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Mehus, Intr., p. lu

4. On remarquait entre autres la transcription d'une inscription phénicienne, relevée sur la plus grande des pyramides de l'Egypte, et envoyée à Niccoli par Cyriaque d'Ancône. (Itinerai-ium, p. 52.)

5. « Era sopra tutti gli uomini pulitissimo, cosî nel mangiare, corne in tutte le cose. Quando era a tavola, mangiava in vasi antichi bellissimi, e cosî tutta la sua tavola era piena

NICCOLO NICCOLI

C était là une coquetterie du vieil amateur. Mais il savait aussi, à l'occasion, tirer un parti plus avantageux pour la science des trésors d'art qu il avait réunis. Le premier, il eut l'idée de composer, à l'aide de ses monnaies, de ses inscriptions, ainsi que des plus vieux de ses manuscrits, un travail sur l'orthographe chez les anciens. Le fait nous est attesté par son ennemi, Guarino de Vérone, qui traite de ridicule et de puérile cette nouveauté

Niccolô Niccoli avait été, sa vie durant, la providence des travailleurs. Par une inspiration bien en rapport avec cet esprit de dévouement dont il avait donné tant de preuves, il voulut contribuer, même après sa mort, au progrès des études , et doter sa patrie d'une bibliothèque accessible à tous. Dans son premier testament, en date du 11 juin 1430, il légua ses manuscrits au couvent de Sainte-Marie des Anges. Peu de temps avant sa mort il se ravisa et dicta, le 22 janvier 1437, un nouveau testament par lequel il instituait pour héritiers seize de ses amis, avec obligation de consacrer ses livres au service du public. Cosme de Médicis, un de ses légataires, offrit de payer les dettes de la succession et acquit ainsi le droit de disposer de la bibliothèque. Se conformant aux intentions de son ami , il la fit transporter au couvent de Saint- Marc , à la construction duquel on travaillait alors , et décida que les moines ne pourraient refuser à personne le prêt des volumes2. Dès 1444,

di vasi di porcellana, o d'altri ornatissimi vasi. Quello con che egli beveva era coppa di cristallo, o d'altra pietra fina. A vederlo in tavola, cosî antico corne era, era una gentilezza. Sempre voleva che le tovaglie che aveva innanzi fussino bianchissime, e tutti gli altri panni. Saranno alcuni che si maraviglieranno di tanti vasi quanti egli aveva; a che si risponde, che in questo tempo non erano le cose di questa natura in tanta riputazione, nè tanto istimate, quanto sono istate di poi; e avendo Nicolao notizia per tutto il mondo, chi gli voleva gratificare, gli mandava o statue di marmo, o vasi fatti dagli antichi, sculture, epitafi di marmo, pitture di mano di singulari maestri, e di moite cose di musaico in tavolette. Aveva uno bellissimo universale (une mappemonde), dove erano tutti i siti délia terra ; aveva Italia e Spagna tutte di pittura. Non era casa in Firenza che fusse più ornata che la sua, e dove fussino più gentili cose che erano in quella ; in modo che ognuno che vi andava, in ogni facultà n'aveva infinité degne cose. » (P. 480.)

On trouvera dans mon travail sur les Arts à la cour des papes (t. II, p. 168, 169) différents autres témoignages relatifs aux collections de Niccoli.

1. « Nec erubescit canus homo, œrei nummi, marmorisque, et codicum grœcorum testimonia afferre, cum nulla de vocabulo sit disceptatio. » (Leonardi Bruni Arretini Epistolarum libri VIII, t. I, p. 67, et Ambrosii Traversarii Latinœ Epistolœ, éd. Mehus, p. li.)

2. La corporation des marchands de Florence, « l'arte dei mercatanti, » tint à honneur de

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quatre cents manuscrits de Niccoli étaient mis à la disposition des lecteurs. Cosme garda pour lui ou distribua à ses amis deux cents autres volumes l.

Les collections d'antiquités de Niccoli semblent avoir eu un sort quelque peu différent ; elles contribuèrent, selon toute vraisemblance, à accroître le musée particulier des Médicis2.

Considérés comme amateurs, comme archéologues, Léonard Bruni, d'Arezzo (1369-1444), et Ambroise Traversari, le général des Camaldules (mort en 1439), gravitent entièrement autour de l'orbite de Niccolô Niccoli. S'ils ont eu l'idée de rechercher les antiques, c'est sur le conseil, les instances de ce dernier, auquel profitent d'ailleurs leurs acquisitions ; s'ils prêtent une attention particulière aux vestiges de l'architecture romaine, c'est pour les décrire à leur ami. Léonard, qui était connu pour ses habitudes parcimonieuses, ne faisait peut-être même qu'une avance de fonds, quand il achetait pour Niccoli quelque monnaie ou quelque pierre gravée. (11 nous parle dans ses lettres de négociations relatives à un jaspe représentant Narcisse.) Quant à Traversari, il ne négligeait jamais, quand il ne pouvait pas conquérir pour son ami les pièces originales, d'en prendre du moins une empreinte en plomb.

Léonard d'Arezzo n'eut pas à regretter de s'être familiarisé, sous cette habile direction, avec les chefs-d'œuvre de l'art. Lorsque les Florentins commandèrent, en 1425, la seconde porte du Baptistère, ce fut lui qu'ils chargèrent d'élaborer le programme de la composition. En 1439, ils lui donnèrent une marque d'estime non moins flatteuse : ils lui confièrent le choix des sujets qui devaient orner la châsse de saint Zanobi. Le savant eut le bon goût de ne pas tracer de règles absolues à l'artiste chargé de l'exécution des deux ouvrages, Ghiberti, et de ne pas paralyser

contribuer de son côté à l'installation de la bibliothèque de Niccoli. Une délibération de l'année 1438 en fait foi. (Bibl.nat. de Florence. Fonds Magliabecchi, Spogli Strozziani, B, fol. 196.)

1. Mehus, Introduction aux Lettres d'Ambroise le Camaldule, p. lxii et suiv.; — -Armani, Délia biblioteca Mediceo-Lauren^iana di Firen^e, Florence, 1872, p. 5.

2. Dans son testament, Niccoli se borne à dire qu'il autorise ses exécuteurs testamentaires à vendre, jusqu'à concurrence de 5oo florins, « massaritias et supellectilia ejusdem testatoris ». (Florence; Archivio notarile ; Protocolli di ser Agnolo di Piero di Tommaso da Terranuova ; 1436-1440, VIII, 128, fol. 147.)

BRUNI ET TRAVERSARI u3

son essor par un programme trop détaillé '. Ce ne furent pas là les seuls services rendus à Fart vivant. Nous savons par Vasari que Léonard fit venir à Florence un de ses compatriotes, le peintre Parri Spinello, d'Arezzo, et assura son établissement dans sa nouvelle patrie2.

Dans ses lettres, Léonard nous entretient à diverses reprises des édifices antiques qu'il a eu l'occasion d'examiner dans ses voyages. Il les décrit avec soin (liv. III, lettre ix, description de Rimini ; liv. IV, lettre iv, description de Constance, etc.), met en lumière leurs particularités et se sert du témoignage des inscriptions pour fixer les dates. Mais c'est là tout. On ne se doutait guère à ce moment que l'étude du style fournirait un jour des indications non moins précieuses que l'épigraphie pour déterminer la chronologie des monuments.

Traversari nous a laissé sur l'état des collections de l'Italie, notamment sur celles de Bologne, de Padoue, de Venise, les renseignements les plus précieux. C'était un homme de goût, qui ne se bornait pas à décrire les pièces les plus remarquables ; il en faisait également ressortir les mérites. A force d'acheter ou d'estamper pour Niccoli des monnaies ou des pierres gravées, il finit par acquérir des connaissances assez étendues en matière de numismatique ; ses lettres nous le prouvent. L'épigraphie l'intéressait également 3. Accordons aussi une mention honorable à ses descriptions de monuments d'architecture ; elles sont faites avec soin. Je citerai surtout ses notices sur Ravenne 4 ; elles nous initient bien à la beauté des basiliques de cette ville, encore tout empreintes de la grandeur antique. Chemin faisant, le Fra ne manquait pas de combattre les superstitions par trop ridicules, et de rétablir l'origine véritable de certains monuments. A Ravenne, il s'amusa beaucoup de l'ignorance des moines de Santa Maria in Portu, qui avaient pris un vase de porphyre antique pour l'une des urnes des noces de Cana, et s'empressa de faire part à Niccoli de cette méprise

1. On ne manquait guère, pendant le xve siècle, d'associer les savants aux artistes, surtout lorsqu'il s'agissait de quelque concours important. En 1436, on remarque deux théologiens dans le comité chargé d'examiner le projet de la lanterne du Dôme.

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