Traclalus de merilis el officio episcoporum
« Le peuple accourt pour la baiser, et en admire plus « les beaux atours qu'il n'en vénère la sainteté. De « même on y suspend des couronnes, des candélabres « enchâssés de pierres précieuses.
« À quoi vise-t-on par ces moyens? A provoquer la « pénitence, la componction ou l'admiration des specta- « teurs? O vanité des vanités! L'Église resplendit dans « ses murailles, mais souffre dans ses pauvres. Elle revêt « d’or les pierres de l'édifice, et laisse ses fils aller tout « nus. Elle satisfait les regards des riches, aux dépens « des indigents. Enfin, on voit paraitre partout une si « nombreuse variété de figures, que les fidèles sont plus « tentés de lire sur les marbres, que dans les livres sa- « crés; ils passent leurs journées à admirer une à ane ces « œuvres d'art, plutôt qu'à méditer la loi de Dieu! Hélas! « mon Dieu! si l’on ne rougit pas de telles inepties, que « ne se lasse-t-on pas de si grosses dépenses!?» Calvin et Zwingle ne s'exprimeront guère en termes plus incisifs, contre la décoration fastueuse et le culte des images.
Mais, chose plus remarquable, saint Bernard est amené par son mysticisme à rabaisser la valeur des œuvres, le mérite des pratiques. Tandis que la masse de ses contemporains croyait faire son salut par le mérite des œuvres et par la vertu des sacrements, agissant «ex opere operato », lui plaçait au premier rang la foi, la priere et la méditation, qui mettent le pécheur croyant en rapport direct avec Jésus-Christ et avec le Dieu de miséricorde. « Notre salut, a-t-il écrit, consiste en deux choses : la « justification et La glorification. La première est le com- « mencement, la deuxième l'achèvement. Or, maintenant « la justification se fait par la foi, mais la glorification sera « par la vue. La première est le chemin par où l'on « passe à la gloire, comme dit l'Apôtre (Rom. vu, 30). « En effet, on ne pourra obtenir l’exaltation, si elle