II. — LES ESPAGNOLS
La France n’a pas eu le monopole des esprits indépendants que préoccupaitla décadence des mœurs et les abus de l'Église catholique. Nous avons déjà signalé, dansle chapitre premier, les efforts des deux frères Ferrier pour remettre en honneur en Espagne la lecture de la Bible et la prédication, et les réformes opérées par le cardinal Ximénès.
L'Espagne, qui, au siècle précédent, avait déjà produit ce hardi penseur, Arnaldo de Villanova, nous présente, au xv° siècle, un philosophe et théologien qui, par la manière
dont il a fait la critique de la théorie de la pénitence etde
la confession, a le droit d'être rangé parmi les précurseurs directs de Luther. Je veux parler de Pedro Martinez de Osma (en 1480).
Il fut élève de cette université de Salamanque, fondée en 1254 par Alphonse X le Sage, roi de Castille, et qui, après celles de Paris et de Montpellier, avait été le plus comblée de privilèges par la Cour de Rome.