‹ Les précurseurs de la RenaissanceChapitre 25 sur 132 · DAVID EN MARBRE · texte numérisé non relu

DAVID EN MARBRE

Musée national de Florence.

n'y est pas moins grande1. Le même motif revient dans le bas-relief qui orne le piédestal de la Judith ; mais ici la composition, si elle égale les précédentes par le mouvement, leur est inférieure par le rythme.

Si dans ces ouvrages l'imitation est indirecte, dans l'Amour en bronze (Musée national de Florence), elle saute aux yeux. On remarquera surtout la parenté de cette figure , dont l'attitude et l'accoutrement ont quelque chose de cherché, avec une statuette exposée au Louvre, dans la salle des bronzes antiques.

A Padoue, où Donatello séjourna de 1444 à 1450, il rencontra un artiste qui ne pouvait que le fortifier dans son admiration pour l'antiquité. C'était le moment où le Squarcione (né en i3g4? mort en 1474) ouvrait un musée à côté de son atelier et prêchait à ses innombrables élèves (il en forma i3y, d'après une tradition accréditée) l'imitation des chefs-d'œuvre grecs et romains. La présence du grand sculpteur florentin imprima certainement une impulsion nouvelle à ces études peut-être trop minutieuses. On constate surtout son influence dans les fresques dont quelques élèves assez médiocres du Squarcione ornèrent, vers cette époque, la chapelle des Eremitani 2. Cette influence fut encore plus sensible chez l'artiste qui, après avoir reçu les premières leçons du fondateur de l'Ecole de Padoue , éclipsa si complètement son maître. Lors de l'arrivée de Donatello, Mantegna comptait treize ans, il en comptait dix-neuf lors de son départ : tout nous autorise donc à croire que le jeune peintre, qui fut, comme on le sait, d'une grande précocité, se pénétra des principes du sculpteur florentin , bien autrement féconds que ceux de son premier maître, le Squarcione. Dans une de ses fresques de Y Histoire de saint Christophe (saint Jacques conduit au supplice), peinte clans la chapelle des Eremitani, postérieurement à 1448, il tint à affirmer hautement son admiration : le guerrier debout au pied du pilier est une copie presque textuelle du Saint Georges d'Or San Michèle. — A côté de l'influence de Donatello, Mantegna subit celle de Paolo Uccello, que le

1. La Florence de M. Yriarte contient deux belles photogravures reproduisant les Enfants dansant de la cathédrale de Florence (aujourd'hui au Musée national) et ceux: de la cathédrale de Prato.

2. Crowe et Cavalcaselle, Histoire de la Peinture italienne, éd. ail., t. V, p. 327, 328.

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