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Les colosses de Monte Cavallo

2. Voy. Du Cherrier, Histoire de Charles VIII, roi de France, t. II, p. 487, 488. — Sur les légendes du moyen âge se rattachant à des monuments antiques, voy. le curieux travail

de départ chez les hommes du moyen âge, dresser la liste des emprunts qui y ont été faits à partir de l'ère carlovingienne, serait un travail considérable et qui mériterait de former la matière d'un ouvrage distinct. Nous l'entreprendrons quelque jour. Mais comment ne pas accorder ici un souvenir à Nicolas Crescentius (le fils du célèbre tribun), qui, dès le xie siècle, poussé par le désir de renouveler l'antique splendeur de Rome (« Romae veterem renovare decorem » ) , fît construire avec des fragments antiques l'élégante petite maison du Ponte Rotto ! L'empereur Frédéric Barberousse (i 121-1 190) se souvint également de ces « antiquailles », lorsqu'il fit graver sur son sceau une vue de Rome, avec le Colisée. Mais c'est à son illustre petit-fils, Frédéric II (1 184-1250), que revient l'honneur d'avoir plaidé le premier la cause de la Renaissance : il a le droit de figurer en tête des Précurseurs. Nous possédons de nombreux témoignages de son amour pour les monuments de l'art antique. Tantôt nous le voyons faire frapper les « augustales », ces imitations curieuses des monnaies de l'Empire romain, portant d'un côté son effigie couronnée de lauriers, avec l'épigraphe avg. imp. rom., et drapée à la façon des Césars ; de l'autre un aigle, les ailes éployées, avec l'épigraphe fridericvs ; tantôt il achète pour une somme considérable, 23o onces d'or, une coupe d'onyx et d'autres curiosités. A Grotta Ferrata il enlève deux bronzes, une statue d'homme et une statue de vache servant de fontaine, pour les transporter à Lucera. L'église Saint-Michel de Ravenne lui fournit les colonnes monolithes dont il a besoin pour ses constructions de Palerme. Il entreprend même des fouilles, près d'Augusta, en Sicile, dans l'espérance de mettre à jour quelques vestiges de l'antiquité. Une fois, il est vrai, obéissant à d'impérieuses nécessités, il fit démolir plusieurs monuments romains de Brindes pour en employer les matériaux à la construction d'une citadelle; il s'agissait, au moment de son départ pour la Palestine, de mettre la ville à l'abri d'un coup de main ; la raison d'Etat l'emporta sur les scrupules de l'antiquaire'. — 11 nous faudra attendre

du savant professeur de Zurich, M. G. Kinkel : Mosaik \ur Kunstgeschichte, Berlin, 1876, p. 167 et suiv.

1. Voy., sur toutes ces entreprises, Raumer, Geschichte der Hohenstaufen imd ihrer Zeit, 3e éd., t. III, p. 266, 281, 282, et t. VI, p. 4()5.

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