DISPERSION DU MUSÉE DES MÉDICIS
ainsi que nous l'apprend, outre le témoignage de Vasari1, un état dressé le 3o juin i5i3, au moment où les héritiers de Laurent et de Pierre de Médicis se firent restituer ce dépôt. Nous remarquons dans le nombre cinq anges de laiton, de petites dimensions, avec les armoiries; douze petites figures de laiton destinées à un candélabre, une girandole de bronze, huit boules (palle) de bronze destinées à une porte, deux sonnettes de bronze avec l'emblème des diamants; une arbalète incrustée à l'antique, trois « espalliers », à figures, ornées des armoiries des Médicis, un « banquier » de même, plusieurs morceaux de porphyre, etc.
La bibliothèque fut mieux partagée que le musée. On songea un instant à en céder une partie à Commines en déduction de sa créance sur la banque des Médicis 2 (singulière acquisition pour un homme qui ne savait ni grec, ni latin3), mais ce danger fut conjuré. Les moines de Saint-Marc, à l'instigation de Savonarole, offrirent de prêter les 2,000 florins dont la République avait besoin et reçurent en gage cette collection inestimable. Un inventaire rédigé à ce moment contient la description de 1,01 g manuscrits, sur lesquels 688 furent remis aux prêteurs. Ceux-ci se réservèrent le droit de les aliéner, s'ils n'étaient pas remboursés dans le délai d'un an. Ils profitèrent effectivement de cette faculté, mais ce fut en faveur de l'héritier des Médicis, le cardinal Jean, le futur pape Léon X. Cette acquisition, qui remplit de joie tous les amis des lettres, fut consentie le 29 avril i5o8, moyennant la somme de 2,652 ducats, 7, 8/j. On sait que dans la suite la bibliothèque fut de nouveau transportée à Florence, qu'elle n'a point quittée depuis. Il n'est point de lecteur de la « Laurentienne », — c'est le nom qu'elle porte aujourd'hui, — qui devant ces trésors n'ait évoqué avec gratitude le souvenir de Cosme, de Pierre et de Laurent le Magnifique.
1. « Ma nondimeno la maggior parte délie anticaglie del Giardino) furono, l'anno i5i3, rendute al magnifico Giuliano, allora che egli e gli altri di casa Medici ritornarono alla patria, ed oggi per la maggior parte si conservano nella guardaroba del duca Cosimo. » (T. VII, p. 204.)