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CHAPITRE II

Les Précurseurs florentins de la première génération : Les sculpteurs des portes du Dôme. — Brunellesco et Donatello. — Ghiberti.— L. B. Alberti,B. Rossellino et Filarete. — Masaccio, Masolino, Paolo Uccello, A. del Castagno et Piero délia Francesea. — Fra Angelico.

u début du XVe siècle, la ville qui assura véritablement le triomphe de la Renaissance était une des plus pauvres de toute l'Italie en souvenirs de la glorieuse civilisation grecque ou romaine. Des grandes constructions élevées à Florence sous l'Empire, du Capitole, du théâtre, de l'amphithéâtre, de l'aqueduc ', c'est à peine s'il restait quelques vestiges, trois ou quatre colonnes à moitié enfouies, des soubassements presque au ras du sol. Un baptistère avait pris la place du temple de Mars, le forum était devenu un marché. Tandis qu'ailleurs l'antiquité s'imposait en quelque sorte aux visiteurs étrangers, - - pèlerins accourant en foule aux fêtes du jubilé, soldats amenés par le hasard des guerres, — qu'elle piquait au plus haut point leur curiosité, forçait leur admiration, ici, il fallait toute la sagacité de l'archéologue pour découvrir que Florence n'était pas une ville du moyen âge, que son origine était plus haute et plus noble. Dans ce cadre si vivant et si pittoresque, au milieu de ces riantes collines, en présence de cette activité incessante, il semble qu'il n'y ait point de place pour les ruines. Florence ne sera jamais, comme Rome, la cité des morts2.

1. Les documents du xic et du xn° siècle mentionnent, en outre, un « arco antico ». Voy. les Spogli Strozziani, aux Archives d'État de Florence, aaa (56), fol. 145, 146, 2b3, 342, 3b2, 366, 369, 3yo, 371.

2. Il est intéressant de recueillir cet aveu de la bouche d'un ardent patriote florentin, Benvenuto Cellini. Au début de ses Mémoires, après avoir passé en revue les monuments antiques de sa ville natale, il reconnaît qu'ils ne sauraient se comparer à ceux de Rome : « Trovasi scritto nelle Croniche fatte dai nostri Fiorentini molto antichi, e 'omini di fede, che la città di Firenze t'u fatta ad imitazione délia bella città di Roma : e cio si vede da alcune

Les chefs-d'œuvre qui font aujourd'hui l'ornement de la Galerie des Offices et du Musée égyptien, les marbres, les bronzes, les peintures, les gemmes, éclatants témoignages de l'habileté des artistes étrusques ou romains, n'étaient guère plus nombreux à Florence que les monuments d'architecture, à l'époque où le contraste entre les principes du moyen âge et ceux de l'antiquité frappa pour la première fois les regards. Quelle infériorité vis-à-vis de Rome, où les statues antiques jonchaient en

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