Epislola CXII
récemment. C'est entre 1430-1440, qu'elle se place; peutêtre notre chanoine de Bayeux vécut-il assez pour voir la délivrance de la France par Jeanne Darc (1414). Essayons, maintenant, d'exposer ses idées sur l’Église, le remède à son état misérable, les études théologiques et la Sainte Écriture. Clamengis a dépeint la corruption gé-
nérale de l'Église sous des couleurs très noires, dans le
De corrupto Ecclesiæ statu, qui concorde d’ailleurs avec les abus, décrits particulièrement dans le De præsulibus simoniacis et le De novis festiitatibus.
Dans le premier traité il fait remonter la cause du schisme jusqu'aux Papes et à la simonie qu’ils pratiquent d'une façon scandaleuse. « Pour soutenir leur rang, dit-il, « qu'ils prétendent supérieur à celui des empereurs et rois, « il leur à fallu, après avoir dissipé le patrimoine de saint « Pierre, se jeter sur les autres bergeries et dépouiller « les brebis de leurs fruits, laine et lait. C’est ainsi qu'ils « s’attribuèrent la disposition de toutes les églises du « monde, le droit des élections et collations de bénéfices, « afin d'attirer dans le gouffre de la Chambre apostolique « tout l'or de la chrétienté. Les bénéfices, qu'ils venaient « de vendre une première fois par des grâces présentes, ils « les vendaient une deuxième fois par des grâces expec- « tatives, et ce n’était ni aux plus savants, ni aux meil- « leurs, mais aux plus riches. »
Le mauvais exemple partant de si haut, les évêques et prêtres ne valent pas mieux. Les premiers vendent les bénéfices dont ils disposent, et les prêtres, après avoir payé fort cher pour obtenir une cure, battent monnaie à leur tour, avec leur office. Les évèques confèrent pour de l’argent les fonctions ecclésiastiques à des hommes ignorants et, chose plus grave, immoraux, qui font tout autre chose que de vaquer à leur saint ministère : « Les « uns remplissent les fonctions de cuisiniers, d’autres