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ii4 LE. S PRÉCURSEURS DE LA RENAISSANCE
grotesque Ainsi, grâce aux efforts des humanistes, la lumière succédait peu à peu aux ténèbres du moyen âge.
Charles Marsuppini (mort en 1453), le successeur de Léonard d'Arezzo comme chancelier de la République florentine, se rapprocha davantage de l'exemple donné par leur ami commun Niccoli : il s'occupa de former un petit cabinet d' « anticaglie ». Cyriaque d'Ancône cite parmi elles un bronze représentant Mercure2. Marsuppini reçut en outre de Cyriaque la copie coloriée d'un Mercure que l'infatigable investigateur avait vu en Grèce : il en célébra la beauté dans des vers inspirés 3.
Marsuppini s'intéressait aussi à l'art contemporain ; il commanda à Fra Filippo Lippi, pour la chapelle de Saint-Bernard de Monte Oliveto, d'Arezzo, le Couronnement de la Vierge (singulier choix de la part d'un homme faisant profession d'athéisme), aujourd'hui conservé au Musée de Latran. A cette occasion, il signala au peintre son incorrection dans le dessin des mains. Filippo prit la critique en bonne part et, à compter de ce moment, cacha autant que possible les mains de ses personnages sous les draperies4.
Ce qui distingue les humanistes de la première moitié du xvc siècle de leurs successeurs, c'est leur universalité. Niccolô Niccoli, Ambroise le Camaldule, Léonard Bruni , Marsuppini , le Pogge, Giannozzo Manetti (mort en 1459), Flavio Biondo (mort en 1464), Cyriaque d'Ancône, JEneas Sylvius (mort en 1464), Fazio (mort en 1457), L. B. Alberti (mort en 1472), bref la majorité des écrivains de la première Renaissance se passionnent à la fois pour les écrits des anciens et pour les monuments figurés qu'ils nous ont laissés, pour la littérature et pour l'art. Dans la suite, par contre, les spécialistes dominent. François Philelphe ( 1 3g8- 148 1),
1. « Vas... porphyreticum pulchrum et tornatile inveni, quod putarent simpliciores fratres unam ex hydriis esse, in quibus aquam in vinum conversam Evangelista testatur. » (P. 421.)
2. « Et intérim, una cum Karolo Aretino, visa eximia bibliotheca sua (sic), numis imaginibusque antiquis, et insigni Pyrgatelis (sic) lupercalis sacerdotis simulachri cavata ex nicolo gemma et falerati œnea MECVRII (sic) agalmate, videre simul et Kosmi viri opulentissimi preciosa multa ejusdem generis suppellectilia. » (Scalamonti, Vita di Ciriaco Anconitano, dans les Antichità picene, de Colucci, t. XV, p. xcn.)
3. Voigt, Die Wiederbelebung des classischeh Alterthums, 2e éd., t. I, p. 28