Fabroni, Leonis X...viia, p. 25q
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FRONTISPICE DE l' « ANTHOLOGIA GR^ECORUM EPIGRAMMATUM», d'après l'exemplaire offert à Pierre de Médicis le Jeune. (Bibliothèque nationale de Florence.)
tion : il chargea Michel -Ange de compléter sa collection d'antiques. 11 est vrai qu'il demanda en outre au jeune sculpteur de tailler une statue dans la neige, et qu'il estimait, à son égal, un estafier espagnol, qui luttait de vitesse avec le meilleur cheval.
Si Pierre partageait, dans une certaine mesure, les aspirations qui avaient fait la gloire de sa famille, il s'écartait singulièrement de l'exemple donné par son père, son aïeul, son bisaïeul, dans la vie privée, d'une part, dans la direction des affaires publiques, de l'autre. Je ne parle pas seulement de cette politique aventureuse qui le conduisit à renoncer à l'alliance semiséculaire de la France pour se jeter dans les bras du pape et du roi de Naples, de son irrésolution, de sa lâcheté devant le danger : lorsque les fautes qui amenèrent sa chute furent commises, il y avait longtemps que, par son orgueil, son faste, ses débauches, il s'était aliéné l'estime de ses concitoyens. Ses ancêtres avaient soigneusement caché leurs faiblesses; lui les afficha. Ils s'étaient astreints à la simplicité qui est de mise dans un gouvernement républicain ; Pierre, au contraire, dès son enfance, s'efforça d'éclipser jusqu'aux familles souveraines. Ses courtisans n'ont pas assez d'épithètes pour célébrer la richesse de son costume, lorsqu'il assiste, en 1489, au mariage du duc de Milan1, ou lorsqu'il se rend, en 1492 2, à Rome en qualité d'ambassadeur. De mémoire d'homme, écrit un de ses familiers, on n'avait vu dans la Ville éternelle costumes plus nobles ni plus magnifiques.
Cependant les événements se précipitent : Charles VIII a franchi les Alpes, comme un autre Annibal; il fond sur l'Italie surprise, terrifiée. Peu de villes essayent de résister, comprenant qu'il y a des ouragans devant lesquels il faut plier, sauf à se relever quand le vent a changé de direction. Le jeune roi arrivait, riche d'illusions, mais, à ce qu'il semble, passablement dénué d'argent. A Turin déjà, il se vit forcé, c'est Commines qui nous l'apprend, d'emprunter les joyaux de sa cousine, madame de Savoye, et de les mettre en gage pour obtenir une avance de douze mille ducats. L'euphémisme « emprunter » est joli ; il peint les mœurs du temps.