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LES MÉDAILLEURS DE LA HAUTE ITALIE

Avons-nous affaire à des pièces fausses, ou bien les Sesto savaient-ils, dès la fin du xive siècle, interpréter les types antiques avec une telle perfection ? La rareté de ces trois spécimens, que nous ne connaissons que par la planche de M. Friedlander, et d'autre part leur supériorité immense sur les monnaies vénitiennes, que nous savons de source certaine avoir été exécutées à cette époque, nous semblent commander une extrême réserve. Sans invoquer ici le témoignage des confrères de M. Friedlander, auprès desquels sa thèse a rencontré l'accueil le plus froid, nous croyons que ni la série conservée au Cabinet de France, ni les séries publiées par Lazari et Schweitzer ne fournissent d'arguments en faveur du paradoxe, assurément fort séduisant, soutenu par le savant berlinois.

Il n'en est pas moins certain que le mouvement archéologique, dont l'Italie septentrionale a été le foyer au xivc siècle, a eu son contre-coup dans l'art du médailleur. Le rénovateur, on serait presque tenté de dire le fondateur de cet art, le Pisanello, est un Véronais. Vérone est également la patrie de Matteo de' Pasti. Venise a donné le jour à Jean Boldu; Padoue à Vellano, à Guidizani; Mantoue à Cristoforo di Geremia, à Meliolus, à Sperandio; Milan à Amadeo et à Pietro; la Dalmatie à Paul de Raguse et à François de Laurana. Lorsque les Florentins commencèrent à s'essayer dans la technique nouvelle, il y avait longtemps qu'elle était en pleine floraison chez les Vénitiens et les Lombards. Le plus ancien médailleur toscan connu, Petrecini, n'apparaît qu'en 1460; puis vient Guaccialotti, dont la première médaille, le portrait de Nicolas V, est datée de 1455 (date de la mort du pape), mais semble avoir été exécutée beaucoup plus tard (Guaccialotti mourut en 1495). Quant à Pollaiuolo, à Bertoldo et à Niccolô Fiorentino , ils appartiennent déjà à la seconde moitié du xve siècle.

Florence a rendu de trop grands services à la cause de la Renaissance, elle a compté trop de Précurseurs illustres, pour ne point pouvoir, sur ce point particulier, reconnaître les droits de ses émules de la Haute Italie. Que les héritiers des Étrusques s'inclinent, pour cette fois, devant les représentants de la Gaule cisalpine !

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