'Église était tellement lasse et souffrante du schisme, qui durait depuis trente ans et avait encore aggravé tous les abus fiscaux de la hiérarchie, que tous les prélats de l’Europe répondirent avec empressement à l'invitation du Sacré Collège, enfin d'accord. Il vint à ce Concile œcuménique, le premier depuis le vin° siècle, vingt-deux cardinaux, deux cents archevèques et évêques, près de trois cents abbés et supérieurs de couvents, les représentants de toutes les universités d'Europe. Mais, nulle part, cet appel ne trouva autant d’écho qu’en France, car c'était en ce pays qu'on avait le plus travaillé, depuis trente ans, à rétablir la paix. L'évêque de Cambrai fut au premier rang des trente prélats français qui acceptèrent l'invitation et il assista aux réunions d'évêques, qui se tinrent en janvier à Aix et à Tarascon, pour préparer les travaux du Concile.

D'Ailly y défendit des thèses sur l'Église et les organes de l’unité, qui sont dignes d’être remarquées!. « Le Chef de « l'Église, y disait-il, comme dans sa thèse de doctorat, est « Jésus-Christ. Cest dans l'union avec lui et non pas

4, Voir Gersonii Opera. Ed. Dupin. Anvers, 1706, II, p. 412-113.

« nécessairement dans l'union avec le Pape, que consiste « la parfaite unité de son corps mystique. En cette qua- « lité, l'Église a originellement le droit d’assembler ses « représentants en Concile général, car son Chef a dit : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis « au milieu d'eux. » Et il fait bien remarquer qu'il n'était pas écrit, èn nomine Petri vel papæ, mais in nomine meo.

Ces principes répondaient trop bien aux maximes de l’université de Paris pour n'être pas adoptés. L'évèque de Cambrai n'arriva que le 7 mai à Pise, encore à temps pour prendre part à la déclaration du Concile, ainsi conçue : « Attendu l’obstination et la contamace des deux pontifes, « qui retenaient l'Église dans la division, ou s'est sous- « trait avec raison à leur obéissance et, par conséquent, & on ne leur en doit plus ». Dans le procès qui fut engagé de suite contre eux, D’Aïlly émit l'avis « qu'avant de dépo- « ser les deux Papes on les invitàt à abdiquer volontai- « rement. En cas de refus, il fallait s'assurer qu'on pouvait « supprimer les deux obédiences de peur de provoquer un « troisième schisme. Mais on passa outre et, le 5 juin, « fut rendu le jugement qui déposait Boniface IX ef « Benoît XIII comme schismatiques et hérétiques, fau- « teurs et approbateurs du schisme, parjures et scanda- « lisant l'Église de Dieu par leur obstination ». D’Aïlly y souscrivit.

Vingt jours après, le franciscain Philarète (de Candie) était élu Pape sous le titre d'Alexandre JT (26 juin). Un mois après, le nouveau Pape, après avoir promis solennellement de s'occuper de la Réforme, en nommant des hommes honnêtes et lettrés de tout pays pour y travailler avec les cardinaux, ajournait le Concile à trois ans. On avait trois Papes au lieu de deux, ce que D’Aïlly avait prévu.

En somme, le rôle de P. d’Aïlly au Concile de Pise fut assez effacé; s’il proposa les voies les plus modérées, il

se rallia à la résolution énergique de la majorité qui condamnait et déposait les deux Papes. "E

Sur ces entrefaites, le Pape, élu au Concile de Constance, était mort. Jean XXII (Balthasard Cossa) (5 mai 1410) fut un choix malheureux, car le prélat avait la plus mauvaise réputation. Il s'empressa de faire une fournée de cardinaux, afin de se faire des amis, et nous avons le regret de dire que d’Aïlly accepta de sa main le chapeau rouge (7 juin 1411).

De retour à Cambray, il y composa son Tractatus agendarum rerum de Concilio generali, et peu après, il adressa au nouveau Pape une lettre, avec un extrait de ce traité, où il insistait pour qu'il prit en main la réforme de l'Église. I1 crut devoir se rendre à un Concile, convoqué par Jean XXII à Rome, mais l'on ne s'occupa de cette grande affaire que pour la forme, et il en revint sans doute, aussi navré que déçu, sur la valeur morale du Pape. Deux lettres de cette époque adressées à Gerson révèlent chez lui un grand souci, une profonde mélancolie au sujet de l'état de l'Église et de la France.

« Tout ce que je vois, lui écrit-il, m'est pénible et « presque intolérable. Parle-moi donc un peu du joug « suave de Jésus. » Et, en réponse, le disciple, avec une « modestie touchante, lui rappelle ces strophes d’un « hymne de l'Église en l'honneur d'un martyre. « 1 ne « vivait dans ce monde que par le corps et comme un « pèlerin, mais, par son ardent désir, il conversait avec « l'autre patrie, celle qui est éternelle. » Tu méprises déjà « tout ce que tu peux faire librement des biens terrestres. « I ne faut pas t'en tenir là; dégoûté des consolations « terrestres, il faut chercher un aliment plus solide, celui « de la piété intime. Souviens-toi de cette parole : Heu- « reux ceux qui sont perséculés pour la justice. »

Nommé légat du Pape en Allemagne et aux Pays-Bas,

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