LES COLLECTIONNEURS DE TRÉVISE ET DE PADOUE
Nous ignorons ce que Cola di Rienzi et Forzetta ont dû à Pétrarque, en tant que champions de l'antiquité. Mais il est certain que vis-à-vis d'un autre amateur, — Giovanni Dondi, — celui que Ton a si justement nommé le père de la Renaissance a joué le rôle d'un véritable initiateur. Dondi, qui exerçait à Padoue la profession de médecin, était en relations avec Pétrarque dès 1370, peut-être même plus tôt : celui-ci, qui l'aimait beaucoup, loue la supériorité de son esprit. Si la médecine ne l'avait pas retenu, disait-il de lui, il se serait élevé jusqu'aux astres Peut-être fut-ce à l'instigation de l'illustre humaniste que le médecin padouan se rendit à Rome, vers i3y5. Il y étudia avec soin plusieurs monuments, entre autres l'obélisque du Vatican, dont il essaya de déterminer les dimensions. Il copia également l'inscription gravée sur la base du monolithe, ainsi que l'inscription de l'arc situé au pied de la roche Tarpéienne2.
Dans une lettre adressée au frère Guillaume de Crémone, Dondi proclame hautement la supériorité de l'art antique, et il ajoute que les artistes de son temps la reconnaissaient sans difficulté3. C'est un aveu précieux à recueillir.
Certes, si l'on jette un coup d'œil sur la vieille métropole de la Toscane, on s'aperçoit que Florence comptait dès lors des champions de la Renaissance, dignes de se mesurer avec ceux de Padoue. Les noms de Boccace (mort en i3jd) et de Coluccio Salutato (mort en 1406) sont chers à tous les amis des lettres : par leurs écrits, par l'ardeur avec laquelle ils ont sauvé de l'oubli tant de manuscrits précieux, ils ont bien mérité de la cause des humanités. Florence pouvait aussi, dès cette époque, tirer vanité de l'académie fondée (en i38g) dans la villa Paradiso et les jardins d'Antonio degli Alberti. Tantôt on y racontait des nouvelles dans le goût