‹ Les précurseurs de la RenaissanceChapitre 117 sur 132 · De rerum natiira, liv. III, v. jo5q · texte numérisé non relu

De rerum natiira, liv. III, v. jo5q

ramener les mœurs à la simplicité, à l'austérité antiques, était une tentative aussi chimérique que dangereuse.

Telle était cependant l'influence de Savonarole que beaucoup de Florentines consentirent à modifier leur toilette, à faire le sacrifice qui coûtait le plus à leur vanité. Elles ne se parèrent plus qu'avec modestie, dit un des plus fervents disciples du réformateur, Burlamacchi, et poussèrent l'humilité jusqu'à envoyer une députation à la Seigneurie pour demander une nouvelle loi contre le luxe.

C'étaient là des triomphes qui devaient coûter cher au vainqueur. Lésées dans leurs intérêts les plus respectables, les corporations florentines des fabricants d'étoffes de soie et des orfèvres, qui formaient la puissante Arte délia Seta, ne tardèrent pas à montrer de l'hostilité à ce réformateur à outrance ; son règne était pour elles la ruine ; nous en avons pour preuve le manque absolu d'inscriptions nouvelles sur le registre de la corporation des orfèvres1. Bientôt, Savonarole ne compta pas d'adversaires plus acharnés ~.

On le voit, sous quelque face que l'on envisage la tentative de Savonarole, on y découvre la réaction contre l'esprit nouveau, les conquêtes de la pensée, les progrès de l'industrie, l'adoucissement des mœurs.

La Renaissance, différente en cela de la Réformation, n'a pas dressé un bûcher, n'a pas versé une goutte de sang. Il est heureux pour elle que ce soit par d'autres mains que les siennes qu'ait péri son plus ardent et plus noble adversaire.

i. Voy. le registre des matricules conservé aux Archives d'État de Florence, années 149J à 1498.

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