‹ Les précurseurs de la réforme et de la liberté de conscience dans les pays latins du XIIe au XVe siècleChapitre 72 sur 92 · GUA · texte numérisé non relu

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LES RÉFORMATEURS MODÈÉRES 191

« celles de bouteillers, d’autres sont intendants, d’autres « sont assidus aux tables, d’autres enfin font la cour aux « dames. Je ne parle pas des fornicateurs et des adul- « tères. » Enfin Clamengis applique à l'Église de son temps les censures que Jésus-Christ adressait aux Sadducéens et aux prêtres du temple de Jérusalem : « Vous avez fait de la « maison de Dieu une boutique de rapines, où tout se vend « jusqu'à l’absolution des péchés. » Il termine par une éloquente invocation au Christ, le Rédempteur, qu'il supplie de sauver son Église de ces désordres.

Dans l’opuscule sur les Fétes1, il signale les fêtes des saints et les pèlerinages, comme étant une occasion de commettre les péchés d’ivrognerie, de luxure, et produisant beaucoup plus de mal que de bien; il trouve que le culte des saints éclipsele service de Dieu et voudrait qu'on n’instituât pas de fêtes nouvelles : « Nos ancêtres aussi hono- « raient les saints, dit-il, mais leur zèle était d’accordavec « la science. Ils ne souffraient pas que le culte de ceux-ci « leur rit négliger le service de Dieu et ils ne trouvaient « pas bien que les récits des actions des saints prissent « tant de place, qu'il n’en restât plus pour la lecture de « la Loi divine : l'Ancien et le Nouveau Testament. Eh ! « qui y a-t-il doncde plus nécessaire pour l'Église que de « connaître ét méditer cette Loi?... L'écarter du culte, « c’est renverser les fondements de la maison de Dieu. » Clamengis exprime même, comme Calvin et Lafontaine plus tard, le vœu qu'on retranche les fètes supertlues, qui font chômer trop souvent les pauvres gens ayant besoin de gagner leur vie. « On punit, dit-il, sévèrement ceux « qui auraient travaillé à la vigne ou à la terre un « jour de fête, et on laisse toute liberté à ceux qui pro- « fanent ces jours par les péchés les plus révoltants. »

Passant aux ordres monastiques, il n'est pas moins virulent à flétrir la corruption des mœurs : « Voïler une

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