‹ Les précurseurs de la RenaissanceChapitre 4 sur 132 · DES CHEVAULX DE MARBRE · texte numérisé non relu

DES CHEVAULX DE MARBRE

« Les chevaulx et hommes nuz dénotent que au temps de l'empereur Tyberii furent deux jeunes philosophes, c'est assavoir Praxiteles et Phitias, qui se dirent estre de si grande sapience que quelque chose que l'empereur, eulx absens, diroit en sa chambre, ilz le rapporteraient de mot à mot. Laquelle chose ilz firent ainsi qu'ilz dirent. Et de ce ne demandèrent point de pécune, mais mémoire perpétuelle : si que les philosophes auraient deux chevaulx de marbre touchant à terre, qui dénotent les princes de ce siècle. Et qu'ilz sont nuz auprès des chevaulx dénote que les bras haulx et estendus et les doys reployez racontoient les choses advenir, et ainsi comme ilz sont nuz, ainsi la science de ce monde en leurs entendemens estoit nue et ouverte 2. »

De l'admiration à l'imitation il n'y a qu'un pas. Les artistes, à leur tour, se mettent à l'œuvre et puisent sans scrupules clans un héritage ouvert à tous. Sans doute plus d'un de ces emprunts est inconscient, ou bien ne sert qu'à faire éclater l'immense infériorité du copiste. L'influence de l'antique en est-elle moins saisissante? Il faut surtout rappeler, dans cet ordre d'idées, les splendides créations des architectes de la période romane, le dôme, le campanile et le baptistère de Pise, le baptistère de Florence et la basilique de San Miniato, le dôme de Lucques et tant d'autres chefs-d'œuvre élevés à l'aide de principes que les novateurs de l'âge suivant, les champions du style gothique, devaient si audacieusement fouler aux pieds.

Analyser les sentiments dont les monuments antiques ont été le point

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