‹ Les précurseurs de la RenaissanceChapitre 47 sur 132 · Traversait, Epistolœ, éd. Mehus, p · texte numérisé non relu

Traversait, Epistolœ, éd. Mehus, p

2. Les étrangers mêmes demandaient la faveur de pénétrer dans ce sanctuaire de la science. (Leonardo Bruni, Epistola.% éd. Mehus, t. I, p. ici.)

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partage à ses études; il vivait seul, clans un état voisin de la gène, avec une gouvernante toute-puissante, nommée Benvenuta, ou plutôt Malvenuta, car son entrée chez lui fut la source de bien des discussions, de bien des médisances. Son commerce aussi était loin d'être attrayant, nous l'avons déjà dit : railleur, caustique, impitoyable pour les autres, il était, en ce qui le touchait, d'une rare susceptibilité. Sans son érudition, sans son obligeance, ses meilleurs amis auraient fini par le fuir. Aucune production moderne ne lui paraissait parfaite. Parmi les anciens, il ne louait sans réserve que Platon, Virgile, Horace et saint Jérôme. Il faut d'ailleurs lui rendre cette justice que s'il prodiguait les critiques aux autres, il se montrait pour lui-même d'une extrême défiance. Désespérant de rivaliser avec les Grecs ou les Romains, il n'écrivit jamais qu'en italien, aveu d'impuissance vraiment déshonorant pour un humaniste. Sa langue maternelle elle-même ne lui doit d'ailleurs pas beaucoup de productions : on ne connaît de lui qu'un Traité d'orthographe. Son contemporain Fazio a donné une explication, selon moi, très belle, de cette stérilité : il n'éprouvait pas le besoin d'écrire, parce que les écrits des anciens lui semblaient répondre à toutes les exigences : « Nihil tamen latine aut grsece scripsit, scriptis veterum contentus. »

Etant donné le caractère de Niccoli, des froissements ne pouvaient manquer de se produire entre lui et les moins endurants de ses confrères; ils dégénérèrent bien vite en brouilles, en polémiques violentes. Auprès du grand public, les adversaires du vieux savant avaient beau jeu : ils l'injuriaient en vers, en prose, en grec et en latin. Niccoli, fidèle à son système de ne rien publier, se vengeait par des bons mots, s'adressant naturellement à un cercle plus restreint, mais causant des blessures profondes. Il n'hésitait pas non plus, en pareil cas, à user de son influence sur les administrateurs de l'Université florentine, et, en particulier, sur les Médicis. Plus d'un de ses contradicteurs dut quitter Florence. C'est ainsi qu'il réussit à éloigner Manuel Chrysoloras et Guarino de Vérone, qui tous deux avaient été appelés sur les bords de l'Arno quelques années auparavant grâce à son intercession. Aurispa et Filelfo durent également chercher fortune ailleurs. Niccoli finit même par se brouiller avec un de ses plus vieux amis, Léonard Bruni, d'Arezzo.

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