Voy. Rio, De l'Art chrétien, t. II, p
3. Memorie dei piu insigni Pittori, Scultori e Architetti domenicani, 4e édit., t. I, p. 5 i 2 et suiy.
Savonarole et s'honorèrent leur vie durant d'avoir été ses disciples : Giovanni délie Corniole, Monte di Giovanni, Baldini, Francesco Ferrucci, Sandro Botticelli, le Cronaca, Baccio da Montelupo, Lorenzo di Credi, le Pérugin, Michel- Ange. Vasari compare à un délire l'enthousiasme qui s'empara de ces convertis. Leurs adversaires ne formèrent pendant longtemps qu'une minorité infime, ayant à leur tête Mariotto Albertinelli et Piero di Cosimo.
Rendre aux compositions religieuses le sérieux sans lequel elles n'ont pas de raison d'être, tel n'était pas le seul but poursuivi par le réformateur. Il s'efforçait également de rétablir les rapports entre l'artiste et la grande masse des fidèles, cette « sancta Dei plebs », qui attache plus de prix à la clarté de l'exposition, à la profondeur des convictions qu'à la virtuosité de la facture, à l'éclat du style. Nul doute que ce ton populaire qu'il affectionnait dans ses sermons, le Fra ne le recommandât aux maîtres groupés autour de lui. A cet égard ses efforts ont eu un résultat intéressant, et ce sera l'honneur de M. G. Gruyer de l'avoir mis en lumière : des artistes de mérite — on cite parmi eux Botticelli — ne dédaignèrent pas d'illustrer ses sermons, et répandirent jusqu'au fond des campagnes, avec ses paroles enflammées, des images pleines de candeur, de charme, allant droit au cœur des croyants. L'idée, dans ces compositions, est tout; n'y cherchez pas les raffinements du dessin; leurs auteurs ne se sont même pas attachés à la ressemblance physique. Les portraits de Savonarole n'ont rien qui rappelle sa physionomie légendaire, l'œil ardent, le nez aquilin, les grosses lèvres, la maigreur ascétique, le tempérament bilieux ; on est allé jusqu'à supprimer l'indication de l'âge. Mais le peuple savait que ce moine vêtu de noir et de blanc était son ami et cela lui suffisait.
Parfois l'antiquité, proscrite par Savonarole, se glissait traîtreusement dans ces productions si humbles. N'est-il pas curieux de voir figurer, dans l'encadrement d'une des gravures du Trattato contra li astrologi, imprimé à Venise en 1497, des aigles, des trophées, et même, proh pndor! deux divinités au corps terminé en rinceaux?
Établir quelles sont les tendances tolérées ou favorisées par le réformateur dominicain ne suffit pas, toutefois, si l'on tient à juger avec